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Musique

Mis en ligne le 12/09/2007

Le Philharmonique à l’heure tzigane


Ces jeudi 20 et vendredi 21 septembre à 20 heures, d’abord en sa salle du Boulevard Piercot puis au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le chef permanent de l’Orchestre Philharmonique de Liège, Pascal Rophé, ouvrira la saison 2007 – 2008 de l’OPL en dirigeant d’abord le « double concerto pour violon et violoncelle » de Johannes Brahms (avec, en solistes, le violoniste Laurent Korcia et le violoncelliste Marc Coppey) , puis ensuite une « suite de danses » de Bela Bartok et enfin les « danses de Galanta » de Zoltan Kodaly. Le concert de Liège sera diffusé en différé ce samedi 22 septembre à 15 heures 30’ sur la troisième chaîne musicale radiophonique de la R.T.B.F. « Musiq’3 ».
Brahms (1833-97), Hambourgeois de naissance et Viennois d’adoption, était fasciné par la liberté rythmique et la profusion mélodique de la musique hongroise qui inspira nombre de ses compositions et, notamment, le dernier mouvement de son ultime œuvre symphonique qui utilise un thème d’inspiration tzigane.
Deux amis, Bartok (1881-1945) et Kodaly (1882-1957) – ce dernier avec son phonographe ! - ont sillonné ensemble les campagnes hongroises pour y sauvegarder un inestimable patrimoine musical populaire.
Les cinq danses - reliées par une ritournelle - de la suite composée par Bartok en 1923 mêlent racines populaires magyares ou tziganes mais aussi roumaines et même arabes. L’œuvre commandée par le gouvernement hongrois commémora le cinquantenaire de la fusion de Buda et de Pest.

L’orchestre tzigane, bien connu, du village de Galanta - où le grand père de Kodaly fut chef de gare – était allé jusqu’à publier un recueil des danses de son répertoire. C’est pour le 80ème anniversaire de la Société Philharmonique de Budapest qu’en 1933, Zoltan Kodaly s’inspira de ces « danses de Galata ». Leur verve rythmique séduisit d’emblée un large public de mélomanes.
Le premier des deux solistes du « double concerto » de Brahms sera donc Laurent Korcia (la photo) qui joue du violon sur le « Zahn », Stradivarius de 1719 qui lui est prêté par le groupe LVMH : Louis Vuitton-Moët-Hennessy. Il a multiplié prix et enregistrements. Remarquons son goût non seulement pour Bartok mais aussi pour le plus fameux violoniste liégeois : Eugène Ysaÿe. En mai 2004, il fut déjà soliste à l’OPL dans l la « Symphonie espagnole » de Lalo.
Marc Coppey, pour sa part, emporta dès 1988 le premier prix au Concours Bach de Leipzig. Il joua alors avec Yehudi Menuhin et fut invité par Rostropovitch au festival d’Evian. Violoncelliste au sein du « Quatuor Ysaÿe » (encore notre Eugène !) pendant cinq ans, il a (« bis repetita placent » comme le rappellent, après l’Art poétique d’Horace, les pages roses du petit Larousse) déjà été invité trois fois par l’OPL : en 2002, en 2004 (où il interpréta l’intégrale des suites pour violoncelle de Bach) et cette année (où, sous la direction de Rophé, il a enregistré, pour la firme AEON, avec l’OPL, l’«Épiphanie» de Caplet et « Tout un monde lointain » de Dutilleux).
Au moment où l’été fera place à un automne qu’on espère plus ensoleillé, notre Orchestre Philharmonique a donc réuni les ingrédients d’un très agréable concert de « rentrée », comme disent les maîtres d’école. Puisse-t-il ouvrir une excellente saison 2007-2008 !





Jean-Marie ROBERTI