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Reportage

Mis en ligne le 05/12/2007

58 ème chapitre de la «Confrèrèye dès Maîsses Houyeûs dè Payis d'Lîdje»


La «Confrèrèye dès Maîsses Houyeûs dè Payis d'Lîdje» (la photo de ses armoiries) organisait, le samedi 1er décembre dernier, son 58ème chapitre sur le site du Domaine touristique de Blegny-Mine.
Ce fut pour nous, deux grands honneurs d’y assister et même plus d’y participer. En effet, c’était la première fois qu’il nous était donné d’assister à cette journée particulière vouée toute entière à la mémoire des mineurs et de la mine et notamment au chapitre de la Confrèrèye dès Maîsses Houyeûs dè Payis d'Lîdje. Un deuxième honneur fut celui d’avoir été sollicité et choisi pour être, ce même jour, intronisé comme «Maîsse houyeu» d’honneur parmi une quinzaine d’autres personnes et personnalités Ce fut une journée riche en découvertes sociales, culturelles et tout simplement humaines. Une journée qu’on n’oublie pas de si tôt.

Quand le folklore se veut garant de la mémoire

C’est, vêtus d’une robe de bure brune de moine au-dessus du sarreau et du pantalon bleu des mineurs, un casque de cuir bouilli sur la tête, un foulard et la lampe à flamme à la main que les membres du grand conseil de la confrérie accueillent leurs invités.
Pourquoi cette tenue ? Parce qu’à l’origine, la plupart des charbonnages de la région liégeoise appartenaient à des abbayes et les moines participaient à l'exploitation. Les autres membres eux, vous accueillent en pantalon et sarreau bleu, foulard, casque et lampe.
Créée en 1980, à la fermeture du dernier charbonnage liégeois d’Argenteau - Trembleur (aujourd'hui appelé Blegny-Mine), la confrérie s’est fixé comme objectif de perpétuer le souvenir des ouvriers mineurs dont le rude labeur a tant apporté à l'expansion de la Belgique en général et la région liégeoise en particulier.
Il faut savoir que La houille fut découverte dans la principauté de Liège en 1195. Et dès le 14ème siècle, les qualités de courage et d'obstination au travail des mineurs, " les tièsses di hoye " comme on les dénommait, suscitaient le respect au sein de la communauté des 32 corporations de la « bonne ville de Liège ». Les propriétaires des exploitations de charbon portaient le titre de " Mêsses houyeûs ". C'est pourquoi cette appellation fut choisie lors de la création de la confrérie.

C’est ainsi que chaque année, la confrérie tient son chapitre annuelle samedi précédant la Sainte Barbe (la patronne des mineurs, mais aussi des métallurgistes, des pompiers, des géologues, des architectes etc…) et participe également, en cours d'année, à des chapitres exceptionnels intra et extra muros, où des personnes ayant contribué de façon directe ou indirecte à la réalisation de son objectif social sont mises en évidence.
Il est également bon de souligner que la « Confrèrèye dès Maîsses Houyeûs dè Payis d'Lîdje » qui depuis 27 ans conserve et maintient les traditions et les souvenirs de la vie des mineurs, tant sur le plan culturel que folklorique, s’investit en rassemblant et en mettant en valeur des outils, équipements et objets d'art ainsi que tous documents historiques, iconographiques et archéologiques concernant la vie et le travail de cette corporation. Elle soutient également l'action du Domaine Touristique de Blegny-Mine en enrichissant les collections de son musée. C’est d’ailleurs à Blegny-Mine que se situe son siège social et c’est là que samedi dernier, s’est déroulé son 58 ème chapitre.

Une fameuse journée bien remplie

Il faut être terriblement résistant pour tenir toute la journée d’un chapitre de la « Confrèrèye dès Maîsses Houyeûs dè Payis d'Lîdje ».
En effet, cette journée commence dès 9h30 par la distribution des vêtements du mineur, puis, vous assistez ou pas (selon vos options philosophiques) à la messe de la Sainte-Barbe, donnée dans la salle pédagogique de Blegny - Mine transformée en chapelle pour la circonstance. Même si l’on est mécréant comme moi, cela valait la peine, rien que pour entendre la magnifique chorale qui y participait et l’hommage rendu à Philippe Luthers, notre ami de la RTBF trot tôt disparu.

Ensuite, vers 11 h, c’est la descente dans la mine. Trois groupes (les photos des 3 groupes ci- contre et ci-dessous) de nouvelles candidates et nouveaux candidats à l’intronisation sont formés et confiés à la responsabilité d’un ancien mineur de Blegny. Première visite à – 30 mètres où l’on accède grâce à une cabine d’ascenseur comme à l’époque de la mine.
Michel, notre guide mineur, d’une manière extraordinairement fleurie tout étant d’une pédagogie hors paire, nous fait vivre la vie des mineurs dans une ancienne galerie. C’est vrai qu’on ne s’imagine pas vraiment, ni dans quelles conditions, sans y avoir été ne fut-ce qu’une seule fois, comment ces hommes, ces femmes et même ces enfants vivaient pour arracher à la terre cet or noir qui a tant fait la richesse de quelques uns, mais a aussi apporté la prospérité à toute une région, un pays…
C’est ensuite, à pied, la descente à – 60 mètres. C’est alors que groupe après groupe, chacun des impétrants doit accomplir le rituel avant de recevoir la médaille de « Hèrtcheuse » ou «Maîsse houyeu» d’honneur.

