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Société

Mis en ligne le 23/10/2007

Mériterroires 2007 (5 ans déjà)


S’il y a un prix Nobel (c’est le moment) qu’on devrait inventer, c’est peut-être celui de la générosité, de la reconnaissance, du dévouement. Et je ne vous cache pas qu’illico, le premier prix reviendrait à ces bénévoles de l’ASBL Genius 2002 qui, avec l’aide la Province de Liège ont instauré ce concours «Mériterroires» qui permet de mettre en valeur, en lumière, les « méritants de l’ombre » en Province de Liège. On ne le dira jamais assez, autour de nous il existe bon nombre de citoyens anonymes qui se dépensent sans compter, mais aussi sans aucune reconnaissance (qu’ils ne demandent jamais d’ailleurs) dans des domaines aussi divers que le social, l’enfance, l’humanitaire, la santé ou encore le développement de leur région, le sport etc….
Mériterroires, nous vous en parlons régulièrement, chaque année, à pareille époque, - - mais aussi lorsque c’est le moment de partir en chasse à ces « méritant de l’ombre » (voir notre article du 26 juin dernier) - annoncent ceux qui ont été retenus par un jury trié sur le volet et qui nous ont été présentés à la Maison de la Presse ce lundi. (la photo ci-dessus, avec de gauche à droite : Benoît Granjean, Jean-Vincent Tiquet et Karl Maréchal)
Les 8 lauréats , qui ont été connus de «Génius 2002» et dont des dossiers (avec une trentaine d’autres) ont été envoyés par des tiers suite à la campagne entre juin et août derniers, seront invités, le 14 novembre prochain, à l’occasion d’une soirée de gala qui se tiendra dès 19 h 30, dans la salle des Variétés à Amay à recevoir leurs prix. Les projets altruistes dans lesquels ils s’investissent avec cœur et sans compter, seront récompensés par les trois »Premiers prix », «Le prix de la Province », trois « Mérites » et «Le Prix du public».
Ils recevront(les lauréats lors de la photo de famille à la Maison de la Presse) en outre chacun une «pensée universelle», le trophée des «Mériterroires» créé par Brigitte Danse, une artiste de Louveigné.
Lors de cette soirée, qui sera animée par l’Académie de Musique d’Amay », le public pourra aussi découvrir chaque lauréat au - travers de courts-métrages.
Rappelons que pour «Mériterroires», qui fête dignement ses 5 ans, l’objectif est que ces «méritants de l’ombre» bénéficient au maximum d’une reconnaissance médiatique et publique. Une reconnaissance qui, si elle leur donnera encore sûrement plus de tonus, leur permettra d’élargir leur horizon de connaissances et de parfaire un carnet d’adresse toujours bien nécessaire pour continuer à faire en sorte que le but auquel ils se sont attachés soit encore plus connu.
Et si vous voulez leur témoigner votre sympathie, ils le méritent bien, si vous voulez participer au « Prix du Public » il vous suffit de cliquer sur le site Internet des Mériterroires www.meriterroires.be

Gaston LECOCQ

Les 8 candidats méritants et leur action

«Un pont d'amitié entre la Belgique et le Burkina Faso» - Denise Blomme (Liège)


Il y a quelques années, Denise Blomme a parrainé un jeune prêtre burkinabé. Quelques temps après, celui-ci l'invite dans son pays. Du 15 décembre 2003 au 15 janvier 2004, elle réside dans une mission catholique à 110 km de la capitale Ouagadougou. Au gré des missions du prêtre, elle va découvrir des villages, rencontrer des habitants souriants, chaleureux et accueillants. Mais au-delà des apparences, elle va découvrir une misère immense et une grande souffrance.
De cette expérience va naître le besoin de tisser un pont d'amitié entre le Burkina et la Belgique. «Il faut les aider, les stimuler, leur donner le coup de pouce qui leur permettra de réaliser de petits projets pour améliorer leur situation. Pour cela, il faut de l'argent.» Denise organise des collectes dans les églises. Elle peut compter sur les dons des amis, de particuliers, l'un ou l'autre article dans la presse... Les besoins sont énormes, il faut donc se donner des priorités.
L'argent récolté va servir à acheter du matériel (scolaire, médical...) et va aussi permettre de payer des artisans locaux, des jeunes vont pouvoir aller à l'université. Les projets se multiplient mais les mentalités et la manière de les réaliser ne sont pas les mêmes au nord et au sud. Il y aura encore beaucoup de réunions, de palabres et d'efforts, mais la machine est en route. Le monde ne s'est pas fait en un jour.

