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En Ville

Mis en ligne le 08/10/2005

« Droixhe » Clap Xème !

La requalification, la dédensification, bref, la remise sur les rails d’un quartier – celui de Droixhe – qui dans les années 50 se voulait être un exemple à la « Le Corbusier » est, une fois de plus (cela fait la quantième fois ?) à la «Une » de l’actualité liégeoise.
En effet, le lundi 24 octobre prochain, Maggy Yerna, échevine du Développement économique, échevine du Logement, présidente de L’IPAL (Intercommunale des personnes âgées de Liège et environs) mais aussi présidente de la société Atlas (qui s’occupe de la gestion des Maisons Liégeoises de Droixhe) , présentera au Conseil communal, avec l’appui du Collège échevinal, un projet et un montage (participation public-privé) qui devrait permettre de relancer la requalification, la modernisation et pour tout dire le remodelage de ce quartier dont on a trop souvent parlé négativement.

C’est en 1998 que le remodelage du quartier de Droixhe était mis sur la table : études, contre-études, mise en place de bureaux d’études etc…puis création de la société Atlas pour gérer le tout. La Région Wallonne alloue un bon à tirer de 45 millions d’euros pour la requalification qui, sur le terrain, s’est concrétisée par l’installation d’un commissariat de police, d’une superbe salle de quartier, mais aussi par les rénovations des immeubles situés en bord de Meuse, les aménagements autour de l’étang, etc…
Si les sous n’ont pas été dilapidés, l’enveloppe budgétaire a fondu au fil des années alors que les problèmes du quartier n’étaient pas vraiment rencontrés. Pour la dédensification, on peut dire que cela a réussi puisque les 5 immeubles tours de l’avenue de la Croix-Rouge sont maintenant entièrement vides. En effet, Droixhe qui comptait à l’origine 1820 logements sociaux n’en compte plus désormais que la moitié, occupés pour une population d’environ 2070 habitants dont 7,3 % est active. Ce qui veut dire que si l’on ne fait rien maintenant, tout de suite, d’ici peu, le quartier ressemblera à une ville fantôme avec tout ce que cela peut comporter de risques. Et de cela, Willy Demeyer ne veut pas. Pour lui, il est temps de faire quelque chose et comme le temps c’est de l’argent, il faut bouger et faire en sorte que le plan présenté par l’échevine du Logement, Maggy Yerna, soit approuvé par la Région wallonne à laquelle la ville de Liège ne demande finalement pas un euro.

Un projet ambitieux mais pas irréaliste et surtout pas barnumesque

C’est après en avoir informé les membres du conseil communal (qui auront à en discuter en, commission et à donner leur avis le 24 octobre) que Maggy Yerna en a perlé à la presse. Le plan qu’elle imagine pour Droixhe, s’il est quelque part ambitieux n’est ni irréaliste ni barnumesque. Mais de quoi s’agit-il ?
Pour l’échevine, le projet passe par la démolition de deux des cinq tours de l’avenue de la Croix-Rouge (à chaque extrémité), par la reconstruction d’immeubles plus petits de 2 à 3 niveaux, de maisons unifamiliales, mais également de l’installation d’une zone pour petite PME non polluantes (artisans, alimentaire par exemple), d’une maison de soins et de repos (120 lits dans l’une des tours) ainsi que de logements « résidence service », de petits commerces de proximité etc. Bref, rien de vraiment extraordinaire si ce n’est, et c’est peut-être le plus important, la volonté de rendre à ce quartier une véritable vie avec la mixité (logement sociaux, privés, emplois etc) que l’on souhaite.

Mais l’argent dans tout ça. ?

Il est un fait que, ni la Maison Liégeoise, ni la société Atlas ne sont capables d’assurer financièrement la réalisation de ce plan. Il n’est pas non plus question de demander un euro à la Région wallonne. C’est la raison pour laquelle le collège va demander le 24 octobre prochain au Conseil communal, de créer une Régie communale autonomes qui sera subdivisée en deux filiales.
La première de ces filiale sera publique. Elle sera propriétaire de la plaine de Droixhe, s’occupera de la dette restante sur les bâtiments construits dans les années 50 et après (financement en 66 ans) et recevra le solde de l’enveloppe des 45 millions d’euros de la Région wallonne. Par ailleurs, c’est cette filiale qui sera chargée de lancer l’appel à partenariat avec le privé sur base de projet urbanistique et financier précis.
La seconde filiale de la Régie communale aura un statut mixte « privé-public » qui s’occupera directement de la rénovation. Les promoteurs privés qui seront membres de la filiale disposeront, par emphytéose, d’un droit réel sur les immeubles à rénover. Ils devront prendre en charge le remboursement du crédit et assurer la remise constante en état de l’immeuble. Ce dernier, après 50 ans, reviendra dans le giron de la Régie communale, donc au public. L’avantage pour l’investisseur public c’est que le prix d’acquisition des immeubles sera calculé de telle manière que l’opération lui soit quand même favorable, mais juste à l’équilibre (ce ne sont pas des philanthropes). On parle dès lors de la possibilité pour la ville d’attirer quelques 93 millions d’euros du secteur privé pour réaliser le projet.

Appel à la Région wallonne

Pour que cela se réalise, comme l’ont expliqué Maggy Yerna et Willy Demeyer, assez énervé par le manque de réaction de la part du ministre Antoine, il faut que la Région wallonne libère la totalité de l’enveloppe initialement prévue pour le quartier (du moins ce qu’il reste dans l’enveloppe) et qu’elle cautionne la future Régie communale autonome auprès de la BEI (Banque européenne d’investissement) dont les crédits seront nécessaires pour couvrir les investissements de la filiale mixte. Comme le dira aussi Maggy Yerna : « Etant donné que dans nos investisseurs potentiels, nous en avons venant de l’autre côté de la frontière, cela intéresse évidement la BEI ». Cela semble un peu compliqué et cela l’est effectivement. La balle est actuellement dans le camp de la Région wallonne. Si elle refuse, ce sera une véritable catastrophe dont Liège (qui ne demande pas un euro) n’a pas besoin pour le moment.





G. Lecocq