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Cinéma

Mis en ligne le 11/10/2005

« Congorama », un long métrage du Québécois Philippe Falardeau avec Olivier Gourmet et Jean-Pierre Cassel, en tournage à Liège

Mardi, 16h, dans le fond du grand foyer du Palais des Congrès de Liège, un nombre assez important de personnes s’activent : réalisateur, cadreur, cameraman, maquilleuse, photographes de plateau etc…aussi une bonne vingtaine, si pas plus, de figurants parmi lesquels, notre mayeur(forcé par Olivier Gourmet), Willy Demeyer. Suivant les indications du réalisateur, ces personnes, un verre à la main, font semblant de discuter. L’atmosphère est joyeuse. Forcément, on est en train, de remettre un prix de littérature.
Dans un coin Olivier Gourmet, discute avec un mayeur qui porte son écharpe mayorale à l’envers et comme un gouverneur, c'est-à-dire en diagonale et une jeune dame. « Silence, on tourne ! » Après quelques minutes le réalisateur crie : « C’est bon, coupez ! ». On refait la scène trois fois, puis c’est la pause.


Dans un coin, attendant patiemment son tour, Jean-Pierre Cassel, lit un exemplaire des « Inédits du Cinéma ». Mardi après-midi, à Liège, l’on tournait au Palais des Congrès, une scène de « Congorama » un long métrage écrit par le Québécois Philippe Falardeau en collaboration avec Pierre-Paul Renders.


Flash back

15 h : dans la salle Simenon du même palais des Congrès, le bourgmestre Willy Demeyer accueille Joseph Rouschops, patron de Tarantula Belgique dont le siège est à Liège, des représentants de la société de production Micro_Scope, pour une conférence de presse présentant l’événement.
Il s’agit d’un événement de première importance puisque Liège et sa région, seront pendant près d’un mois, le théâtre du tournage du film «Congorama », une co-production canado franco-belge. Un peu plus tard, le « grand » Olivier Gourmet (grand parce que malgré son succès il a gardé la tête froide et le regard souriant et aussi parce que c’est un acteur de génie) rejoint la salle Simenon.

Liège « Pôle Cinéma »

Avant de donner la parole au représentant de la société Tarantula qui nous éclairera sur le film, le bourgmestre a tenu à énumérer pourquoi le tournage de ce film revêtait une telle importance pour Liège dont le cinéma en bord de Meuse est en pleine expansion.
Il a d’abord mis en exergue le terreau culturel liégeois au niveau des comédiens et comédiennes (Bouli Lanners, Marie Gillain, les frères Dardenne), des maisons de production telles que Les films du Fleuve, Versus production, Tarantula, les Films de la Passerelle…
Il salua la création du nouveau complexe cinématographique de l’ASBL « Les Chiroux », il cita aussi le Conservatoire d’Art dramatique de Liège : « qui fourmille de talents ».
Il donnera des chiffres qui veulent tout dire : sur 39 maisons de production wallonnes, 15 sont liégeoises ; sur 30 sociétés de service 10 sont liégeoises ; sur 6 outils financés par Wallimage, 2 sont liégeois à savoir : Fast Forward et Hoverlord, filiale d’EVS. Et avec la création de XDC, on s’oriente vers la construction d’un réseau européen de salles de cinéma équipées des meilleures avancées technologiques.
Comme le dira Willy Demeyer : « Toutes ces composantes objectives ont permis d’attirer à Liège, un vaste et important panel de metteurs en scène (Costa Gavras, Luc Besson et des acteurs célèbres comme Philippe Noiret, José Garcia, Annie Girardot, etc… De plus, Liège dispose d’opportunités remarquables en matière de personnel et de décors extérieurs et intérieurs à des prix très abordables. »


En parlant de la toute dernière initiative provinciale en matière cinématographique, le bourgmestre ajoutera : « En créant rapidement le Bureau d’accueil de tournage liégeois, une initiative provinciale dans laquelle la ville doit trouver sa place…Province et Ville vont pouvoir unir leurs efforts avec, d’une part, le « Bureau Liégeois du Film’ et, de l’autre, la Cellule d’accueil des investisseurs » de la ville. Pour Willy Demeyer qui annonce le lancement d’autres initiatives comme, par exemple : le soutien à la création de studios de tournage à Liège, la promotion du système de taxe-shelter (déduction fiscale de 150 % lors d’un investissement dans la production cinématographique), etc…
Il termina : «De nombreux investissements publics et privés vont prochainement nous aider à renforcer et à développer une véritable industrie audiovisuelle à Liège. La Cité des Médias (rappelons que j’ai été le seul à y croire et à l’encourager dans La Meuse du 19 octobre 1995, lorsque Wilhelm & Co a lancé le projet dans le quartier du Longdoz NDLR) devrait présenter le dernier maillon de cette chaîne. Elle nous permettra de bénéficier d’un studio de production audiovisuelle de pointe. »

