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Culture

Mis en ligne le 08/11/2007

Opération «Poiriers»


« Peûre asteûre, peûre todi... » (en français : poire aujourd’hui, poire toujours) tel est le cri des joyeux, mais sérieux membres de la Confrérie des « Peûres di Sint-R 'Mèy », créée en 1986, et qui fait partie de l'Union des Confréries Folkloriques de la Province de Liège.
Dans ses statuts, la « Confrèrèye des Peûres di Sint-R 'Mèy », créée pour maintenir et développer la tradition séculaire de la poire de Saint-Remy, a, notamment, pour objet, «la mise sur pied de toute activité scientifique, touristique, culturelle ou sociale visant à la promotion des productions fruitières régionales en général, de la poire de Saint-Remy en particulier». Et depuis elle mène des actions de sensibilisation pour le sauvetage des poiriers dans le paysage rural du Pays de Herve et de la Basse-Meuse.
« Cûtès peûres, qui veut mes bonnes cûtès peûres », un cri que l’on entendait encore début des années 60 dans de nombreux quartiers populaires de Liège et alentours.
Ces succulents fruits, cuits généralement à l’étouffée dans les fours des boulangers, n’étaient autre que des poires de St Remy provenant des vergers et boccages et fermes de notre région qui regorgeaient de bien d’autres variétés de pommes et poires aujourd’hui disparues.
La poire de Saint-Remy, cueillie début octobre, se conservait, généralement pour être cuite et
accompagner divers plats, mais dans les années 60 – culture intensives obligent – le nombre de vergers traditionnels a diminué de l'ordre de 90%.

Venez et participez…

C'est dans le cadre de cette promotion que la Confrérie organisera le 17 novembre prochain une «Opération poirier » symbolique, dans la bonne humeur et le folklore bien de chez nous.

Cette opération consistera en une promenade à bord d'un tortillard de Blegny-Mine.
Les membres du Chapitre de la Confrérie (dont Paul Bolland, le Gouverneur honoraire n’est autre que li «Grand mêsse», accompagnés de l'Harmonie du Progrès de Wandre se rendront ainsi en divers endroits des communes de Blegny et de Dalhem, de 9h à 17h, dans un cortège convivial et haut en couleurs. Un arbre sera planté dans sept propriétés privées, selon un rituel empreint de bonne humeur et de saveur folklorique.(La photo : des membres de la confrérie lors des Fêtes de Wallonie à Liège).

Conseils pour combattre la rouille grillagée du poirier

Dans la même optique de perpétuation et de préservation de l’espèce, les membres de la Confrérie des «Peûres di Sint-R 'Mèy», prodiguent moult conseils bien judicieux. Et notamment à propos d’un ennemi implacable : « La rouille grillagée du Poirier »

« Depuis l'an 2000 (selon les régions), nous subissons une attaque de plus en plus importante de cette maladie.
Sa caractéristique est l'apparition de taches orangées, parsemées de petites pustules noirâtres,à la face supérieure des feuilles. Plus tard, en juillet, à la face inférieure de celles-ci, apparaissent des groupes de petites excroissances verruqueuses remplies de spores (graines) d'un jaune vif (appelées parfois « pis de vache »).Les Genévriers sont les seuls végétaux qui favorisent la multiplication de cette maladie. Il est donc indispensable de surveiller ceux-ci en enlevant les branches renflées et fusiformes où se développent des masses coniques et gélatineuses de couleur brunâtre. Chez le poirier, cette rouille provoque une affaiblissement de l'arbre, une croissance réduite, un calibre inférieur à la normale et une chute prématurée des fruits. »
Traitement en 6 mouvements
1) À la chute des feuilles, les ramasser et éliminer.
2) Pulvériser le tronc et les branches à la bouillie bordelaise.
3) Pulvériser le sol sous l'arbre.
4) Répéter au printemps, lors de l'apparition des yeux
5) Lorsque les premières feuilles sont formées, répéter l'opération
6) Surveiller les genévriers - N.B. La bouillie bordelaise se trouve dans le commerce. Bonne récolte.. Bon appétit...

Pour faire des «cûtès peûres».

Autrefois, pour cuire les poires de Saint Remy, on plaçait les fruits dans une caissette de forme spéciale, au fond à claire-voie et nommée crûle, qu'on déposait à l'entrée du four du boulanger et dans les familles, les poires étaient cuites à l'étouffée dans un récipient en terre cuite.
C’est souvent dans une boîte avec un couvercle en zinc que les marchandes qui portaient les poires sur la tête, déambulaient très tôt dans la ville et les villages. Le Liégeois a toujours bien aimé les poires cuites, on se demande s’il aime tout autant l’orange bleue.

Aujourd’hui on a quelque peu amélioré la recette. Mais pour la réussir il vous faudra toujours une bonne St Remy. Pelez les poires (sans détacher la queue) et posez-les sur leur base dans une casserole. Pour un bon jus sirupeux pour 8 petites poires : 3 dl de vin rouge - une cuillère à soupe bombée de sirop de Liège - cannelle - 100 gr de sucre - le jus de citron - 1 clous de girofle et l'écorce d'une orange. Filtrez ce jus et versez sur les poires et laissez cuire à feu doux jusqu'à ce que les poires soient fondantes. On peut aussi y incorporer du pèkèt en portant à ébullition quelques instants. Il ne reste plus qu'à servir les poires nappées de leur sirop. Si vous voulez que ce soit encore plus "riche", ajoutez-y une boule de glace à la vanille, ou de la chantilly. Vous pouvez risquer les deux si vous n'avez pas peur du cholestérol. C'est, dans tous les cas: délicieux.
Que vous choisissiez la version ancienne et classique ou les versions plus sophistiquées, en dégustant votre «cûtès peûre» vous penserez à ces accortes liégeoises du temps passé et au verbe haut et dont c'était le gagne-pain.
Et comme le lancent les joyeux compagnons de la Confrérie des «Peûres di Sint-R 'Mèy» : «Peûre asteûre, peûre todi…»





Gaston LECOCQ