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Politique

Mis en ligne le 11/10/2007

Gaza piégée et la Cisjordanie coupée en deux: NON disent les socialistes européens

Intervention en plénière à Bruxelles le 1O octobre de Véronique De Keyser MEP socialiste belge et coordonnateur à la Commission des Affaires Etrangères

En préparant cette résolution, nous nous sommes dit : pas de politique! De l’humanitaire seulement. Parce qu’aujourd’hui, il est insupportable que dans un immense ghetto à ciel ouvert, un peuple meure à petit feu, traqué par les cameras du monde entier – un peuple exsangue, sans droit de se développer, sans droit de circuler librement, d’éduquer ses enfants, mais un peuple dont on paie très cher la survie et qui surtout ne doit pas nous claquer dans les pattes comme ça, parce que ça ferait tache et que nos démocraties ne le supporteraient pas. L’Union européenne aura versé cette année plus de 300.000.000 d’euros pour éviter cette tache. C’est trop peu pour que les Palestiniens en vivent. Mais c’est dix fois, cent fois trop car si toutes les obligations internationales, la IV Convention de Genève et les droits de l’homme étaient respectés nous n’en serions pas là.
Honte aux ghettos. Honte sur nous, Européens, qui avons su ravitailler Berlin lorsque le peuple berlinois était assiégé, honte sur nous qui avons salué avec des larmes de joie la chute du Mur en Allemagne, mais qui sommes aujourd’hui prisonniers, complices d’autres murs, d’autres ghettos. STOP THE CLOSURE

Mais aujourd’hui, l’humanitaire ne peut faire oublier le politique. Le gouvernement israélien a notifié ce 24 septembre l’ordre de confiscation de 1.1OO dunams de terre de quatre villages arabes situés entre Jérusalem et la colonie de Ma’aleh Adumim en Cisjordanie. Pour construire une route, à usage exclusif des Israéliens, qui coupera définitivement en deux la Cisjordanie. C’est le vieux plan E 1 israélien de 2004, que l’Europe et même les Etats-Unis ont toujours refusé. Aujourd’hui, à la veille de la rencontre internationale de Washington, c’est une véritable provocation. Avec Gaza piégée et la Cisjordanie coupée en deux, comment rêver encore de deux Etats vivant paisiblement côte à côte ?
Le 8 février 2OO5 Sharon déclarait à Sharm El Sheik : « Nous avons l’occasion de commencer une nouvelle ère. Pour la première fois depuis longtemps, il existe dans notre région l’espoir d’un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants(…) C’est une occasion extrêmement fragile que les extrémistes veulent briser. Ils veulent refermer cette fenêtre et laisser nos deux peuples se noyer dans le sang. Si nous n’agissons pas maintenant, ils réussiront leur dessin. ». Si le plan E1 passe, les extrémistes auront gagné!