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Bouquins

Mis en ligne le 18/11/2007

Lu pour vous : Jean Barthélemy : parcours d’un architecte liégeois au travers de la Wallonie

«Architecte» c’est une insulte en Bruxellois, ceux des Marolles ne supportant pas la domination architecturale du Palais de Justice de Bruxelles. Ecouter les architectes se raconter des histoires d’architectes, il y a toujours un mot clé. « Le chancre ». A l’image des chirurgiens, ils adorent opérer

Mercredi dernier, place du XX août, un périmètre où certaines maisons possèdent des façades méritant un ravalement, la librairie PAX, recouverte de chaises, se fendait d’un débat pas vraiment littéraire mais à la limite de la philosophie. Présentant une plaquette agréable à découvrir et replacant nos architectes au cœur du présent et du futur des citoyens.(1)
Présentation de la plaquette certes mais également débat animé par Madeleine Mairlot. Le ministre Jean Claude Marcourt ayant en charge le Patrimoine s’est fendu d’une intro élogieuse vis de notre architecte émérite, dont le talent s’est penché sur l’Italie, plus précisément sur la Tour de Pise. Redresser la tour de Pise de manière à en assurer la stabilité on s’y était attelé depuis 1360. Jean Barthélemy a œuvré de 1999 à 2001. Un architecte de notre siècle au secours de la Renaissance...
Hervé Hasquin professeur à l’ULB définit Jean Barthélemy en ces termes : « la peinture et le métier d’ingénieur, l’esthétique et l’efficacité pour arriver à un art de bâtir citoyen ».
La formule correspond au personnage. L’humaniste perce, l’humoriste aussi lorsqu’il évoque ses rencontres politiques. Homme de sérail lui-même ayant travaillé dans un cabinet traitant du patrimoine. Ce liégeois diplômé ingénieur civil architecte a l’oecuménisme de la formation.
Université de Liège, UCL, séminaire international de Salzbourg quel cursus.
Le débat tenait parfois de l’histoire au coin de l’âtre, mais des choses chaudes et essentielles se sont dites.
« Voir le génie du lieu, vivre le quartier, revoir les règlements trop généraux, s’entourer de partenaires soucieux de qualité, persuader, conquérir même… »
Une phrase de Le Corbusier tombe comme un pavé dans la marre. « Ils s’habitueront ».
Faut-il s’habituer à l’architecture, ou plutôt l’apprivoiser, la découvrir, s’y sentir non pas dompté mais acteur des lieux ? Este ce aisé d’appréhender l’architecture dans de mauvaises conditions de vie ? Certainement pas. La beauté de la pierre, les vues de l’esprit qui deviennent façades, les habitations qui ont un style ou n’en ont aucun car il faut pouvoir s’entacer…

Comment concilier mode, art de vivre, promoteurs, insécurité sociale ?

Je ne connaissais pas Monsieur Barthélemy, j’aurais du le rencontrer dans une de ses réalisations importantes, les bâtiments du MET à la garde de Namur. Ayant eu le privilège de me retrouver fonctionnaire dans ces nouveaux bâtiments…
« Le CAMET », « le bateau ». sont les surnoms de cet édifice. Beau ? Sans doute ? Bien pensé en fonction du casse tête de mettre des milliers de fonctionnaires sur un petit espace ? Certainement. Vivable l’horreur. L’impression d’être le petit Poucet perdu au départ. L’impression d’un navire fantôme, d’un navire prison avec ses petits bureaux hublots, les portes ouvertes ne permettant pas de passer à deux de front sans être accusé de harcèlement sexuel…
La faute de l’architecte ? Pas vraiment mais existera toujours cette difficile osmose entre le bâti et l’humain.
Soulignons d’autres réalisations de Jean Barthélemy, principalement à Mons, ville où sont empreinte est évidente. L’auberge de jeunesse du Beffroi, le carré de Cuesmes, des logements sociaux, les cours de Justice de Mons, nettement plus humain que le palais de Justice de Bruxelles, mais Jean Barthélemy lui-même soulignera que la justice a besoin de symbolique… Voilà, la petite plaquette coûte dix euros, elle en vaut la peine, bonne lecture…


(1)Jean Barthélemy, parcours d’un architecte par Alexandre Hauquier. Préface de Hervé Hasquin





Jean - Pierre Keimeul