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Musique

Mis en ligne le 18/09/2007

Entendu pour vous : Pergolèse et une grande soprano italienne, Elena Cecchi-Fedi, ont brillamment clôturé les cinquantièmes Nuits de Septembre

Nous n’avons pas pu suivre, la semaine dernière, les cinquantièmes Nuits de Septembre dont nous n’avions rendu compte que du concert inaugural (Grieg et Sibélius interprétés par l’OPL le samedi 8).
Après avoir, ce week-end, assisté aux « grands messes » des Fêtes de Wallonie (avec, samedi en fin de journée, José Happart et Rudy Demotte, à l’Esplanade de la Citadelle à Namur et, dimanche matin, au Théâtre Royal de Liège, le Bourgmestre Willy Demeyer), je me suis rattrapé ce dimanche16 à 16, 18 et 20 heures en écoutant en la Salle Philharmonique de Liège, les trois derniers concerts de ces « Nuits ».
Un groupe de musiciens français, « Les Witches », composé d’Odile Edouard, au violon, de Claire Michon, aux flûtes à bec, de Sylvie Moquet, à la viole de gambe, de Pascale Boquet, au luth et au théorbe et de Freddy Eichelberger, au clavecin et à l’orgue, s’avéra scéniquement très sage alors que ces « Witches » ont la réputation de mettre parfois en scène la musique ancienne de manière ensorcelante, voire même délirante. Ils nous présentèrent un programme établi « sur mesure » pour les Nuits de Septembre (et le plaisir de Jérôme Lejeune, leur directeur artistique) et emprunté à l’immense répertoire des réjouissances musicales de la chapelle privée du Roi du Danemark, le très mélomane Christian IV. De telles réjouissances constituèrent un excellent moment musical grâce à ces instrumentistes très talentueux.

Après ce hors d’œuvre de qualité, vint une rencontre imprévue organisée par le Liégeois Philippe Pierlot, gambiste (interprète de viole de gambe) réputé qui a invité une joueuse de tympanon Elisabeth Seitz et une vedette de la musique folk norvégienne, Nils Okland, spécialiste d’une sorte de violon d’une région de fjords, celle de Hardanger : le hardingfele. Les mélodies populaires que nous avons entendues s’avéraient parfois quelque peu répétitives et quand Philippe Pierlot annonça ajouter au programme deux gavottes et une sarabande de Jean-Sébastien Bach, la supériorité qualitative du niveau harmonique des compositions du maître de Leipzig apparut avec évidence.
Un nombreux public assista à l’ultime concert qui présentait trois chefs d’œuvre du compositeur de génie que fut le napolitain Giovanni Battista Pergolesi né en 1710 et décédé dès l’âge de 26 ans , inventeur de l’opéra-bouffe (La serva padrona) mais aussi compositeur prolifique, notamment d’un très beau concerto en si bémol majeur pour violon, cordes et basse continue, d’une cantate pour soprano, cordes et basse continue, intitulée « Orfeo » et d’un très célèbre (après celui de Scarlatti) « Stabat Mater » pour soprano, contralto, cordes et basse continue, qui constituaient les trois volets du menu du final des cinquantièmes Nuits de Septembre.
Sous la direction du gantois Peter Van Heyghen, les « cordes et basse continue » furent interprétées par l’ensemble d’origine bruxelloise « Les Muffatti » composé de six violonistes, deux altos, deux violoncelles, une contrebasse, un luth, un clavecin et un orgue. Si ce groupe brilla par sa qualité et sa cohérence, nous avons été frappés par le niveau exceptionnel des trois solistes : la violoniste australienne Sophie Gent dans le concerto, la contralto argentine Alicia Berri dans le « Stabat Mater » et, dans celui-ci ainsi que dans la cantate Orfeo, Elena Cecchi-Fedi (la photo) qui a une voix admirable et une intelligence musicale aigue. Après avoir étudié le chant à Florence et l’orgue à Bologne, cette grande artiste a multiplié concerts et enregistrements. Après l’avoir écoutée, on reste sous le charme non seulement de sa voix mais aussi de son jeu remarquablement expressif. On ne pouvait pas rêver mieux que cette grande soprano italienne pour conclure ces cinquantièmes Nuits de Septembre.





Jean-Marie ROBERTI