Les retombées économiques aujourd’hui

Du 9 au 28 octobre, le tournage de «Congorama » se déroule à Liège et en chiffres de retombées économiques directes c’est : 30 techniciens de la région qui travaillent à temps plein pendant 2 mois pour une masse salariale d’environ 175.000 € ; ce sont 12 comédiens belges et 240 figurants choisis à Liège pour une masse salariale d’environ 140.000 €, c’est aussi 655 nuits d’hôtel pour un budget dépensé dans la région de 45.000 euros. Ce sera également des fournisseurs audiovisuels en matériel technique, d’éclairage, de caméra, de location, d’équipement, de costumes, achat de matériel pour la construction de décors etc… pour environ 190.000 euros. Au total 550.000 euros seront dépensés en région liégeoise pour le tournage du film ce qui représente 180% de l’investissement en tax shelter.

Et le film dans tout ça ?

Michel, fils d'écrivain paralysé, mari d'une Congolaise réfugiée et père d'un futur champion de tennis, est un inventeur belge erratique et incompris de son employeur. À l'âge de 41 ans, il apprend qu'il est adopté et qu'il est né clandestinement dans une grange... au Québec. Et l'histoire vient à peine de commencer.


Louis Legros, gemmologue québécois surdoué, est très attendu à Anvers où il doit prononcer une conférence. Mais lorsque le Ministre de l'Énergie le convoque pour lui demander son aide, Louis annule son voyage et retourne au village de son enfance sur la piste de son père, disparu deux ans plus tôt. Il veut retrouver les plans d'une voiture électrique révolutionnaire conçue par son père et convoitée par le gouvernement.
Sainte-Cécile est un village banal, de ceux que l’on traverse sans tourner la tête. À l'été de l'an 2000, Michel et Louis vont s'y croiser par accident… La collision changera leur vie, celle de leurs familles ainsi que le futur de toute l'industrie automobile. Bienvenue dans le Congorama.


Congorama est interprété par Olivier Gourmet (Michel Roy), Paul Amahrani (Louis Legros) Jean-Pierre Cassel (le père de Michel Roy), Claudia Tagbo, Arnaud Mouithys, Guy Pion, Gabriel Arcand, Jean-Luc Couchard, etc…
En région liégeoise, des séquences seront tournées dans les rues de Liège, au Palais des Congrès, mais aussi sur un plateau de RTC, le terrain de tennis de Villers-le-Temple, dans un bungalow à Mehagne, un restaurant et un appartement du quartier de la Chatqueue à Seraing, au MET à Angleur, à la clinique ophtalmologique de l’ULg au Sart Tilman, chez Green Propulsion au Val Benoît etc…
Comme le dira Olivier Gourmet : « J’ai appris mon métier à Liège, j’aime cette ville et c’est la raison pour laquelle j’essaye au maximum de faire en sorte qu’on tourne à Liège ». C’est d’ailleurs grâce à lui que Costa Gavras est venu tourner chez nous plusieurs séquences du film « Le couperet ».

Un fabuleux personnage

Olivier Gourmet est né à Mirwart, en Ardenne où son père est marchand de bestiaux et sa mère patronne d'un hôtel-restaurant. Ayant découvert qu’il avait quelques talents de comédien il entre au Conservatoire de Liège où il obtient le Premier prix au bout de deux ans. Il passe brièvement par le cours Florent à Paris puis par l'école des Amandiers de Chéreau (qui le dirigera plus tard dans « Ceux qui m'aiment prendront le train »). Dans le milieu des années 80, on le verra au théâtre dans des pièces allant de Labiche à Claudel.


En 1996, il sera saisissant de vérité dan sa première apparition au cinéma avec « La Promesse », de Jean-Pierre et Luc Dardenne, puis toujours avec eux, ce sera « Rosetta » et « Le Fils » qui lui vaudra le Prix d'interprétation au Festival de Cannes en 2002.
Mais, avant d'être consacré sur la Croisette, Olivier Gourmet avait déjà attiré l'attention des cinéastes français : « Nationale 7 , « Sur mes lèvres » en 2001, « Sauve-moi ». Dès 2003 il sera de plus en plus sollicité et tournera : « Le Mystère de la chambre jaune » et « Le Parfum de la dame en noir » de Podalydès, « Les Fautes d'orthographe » , « Le Couperet » en 2005 et « La Petite Chartreuse ».

Gaston Lecocq




Les photos de haut en bas:
- Olivier Gourmet pendant le tournage
- Jean-Pierre Cassel en attente
- Pendant la conférence de presse, de gauche à droite: Willy Demeyer, Joseph Rouschops et Olivier Gourmet
- les coulisses du tournage
- quelques figurants, le bourgmestre est à l'avant, de dos...
- Philippe Falardeau, le réalisateur
- Olivier Gourmet