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En Ville

Mis en ligne le 26/11/2007

L’échevin Jean-Pierre Hupkens, vient d'être nommé nouveau président du conseil d’administration de l’Orchestre Philharmonique de Liège

L’ information sur laquelle nous titrons n’a fait l’objet d’aucun communiqué de presse.
En lisant le « blog » du directeur général de l’Orchestre Philharmonique de Liège, afin de voir comment, selon lui, débutait la tournée en Suisse de notre grande formation musicale, nous avons découvert les lignes suivantes, datées du 22 Novembre :
« Hier soir (…) réunion du conseil d'administration de l'Orchestre pour voter le budget 2008. Pour le directeur général adjoint comme pour moi, c'est toujours une sorte d'examen de passage, les administrateurs, toutes tendances politiques confondues, se montrant très attentifs à comprendre le pourquoi et le comment de ce budget, l'évolution des rémunérations, des dépenses. In fine rassurant, pour nous qui sommes à la manoeuvre, d'être confortés par la confiance unanime du Conseil et la détermination du nouveau président. »
Ce sont ces derniers mots qui ont retenu notre attention.
Le « nouveau président » non identifié était-il bien celui attendu ?
Pour le savoir, je n’ai pas téléphoné en Helvétie mais à l’ancien président qui m’a répondu qu’il avait été quinze jours absent de Liège et qu’il n’était pas au courant de ce qui avait eu lieu ce 21 Novembre. Il me précisa qu’il était prévu que son successeur à l’Orchestre soit l’Echevin de la Culture mais, ajouta-t-il, lors de la désignation des représentants de la Ville au Conseil d’administration, les instances municipales avaient pensé qu’il n’était pas nécessaire de désigner l’Echevin parmi ces délégués car elles croyaient qu’il était membre de droit du cette instance de l’O.P.L.. En réalité, il n’en était rien. Et, conclut-il, au cas où il n’aurait pas été remédié à cette situation, ce serait le vice-président Robert Wangermée, ancien administrateur général de la R.T.B.F., qui aurait dû assumer la présidence.
Certes, mais alors Jean-Pierre Rousseau n’aurait vraisemblablement pas écrit « nouveau président » à propos d’une incontestable personnalité du monde musical mais qui, né le 21 Septembre 1920 à Lodelinsart, suscite l’estime mais n’incarne plus le renouveau…
Connaissant la volonté de la Ville, j’ai dès lors téléphoné à l’actuel Echevin de la Culture qui m’a confirmé que les désignations avaient été régularisées et qu’il avait bien présidé, pour la première fois ce 21 Novembre 2007, le Conseil d’Administration de l’O.P.L..
Je l’ai remercié de cette information, sans insister sur les pérégrinations gastronomiques ultérieures de ce Conseil que révèle, sans langue de bois, Jean-Pierre Rousseau( et cela afin de provoquer votre curiosité pour que vous alliez vous-mêmes consulter un « blog » (en cliquant sur http://rousseaumusique.blog.com ) qui ne manque pas d’intérêt (comme quelques autres de personnalités bien liégeoises tels ceux du Recteur de notre Université Bernard Rentier (http://recteur.blogs.ulg.ac.be )ou de notre ami Pierre André (http://liege28.skynetblogs.be) , etc…).
Jean-Pierre Hupkens prend donc, à l’O.P.L., comme au Collège, le relais d’Hector Magotte.

Hector Magotte : une présidence fructueuse.

Ce dernier aura assumé ce mandat présidentiel à l’Orchestre pendant dix-huit ans.
Lorsqu’il a quitté les « Assurances liégeoises » pour devenir Echevin, le Président du Comité d’Arrondissement du Parti social-chrétien (qui avait alors comme interlocuteurs des personnalités du format des regrettés André Cools et Jean Gol) était catalogué, avec les figures de proue du CEPIC (Centre Politique des Indépendants et des Cadres Chrétiens) Jean-Pierre Grafé, Paul Vanden Boeynants ou le baron Benoît de Bonvoisin, comme un des principaux responsables de la droite catholique pure et dure.

