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Bon à savoir

Mis en ligne le 10/12/2007

Et pourquoi pas «Une gravure sous le sapin» ?


Pourquoi parler encore de l’estampe comme d’un monde à part, sorte de vestibule de l’Art dont elle ne serait, au mieux qu’un dérivatif, au pire une copie ? Il est vrai que l’estampe a un défaut, constitutif en quelque sorte : l’image que nous voyons n’est pas le résultat de l’intervention directe de l’artiste sur le support (papier ou autre). L’estampe est un objet de substitution, elle résulte de la pression exercée par un autre objet – la matrice - sur la feuille support. Michel Melot, ancien directeur du département des estampes à la Bibliothèque Nationale, la classait, non sans humour, « dans la catégorie des objets fiduciaires, quelque part entre la lettre de change et les indulgences du pape ».
Paradoxalement, ce défaut fait aussi sa force : reproductible, la gravure circule, se distribue, s’échange. Elle devient instrument de démocratie : contrairement aux peintures, que l’on ne voit que dans les églises, les musées ou les châteaux, l’estampe se conserve chez soi, se voit tous les jours. C’est cette aptitude à la duplication qui entretient malheureusement dans le grand public une série de malentendus et d’ambiguïtés qui tiennent aux notions d’original, de reproduction, de multiple et qui entraînent équivoques, confusions et erreurs. Des organismes comme, entre autres, le Comptoir d’Estampes de Wégimont sont là pour rétablir la confiance en ne proposant que des œuvres originales.
En tout état de cause, pour beaucoup de graveurs actuels, le souci de reproduction n’est plus déterminant. Ce qui compte désormais est de mettre en valeur et d’exploiter les spécificités de cette technique, qui permet une écriture artistique à nulle autre comparable. Et c’est là que réside, en dernière analyse, la valeur essentielle de l’art de l’estampe aujourd’hui : la capacité d’explorer des zones formelles nouvelles, l’élargissement des champs de la création bref l’ouverture à une telle variété de propositions que, de simple technique, elle devient instrument propre à mobiliser toutes les énergies créatrices.

Parcourir un ensemble de gravures contemporaines est donc une vraie joie pour l’esprit. C’est à ce plaisir que nous vous convions les 14 et 15 décembre prochains dans la galerie du cinéma Churchill à Liège : une centaine d’estampes de petit format, facilement accessibles grâce à leurs prix modestes, y seront mises à disposition. Chacun pourra consulter, manipuler – moyennant quelques précautions ! – ausculter les œuvres. Sur place, des membres de l’équipe du Comptoir d’Estampes de Wégimont pourront expliciter les images, décrire les techniques. C’est à un véritable « Cabinet d’amateurs », tel qu’on les aimait au XIXe siècle, que nous vous convions en cette veille de Noël, propre à tous les cadeaux, à tous les plaisirs. - Jean-Pierre Rouge

«Une gravure sous le sapin»- Un choix de gravures contemporaines du Comptoir d’Estampes de Wégimont proposées comme cadeaux de fin d’année. A la galerie du cinéma Churchill - Les vendredi 14 et samedi 15 décembre 2007 de 12 à 18 heures.