«Une solidarité conviviale avec le Nicaragua au coeur de Liège» - Odette Goffard (Soumagne)

Très jeune, Odette Goffard s'est sentie intéressée par l'Amérique latine et révoltée face à l'extrême pauvreté qui y règne. Dès 1975, elle participe à l'accueil de réfugiés chiliens. En 1980, elle se rend au Nicaragua, libre depuis un an, et se rend compte des efforts de redéploiement et de développement. Les terres sont redistribuées, l'alphabétisation et les soins de santé reprennent. L'aide extérieure est de nouveau possible.
Le premier pas sera le jumelage entre le quartier de Pierreuse, situé au coeur de Liège, et la ville de Somoto. Un premier projet est mené à bien. De 1981 à 1985, des fêtes sont organisées et elle va en porter les bénéfices directement au Nicaragua.
Les liens sont de plus en plus forts et le besoin d'un lieu de rencontre se fait sentir. Et pourquoi pas sauver Pierreuse tout en aidant Le Nicaragua ? En 1986 c'est chose faite ! Le n° 23 de la rue Pierreuse devient la « Casa Nicaragua », un lieu de rencontre et de convivialité. Tous les jours, des tables d'hôtes sont organisées. Le bâtiment accueille d'autres associations. Le but premier est toujours bien présent mais la « Casa Nicaragua » est aussi un endroit chaleureux, vivant où l'on aime se retrouver et fraterniser, où il fait bon boire un verre ou prendre des repas où les plats varient au gré de la nationalité des cuisiniers.

«Aller à l'école... malgré un handicap moteur » - Célia Hernandez et ses parents (Liège)

Célia a 9 ans, elle vient d'entamer sa troisième année primaire. Comme beaucoup d'autres enfants ? Non, Célia est atteinte d'une infirmité motrice cérébrale. Comme la plupart des enfants de son âge, elle est capable d'apprendre à lire, écrire, compter, de comprendre et d'exprimer des demandes et surtout des sentiments. Malheureusement son corps ne suit pas. Ces gestes qui nous paraissent si simples sont pour elle impossibles. Il lui faut donc l'assistance d'une éducatrice spécialisée en permanence.
Tout est parti de ses parents qui se battent pour que Célia suive l'enseignement ordinaire. Et pour cela les efforts consentis et les difficultés sont nombreuses.
Le but de tous ces efforts ? Permettre à Célia de rester dans l'enseignement ordinaire car différence ne veut pas systématiquement dire enseignement spécialisé. En créant l'Asbl «Célia», il s'agit d'offrir à d'autres enfants avec un handicap moteur ce droit fondamental au choix de l'enseignement.

«Des familles d'accueil monoparentales pour jeunes délinquants » - Jean-Pierre Morsa (Saint-Nicolas)

C'est en 1974, alors qu'il avait 21 ans, que Jean-Pierre Morsa s'est senti interpellé par les problèmes rencontrés par les jeunes en difficultés. Il a travaillé dans différents homes et internats pour enfants et adolescents en difficultés, et cela jusqu'en 1992 dans un internat à Liège. C'est là qu'il a l'occasion de travailler avec Jeannine Jeral qui y était assistante sociale. En croisant leurs expériences personnelles, ils se rendent compte qu'il faut continuer mais autrement. Pour un meilleur épanouissement des jeunes, il faut travailler avec des groupes plus restreints.
L'Asbl « GRENVAL » naît en 1992. Son but était d'offrir sur Liège 15 lits pour adolescents, répartis dans 2 maisons. Deux ans de démarches pour voir le dossier refusé par la commission d'agrément: à l'époque on n'ouvrait plus de lit sur Liège et on favorisait le milieu ouvert. Ils suivent les conseils qui leur sont donnés et demande chacun l'agrément comme famille d'accueil-particulier. En 1995, l'agrément est obtenu : 6 jeunes peuvent être aidés. Les maisons sont situées en-dehors de la ville. Elles possèdent chacune un grand jardin, des aires de jeux et surtout de grandes chambres individuelles. Les accès aux écoles et aux clubs sportifs et autres sont aisés.
Les familles d'accueil ne sont pas encadrées par un service de placement. Après quelques mois de fonctionnement, Jean-Pierre Morsa trouvent nécessaire de tisser des liens entre toutes ces familles d'accueil et de les aider à la demande. Et le travail se poursuit pour rendre un espoir à ces jeunes déracinés.

«Un nouvel envol pour le village de Sur-les-Bois» - Bernard Pairoux (Saint-Georges-sur-Meuse)

Le développement des activités nocturnes de l'aéroport de Bierset eut comme conséquence l'exode important d'habitants et de commerçants du hameau de Sur-les-Bois. De 937 âmes en 2000, la population passe à 537 en 2003. Tous ces départs ont affecté fortement la vie économique et associative du lieu.
Depuis 2002, Bernard Pairoux a la volonté de donner une nouvelle dimension et de rendre une identité à son village. Ce dernier n'a pas de caractéristiques particulières, il faut donc lui en créer. Après de nombreuses rencontres, l'idée d'en faire un village artisanal en misant sur le terroir se fait jour. Pour donner du poids au projet, Bernard Pairoux crée en 2002 l'Asbl « SaintGeorges, village des plaisirs de la bouche». Ce projet recouvre 4 aspects: économique, associatif, didactique, et touristique.
L'économique : basé sur la production et la vente de produits de bouche. Des artisans sont invités à s'installer au village dans des bâtiments inoccupés (chèvrerie, bergerie, taverne...). Le festival des terroirs existe depuis 2003. L'associatif: en relançant la fête des associations et une participation depuis 2003 à la journée « Place aux enfants ». Sous l'impulsion de Bernard Pairoux, une Maison Apicole Didactique a aussi été créée. Elle accueille principalement des groupes scolaires. Des stages ludiques et didactiques sont organisés (connaissances des produits du terroir, énergie alternative, commerce équitable...). Le tourisme, enfin, en permettant a des groupes, au départ de Sur-Les-Bois, de passer une journée de découverte des activités et des produits du terroir.
Bernard Pairoux a consenti d'énormes efforts pour trouver des partenaires institutionnels et financiers mais surtout pour fédérer la population du village autour du projet, malgré le scepticisme et le découragement de certains...

