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Expositions

Mis en ligne le 13/11/2007

«Lignes intérieures»


« Quand je voyage, écrivait Montaigne, je sais ce que je fuis, pas ce que je cherche. »

Lorsqu’il quitte la Belgique, pour une vie d’errance et de dépouillement pendant cinq ans,
là-bas, quelque part en Ecosse, il est probable que de semblables pensées doivent traverser l’esprit de Philippe Lavandy. Partir pour se (re)-construire. Partir pour se (re)-trouver. Partir pour (ré)-éprouver . Partir pour (re)-vivre.

Sans doute y a-t-il un peu de tout cela dans l’histoire de cet artiste que ces cinq années de « face à lui-même » dans une solitude souvent extrême allait transformer en un photographe. Une vocation qu’il ne se connaissait pas avant cette longue parenthèse et ce curieux paradoxe … Privé ou pour le moins très éloigné du monde des conversations, Philippe Lavandy allait en effet réagir à cette absence d’échanges verbaux en utilisant un autre langage, la création d’images et par milliers…
Depuis cette « expérience » de vie sauvage, itinérante et vagabonde au pays des bruyères et du tweed, cet homme, qui avait été critique de cinéma et journaliste (homme de plume certes mais déjà d’images !) est revenu chez lui près de Namur et ce sont ces photos qui sont parties s’exposer à Moscou, en France, en Grande-Bretagne ou à Liège.
Il y a deux ans, le critique d’art Emmanuel d’Autreppe, collaborateur de longue date des Brasseurs était venu nous montrer les images du nouveau projet de Philippe Lavandy. Il s’agissait cette fois de photographier, jour après jour, à la même heure, un lieu de passage,
de départ et d’arrivée, de rencontres et de ruptures, de larmes et de rires, un lieu d’émotions extrêmes et de quotidien terne, il s’agissait de photographier l’univers des trains… et d’une gare.
Près de deux saisons de travail pour des dizaines de photos réunies sous ce titre « Lignes intérieures » pour dire l’indicible : le vide d’un regard, l’envol de la main, la hâte d’un pas, le frôlement furtif de deux voyageurs, la charge d’une valise, fixé sur la pellicule et donnant ainsi à l’éphémère la patine du temps.
Visages fermés, silhouettes courbées, ombres sur fond d’éclairages glauques ou de lumières vertes puis ces quais déserts qui servent de décors à ces voyageurs tragiques aux allers sans retour, aux retours sans aller.

Dominique Mathieu - Octobre 2007
L'exposition est accessible du 21.11. au 22.12.2007, du mercredi au samedi de
15h à 18h et sur rendez-vous.

Les Brasseurs asbl - Rue des Brasseurs, 6 B Liège -T + 32(0)42214191 - Courriel : les.brasseurs@skynet.be - - Site Internet : www.brasseurs.be