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Expositions

Mis en ligne le 22/10/2007

«Traverses du temps. Archéologie et TGV»


Sur sa voie rapide, le TGV parcourt 75 mètres à la seconde. Sous cette voie à grande vitesse, il y a enfoui à quelques mètres, traces de vie remontant à 80.000 ans, un campement de Néandertaliens situé à Remicourt au lieu dit « En Bia Flo ». Plus surprenant encore, au même endroit, il y a, inscrit dans le sol, des éléments contenant quantité d’informations sur le climat et l’environnement des derniers 130.000 ans.
C’est prodigieux !
« Les Traverses du Temps, Archéologie et TGV » démontrent une collaboration intelligente entre la SNCB, soucieuse de franchir l’espace en moins de temps et les archéologues de la Région wallonne, soucieux de retrouver le temps sur le plus d’espace. Collaboration intelligente qui contribue au développement de « l’archéologie de prévention en Wallonie ».

Collaboration entre SNCB et archéologie de la Région wallonne

Actuellement – jusqu’au 18 novembre -, en l’église Saint-André, l’exposition « Les traverses du temps, Archéologie et TGV » montre les fruits de cette collaboration. Lors de l’inauguration en présence du ministre Jean-Claude Marcourt, ministre en charge du Patrimoine et de Luc Lallemand, administrateur délégué d’Infrabel, une des sociétés de la SNCB, la bonne collaboration a été mise en évidence.

« Au-delà de la simple prise en compte de l’archéologie dans ce vaste projet ferroviaire, le Groupe SNCB a participé financièrement aux interventions archéologiques et c’est là une position marquante. (. . .) Les archéologues ont été soucieux de travailler dans les délais et les limites d’emprises, l’aménageur a été attentif à mettre les terrains à la disposition des archéologues afin de leur accorder le temps nécessaire pour mener les fouilles. (. . .) d’abord des sondages systématiques sont exécutés sur toute la ligne pour identifier l’état de conservation du sous-sol, puis des fouilles extensives sont menées sur des sites sélectionnés. C’est là aussi que réside l’apport de l’archéologie de prévention et inévitablement son lien avec l’aménagement : intervenir préalablement et réduire tous risques de découvertes fortuites pouvant entraîner des retards de travaux » a expliqué dans son discours inaugural, la Directrice générale, Danielle Sarlet.
Celle-ci s’est aussi réjouie du partenariat établi avec la Communauté germanophone pour la portion de ligne à grande vitesse traversant son territoire et de la bonne entente avec les archéologues flamands travaillant la portion de sol flamand aux abords d’Hélécine.

Les archéologues fouillent et dépouillent

L’intervention des archéologues de la Région wallonne - sous la coordination de Heike Fock et d’Hélène Remy – a bénéficié de la collaboration de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Elle s’est déroulée de façon intermittente de 1995 à 2003 sur le tracé de la ligne à grande vitesse qui va d’Hélécine à la frontière allemande. Des 149 secteurs archéologiques évalués, 37 ont fait l’objet d’une exploration détaillée. Les archéologues n’ont pas travaillé en vase clos. Ils ont associé à leurs recherches, des spécialistes qui ont analysé qui, les composants botaniques, zoologiques, minéraux, qui, les études céramologiques, numismatiques, tracéologiques, qui les datations. Bref, un concert de spécialistes qui permettent de diviser l’exposition « Les Traverses du Temps » en six grands thèmes qui vont de « Climats et Paysages » à « Corps et Esprit » en passant par « Territoires », « Architectures », « Alimentation » ou encore « Matières premières ».
Ainsi, le visiteur découvre la manière de traiter la céramique néolithique en Hesbaye ou le bas fourneau de Krompelberg de l’époque gallo-romaine à Lontzen. Le visiteur voit également les traces d’une maison néolithique à Fexhe-le-Haut-Clocher ou admire un gobelet orné d’une scène de chasse datant du IIème siècle trouvé à Waremme, au site des Quatre Abias.

Présentée en primeur à Liège ; l’exposition « Traverses du Temps. Archéologie et TGV » fera escale à Eupen en janvier 2008 et à Hélécine, en mars prochain.

La photo de L.Baty (© MRW): Fibule provenant du site mérovingien de Crenwick, à Berloz .







Pierre ANDRÉ