«Une sage-femme exceptionnelle pour jeunes femmes en détresse» - Astrid Piette (Eupen)

Astrid Piette se démène pour apporter un suivi, un soutien et des solutions à des femmes enceintes dans une situation de détresse. Parfois abandonnées par leur famille, sans emploi, ces jeunes filles (souvent âgées de moins de 21 ans) sont souvent des proies faciles pour la drogue.
Afin de venir en aide à ces jeunes femmes qui désirent garder leur enfant, une aide financière est prévue en Communauté germanophone. Mme Piette s'occupe de cette aide mais va bien au-delà de ses missions purement professionnelles. Elle réalise, en outre, un encadrement social et psychologique.
La lauréate reste à l'écoute même après l'accouchement, organise des contacts entre les mamans, instaure un système d'échange de matériel, encourage les jeunes femmes à reprendre une formation, les soutient pour qu'elles puissent renouer avec leur famille, recherche de logements adaptés...
Vu sa personnalité, elle remplit bien souvent une fonction de maman pour ces femmes très jeunes et très seules. La discrétion est une des clefs de son succès. Cette initiative fait suite au vote d'un décret au Parlement de la Communauté germanophone de Belgique en 1990. Une stratégie d'intervention fut ensuite mise sur pied. Les demandes sont croissantes, souvent entamées par les médecins de la région.

«Les chevaux du bonheur, une thérapie par l'épanouissement» - Fabienne Pyr (Theux)

Ce centre a été créé par Fabienne Pyr en 2002. II propose des activités assistées par les chevaux à visée thérapeutique (hippothérapie) pour les enfants handicapés, les enfants gravement malades et les enfants ayant subis des sévices physiques. Tout le travail est effectué par des bénévoles et toutes les activités sont gratuites pour ces enfants.
C'est après un voyage en Angleterre et la visite d'un centre d'asinothérapie (technique d'accompagnement thérapeutique des enfants handicapés avec des ânes) en 2002 que Fabienne Pyr a l'idée de créer « Les chevaux du bonheur ».
Au départ hébergé dans les bâtiments de la faculté vétérinaire de l'Université de Liège, le centrera déménagé à Theux. Mais les liens avec cette faculté ainsi que la renommée du centre font que beaucoup d'étudiants (futurs médecins, vétérinaires, kinés, psychologues...) demandent à y effectuer leurs stages. C'est avec acharnement, volonté et professionnalisme que Fabienne Pyr dirige le centre. C'est avec enthousiasme que tout ce petit monde oeuvre au bien-être des enfants et des chevaux. Les sourires en sont le meilleur remerciement.

«Un nouvel espoir pour les enfants de Tchernobyl» - Josine Deru-Verpoorten (Herve)

La catastrophe de Tchernobyl en 1986 a eu de graves conséquences écologiques et socio économiques qui a ce jour ont toujours une forte influence sur la santé des personnes vivant dans les territoires irradiés. Bien que située en Ukraine, l'explosion de la centrale a surtout contaminé la Biélorussie voisine (environ 70 % des retombées radioactives). Deux millions de Biélorusses dont 500.000 enfants vivent dans les territoires contaminés.
Quand la chape de plomb a commencé à disparaître, l'ampleur des dégâts est apparue. Il fallait aider ces gens et permettre au plus grand nombre d'enfants de venir se revitaliser dans nos contrées. Pour ce faire, des chaînes de familles d'accueil se sont créées. C'est ainsi qu'en 1991 la famille Deru-Verpoorten devient famille d'accueil pour ces enfants. L'implication de madame Verpoorten va croissant: En 1996, l'Asbl «Accueil-santé enfants de Tchernobyl» est créée et elle en devient vice-présidente. Ce projet lui tient particulièrement à coeur. Entourée de nombreux bénévoles, elle est actuellement présidente de l'Asbl.
Les difficultés rencontrées sont nombreuses, il y a toute une série de documents obligatoires pour la venue des enfants, il faut aider les familles dans les démarches administratives. Il faut organiser le transport des enfants, plusieurs pays sont traversés. Il faut trouver des familles d'accueil, collecter des vêtements et du matériel scolaire pour ensuite les acheminer par convoi humanitaire.
Tous les efforts consentis ont pour but d'améliorer le quotidien et surtout santé de tous ces enfants contaminés.