Sous la voûte schisteuse, noire, suintante, dans la bonne humeur, chacun appelé par son nom par le « Grand Maîsse » Jacques Crul, doit déguster le repas du mineur. Il s’agit en fait d’avaler (mais finalement ce n’est pas vraiment trop difficile ni très mauvais), une tartine de saindoux et de Sirop dè Houyeû, une gorgée de café salé (on mettait un peu de sel dans le café pour éviter la déshydratation dans le fond où les températures étaient souvent assez élevées), une chique de rolle (tabac à chiquer) et pour corriger le tout, un verre de "Pèkèt dè Houyeû".
En principe, la chique de rolle (qui remplaçait la cigarette, car pour cause de grisou il était évidemment interdit de fumer dans la mine) devait, après avoir été mâchouillée comme un chewing-gum, être crachée. Mais la plupart des impétrants, ne sachant où cracher, ont préféré l’avaler avec le reste. Mais comme tout cela était arrosé d’un bon pèkèt, cela pouvait passer. Mais la journée n’en était pas finie pour autant.
En effet, les impétrants étaient ensuite invités, dans la grande salle de réception du Domaine Touristique de Blegny-Mine, où avait lieu apéritif et repas du chapitre.

Avant d’attaquer un extraordinaire menu (5 couverts) assez prestigieux, c’est au son de la musique de « Les Corons » de Pierre Bachelet que les membres de la confrérie, en grand apparat, sont entrés dans la salle où avaient pris place, quelques 250 à 260 personnes. Parmi ces personnes, de nombreux représentants de confréries folkloriques ou gastronomiques du Pays de liège, mais également d’autres provinces et même des néerlandophones, mais également beaucoup d’anciens mineurs ou membres de leur famille.
Ensuite, sur l’estrade, Jacques Crul, le grand maîsse a appelé chaque nouvel intronisé lui remettant son diplôme et lui faisant signer le «livre d’or». Toute cette après-midi gastronomique s’est déroulée d’une manière vraiment très conviviale au son d’un Easy Music particulièrement en forme (peut-être un peu trop de décibels) et s’est terminée entre 18 h et 19 h. Quand on vous disait qu’il fallait être castard pour résister.

Les nouveaux intronisés au titre de « Hèrtcheuse » ou de « Maîsse houyeu » d’honneur :

M. Frédéric Daerden, député–bourgmestre de la Commune de Herstal.(La photo: il termine l'intronisation avec un pèkèt)
M. Christophe Lacroix, député provincial chargé du Budget, des Finances, du Personnel non enseignant, de l’Optimisation et de la Simplification administratives, des Affaires Générales et des Sports. (La photo ci-desous: il vient d'avaler la choque de roll et s'apprête à boire sa lampée de café salé).
Dr. Fernand Goffioul, neuropsychiatre, Consul Honoraire d’Espagne.
M. Serge Ernst,conseiller provincial, vice-Président du Domaine Touristique de Blegny-Mine.
M. Maurice Massart, échevin chargé de la cohésion sociale et de la participation citoyenne et Président du CPAS de la Commune de Blegny.

Mme. Angela Quaranta, échevine de l’Etat civil de la Commune de Grâce-Hollogne
M. Fabian Magri, journaliste à la RTBF.
M. Gaston Lecocq, journaliste - rédacteur en chef de «Proxi-Liège».
M. Rafael Cantillana, ingénieur civil, directeur de la Production à la CILE.
Mme. Yannick Spirlet, responsable accueil à Blegny-Mine.
M. André Vandezande, technico-commercial retraité.
M. Juan Mira, ancien mineur au charbonnage d’Argenteau-Trembleur.
M. Dany Dhulst, ancien mineur, guide à Blegny-Mine.
Mme. Mélanie Muller, «Pépin qui Gostèye» à la Confrérie de la Fricassêye as Pomes de Warsage.
M. Emmanuel Davister, Grand-Maître de la Confrérie des Fonds de Caveaux de Saive.
M. Jacques Collinet, Grand Argentier de la Confrérie des Vignerons du Petit Bourgogne de Sclessin.
M. Guiseppe Amodei, Membre de la Confrérie de la Fraise de Vottem.
M. Eric Mira, Peûre Porte-Bodet à la Confrérèye dès Peûres di Sint-R’Mèy





Gaston LECOCQ