Depuis on vit passer beaucoup d’eau sous les ponts de la Meuse, le mur de Berlin est tombé, la globalisation encourage les dérives ultra-libérales et Hector Magotte se situerait plus volontiers au centre gauche, même en ayant encore la nostalgie des chants grégoriens et de la liturgie latine.
Peut-on dire qu’il présida, pendant la durée de ses trois mandats scabinaux, le Conseil d’administration de l’O.P.L. en bon « pater familias ». ?
Assurément encore que, face à un chef permanent (qui cumulait directions générale et musicale) et qui était plus ancien que lui dans la Maison (Pierre Bartholomée s’y trouvait en effet entré douze ans auparavant et y régna vingt deux ans au total ce qui s’avéra excessif), son rôle n’était pas simple, en dépit d’une naturelle bonhomie.
Il fallut tout d’abord gérer une décourageante pénurie de moyens budgétaires et il n’est pas gai de devoir être demandeur à Bruxelles, là où la crise des finances liégeoises est généralement considérée avec beaucoup de condescendance. Soyez solidaires… de Bruxelles votre « vitrine européenne » et quant au reste arrêtez de récriminer…
Il fallut aussi mener à bien la rénovation complète de la Salle philharmonique (menacée de fermeture par les services de sécurité) ainsi que de ses dépendances orchestrales techniques et administratives, en obtenant finalement que le grand orgue symphonique soit, lui également, remis en bon état de marche.
Pendant ce temps là, l’Orchestre dut se produire dans des conditions difficiles à la Basilique Saint-Martin. Et c’est alors aussi qu’éclata un conflit d’autorité tournant à une guerre interne entre Pierre Bartholomée et, notamment, Paul-Emile Mottard qui avait rejoint les cadres de l’OPL dès 1984 comme responsable des relations publiques et de la communication et qui était devenu directeur des affaires générales et du développement (tout en étant élu sans interruption depuis 1978 mandataire provincial, ayant ensuite accédé à la présidence du groupe socialiste).
Les musiciens ne prirent pas le parti de leur chef et Pierre Bartholomée claqua les portes, ce qui amena Hector Magotte, en ayant notamment recours aux compétences de son administrateur-délégué Robert Wangermée , à devoir chercher et trouver une solution de rechange valable.
Les fonctions de Directeur général et de Directeur musical furent dissociées et (tandis que Paul-Emile Mottard devenait en 2000 député permanent en charge de la culture, mandat qui lui a été renouvelé l’an dernier au sein de la députation provinciale), Jean-Pierre Rousseau, qui avait été notamment Directeur de France Musique de 1993 à 1999, fut choisi pour assurer un mandat qui, lui aussi, a depuis été prolongé. Et c’est sur propositions du Directeur Général que le Conseil d’Administration a engagé successivement comme Directeurs musicaux Louis Langrée (qui enthousiasma les mélomanes liégeois mais qui, pour des raisons privées et professionnelles, ne souhaita pas, à la fin de son premier mandat, en entamer un second, tout en restant heureusement un invité habituel de l’OPL) puis Pascal Rophé (dont les qualités et le grand professionnalisme ont montré qu’au-delà de son étiquette de « spécialiste de la musique contemporaine », il pouvait répondre aux attentes d’un public exigeant, resté majoritairement attaché à des compositions baroques ou romantiques, plus classiques).
L’hommage qui peut être rendu à Hector Magotte tient en peu de mots :
l’Orchestre Philharmonique de Liège est, chacun le reconnaît, encore meilleur aujourd’hui qu’il ne l’était en 1989.

Jean-Pierre Hupkens : un autre style

Jean-Pierre Hupkens, nouvel Echevin de la Culture, est étiqueté « banquier socialiste ».
Avant d’opter pour la gestion municipale, il était le « patron » de la grosse agence Dexia rue des Mineurs, près de la Place du Marché.
Comme toujours la réalité est plus complexe.

