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Cinéma

Mis en ligne le 21/11/2007

«PAUL MEYER et la Mémoire aux Alouettes»

Ce film est , produit par Nord Films / RTBF / RTC Télé Liège / WIP / La Communauté française Wallonie Bruxelles / Hoverlord / Studio 5/5 / avec l’aide du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique, des télédistributeurs wallons, de la Loterie nationale et de la Région Wallonne, et avec le soutien de la Province de Liège et de son Service Culture (CLAP).
La « première » de « PAUL MEYER et la Mémoire aux Alouettes », réalisé par Jean-Claude Riga, aura lieu au cinéma Le Parc à Liège, le dimanche 25/11/07 à 20h15. Il sera ensuite diffusé sur « Arte Belgique – Quai des Belges », le mercredi 28/11/07 à 22h30 et sur RTBF La Deux, le dimanche 2/12/07 à 22h45 .

A propos de Paul Meyer

Paul Meyer (1920 –2007), est aujourd'hui considéré comme le père du cinéma wallon. Son film « Déjà s'envole la fleur maigre » (1959), une fiction tournée avec des familles de mineurs immigrés du Borinage (Belgique), a bouleversé plusieurs générations de cinéastes.
Les films de Meyer ont eu beaucoup affaire avec la censure. Meyer se définit lui-même comme « un type qui dit ce qu'il pense, plus qu'un cinéaste... », et pourtant…
En 1956, c'est « Klinkaart », où apparaissent les choix esthétiques de Meyer : l'espace filmique y est céleste, majestueux dans l'ouverture de la fiction au traitement documentaire des lieux, des hommes et des gestes de travail. Le film qui dénonce le droit de cuissage exercé par le patron d'une briqueterie sur ses jeunes ouvrières est censuré par la télévision flamande (N.I.R) au festival d'Anvers.
Trois ans plus tard c'est « Déjà s'envole la fleur maigre »; film-météore qui préfigure la nouvelle vague. Le film qui met en scène la vie quotidienne des familles immigrées du borinage est retiré de l'affiche à Bruxelles, malgré son succès et son soutien par les cinéastes néoréalistes italiens (Rossellini, De Sicca…). Meyer est ensuite condamné à rembourser les deniers alloués par le Ministère Belge pour la production du film.

En 1961, Meyer entre à la RTBF et tourne plusieurs séries de reportages, notamment « Le Pain quotidien », celui des travailleurs immigrés des mines, de la sidérurgie. Une odeur de soufre continue de suivre le travail de Meyer, qui trouve enfin son public, à la télé, dans une Wallonie en régression économique.
En 1994, « Déjà s'envole la fleur maigre », est redécouvert en France où il fait l'unanimité de la critique. Meyer entame alors, à l'âge de 80 ans, la réalisation d'un second long métrage, « La Mémoire aux Alouettes », réflexion sur la « fragilité de la mémoire et sur l'usage de la fragilité de la mémoire comme instrument du pouvoir… » (Paul Meyer).

Les avatars de la production ne permettront pas à « La Mémoire aux Alouettes » de voir le jour.
En septembre 2007, Paul Meyer meurt, le tournage reste inachevé après cinq années de vaines recherches de fonds pour finaliser son projet ...
« Si tous les pauvres avaient leur mémoire et si cette mémoire était transmise de père en fils, il n’y aurait plus de pauvre » nous dit Guiseppe Di Biase, un des personnages ouvriers du film inachevé…

PAUL MEYER et "la Mémoire aux Alouettes" Un film de Jean-Claude Riga (1)

La perte de la mémoire sociale équivaut, pour les générations successives, à de nouvelles descentes aux enfers. Mais dans les films de Paul Meyer, c’est un peu comme si cette mémoire et sa matière disparaissaient de manière poétique, dans une sorte d’ascension comparable à celle de l’âme. Depuis « Déjà s’envole la fleur maigre » jusqu’à « la Mémoire aux Alouettes » en passant par « Klinkaart » et « Le pain quotidien », mon documentaire est une balade avec Paul Meyer en liberté très surveillée par la censure sociale de la mémoire. »
Jean-Claude Riga – 2007

(1) Filmographie de Jean-Claude Riga : L'œil et la cage, Eric et l'oiseau Bleu, Six-deux salle dix, Ronde de Nuit, Bleu Marine, Voyage en pays secret, Un meurtre à Aubange, Anak Kelana, Simenon et les Gens d'en face,…

« …Trois noms essentiels forment la première vague du grand essor de la vidéo, trois noms qui sonnent un peu aujourd’hui comme ceux des trois pères de la vidéo belge : Jacques Louis Nyst, les frères Dardenne et Jean-Claude Riga » (Une encyclopédie des Cinémas de Belgique – Musée d'Art Moderne de la ville de Paris)


Légende de la photo : Paul Meyer avec les sidérurgistes (RTBF)