Ce Bressoutois fut un gamin de Droixhe, gravement malade à 12 ans puis marqué par les difficultés financières qui découlèrent d’un climat familial dégradé entre son père, peintre en bâtiment et sa mère, institutrice. Mais il s’en sort, fait des études de droit à l’Université, rencontre son épouse Alix et ils deviennent les parents de trois enfants. Pendant ses études , il s’occupe bénévolement de la « Boutique de Droit » créée à la FGTB par de jeunes juristes et, professionnellement, il s’engage ensuite au Service du droit social de l’organisation syndicale Puis il quitte cet emploi pour rejoindre comme permanent l’équipe de l’hebdomadaire révolutionnaire « Pour ». Aux premières élections du Parlement européen au suffrage universel en 1979, il participe à la liste E-NON dont les arguments étaient ceux des récents opposants français qui remportèrent le référendum sur le projet de traité constitutionnel.
Il a contribué, avec plaisir, à organiser (ce qui devrait être approuvé par des musiciens classiques) la « CONTR’EUROVISION » qui réunit trois mille personnes au Cirque royal à Bruxelles. Il continue l’expérience jusqu’au bout mais en 1981 quand « Pour » est contraint de déposer son bilan, il doit chercher un autre boulot. Comme il ne peut pas expliquer que jeune juriste, il a abandonné la F.G.T.B. et le travail juridique pour contribuer à tenter de « faire la révolution », il accepte de devenir guichetier au « Crédit communal » qui devient « Dexia ». Ses qualités de juriste et d’organisateur, le conduisent à progresser hiérarchiquement mais il décide de devenir indépendant « franchisé ».
Parallèlement il milite : son agence est la première du secteur Liège-Namur-Luxembourg où une délégation syndicale est installée, il s’occupe de coopération au développement au Maroc, est un des fondateurs des « Territoires de la Mémoire » qui veulent montrer l’actualité de la résistance aux idéologies d’extrême-droite, il est administrateur au CREHAM qui valorise les artistes handicapés mentaux, il prend des responsabilités internes au P.S. en présidant l’Union socialiste communale et est devenu un des plus proches du Bourgmestre Demeyer. Il roule plus volontiers à vélo qu’en voiture, aime la marche, le cinéma ainsi que des lectures très diverses et, last but not least, il apprécie beaucoup la musique, non sans avouer une certaine préférence pour l’opéra.
A 53 ans (il les aura le 22 Décembre), Jean-Pierre Hupkens débute une nouvelle vie :
Nous lisons que son fils Simon, dirigeant du M.A.S. (Mouvement pour une Alternative Socialiste), débattra avec notamment le Ministre Marcourt le soir de la Saint-Nicolas (6/12, 20 h.) en bas de chez Bouldou (Plaza Catedral – 15 rue Tête de Bœuf à 4000 Liège) d’un sujet très actuel… lors des meilleurs jours de l’hebdomadaire « Pour » :: « A quoi ça sert d’être de gauche si c’est pas pour faire la révolution ? » La vie n’est-elle pas un éternel recommencement ?
Nous avons pensé que le profil de l’Echevin de la Culture, assurément très différent de celui de son prédécesseur, intéressera celles et ceux qui aiment notre Orchestre Philharmonique. Il s’agit d’ un homme qui ne devrait pas manquer d’écouter beaucoup puis d’intervenir avec pondération et fermeté pour assurer à l’OPL. non seulement la poursuite de sa progression qualitative mais aussi des ouvertures sur de nouveaux horizons qui comportent sans doute davantage de synergies entre les trois principales composantes de la juste notoriété musicale liégeoise : son Orchestre et son Opéra bien sûr mais aussi son Conservatoire auquel les deux premiers ne peuvent être indifférents.





Jean-Marie ROBERTI