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Politique

Mis en ligne le 08/10/2005

Le corps consulaire de notre province représente une quarantaine d’états et sert auprès d’eux, le Pays de Liège

Le rappel au Quai d’Orsay de la Consule Générale de France à Liège, qui présidait le Corps consulaire de la Province de Liège, donne l’occasion de faire le point sur ce Corps.
Liège fut pendant plus de huit siècles la capitale d’une Principauté, souvent autonome.
Si celle-ci cherchait souvent un statut de neutralité, c’était afin de pouvoir mieux vendre ses armes aux deux camps. …
La nation liégeoise envoyait ses Ambassadeurs auprès du Roi de France et en bien d’autres lieux et recevait les émissaires de pays amis ou ennemis, proches ou lointains.
A partir de la fin de la première moitié du XIXème siècle, Liège accueillit des consuls.
Ainsi pendant la guerre de Sécession (1861-1865), un consul des Etats-Unis (du Nord) veillait chez nous à ce que les armes liégeoises renforcent les abolitionnistes plutôt que les esclavagistes du Sud.. Et il y a environ un siècle, au moment de l’apogée de la révolution industrielle dans notre région de charbon et d’acier, les consuls servirent à encourager mais aussi à taxer, dès l’origine, nos importantes exportations.

Un double intérêt

Aujourd’hui, le Corps consulaire de notre Province présente un double intérêt. D’abord, faire respecter les droits légitimes des ressortissants des Etats qu’il représente chez nous, les accueillir, les orienter. Mais aussi, très souvent, valoriser économiquement et culturellement le Pays de Liège auprès des pays qui les ont désignés et de leurs Ambassades bruxelloises.
Par exemple, obtenir l’envoi d’une mission technique pour apprécier le rapport qualité-prix d’un aéroport comme celui de Bierset pour le frêt aérien en provenance du pays représenté à Liège peut se révéler très utile. C’est ce qu’ont très bien compris la Province et la Ville de Liège, comme d’ailleurs la Communauté germanophone, qui encouragent le développement en nombre et en qualité du corps consulaire chez nous.
Le fait que Liège possède beaucoup plus de consulats que Namur, Mons, Charleroi, Arlon, etc… démontre d’ailleurs bien l’importance, dans le domaine des relations extérieures, de Liège comme capitale économique régionale et comme province dynamique.
L’ouverture d’Ambassades dans les pays décolonisés et dans les nouveaux Etats de l’Est européen et de l’Asie centrale et occidentale a conduit (les budgets n’étant pas extensibles) à sensiblement diminuer dans les métropoles régionales d’Europe Occidentale le nombre de Consulats de « carrière » (comportant des agents professionnels appartenant au corps diplomatique).

De carrière et honoraire

Les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne, la Grèce ont il y a près d’une vingtaine d’années fermé leurs consulats de carrière à Liège mais des pays voisins comme les Pays-Bas et l’Allemagne ont immédiatement veillé à nommer des personnalités économiques importantes de notre Province pour les représenter chez nous. Et le Royaume d’Espagne, après avoir maintenu des permanences sociales via son Ambassade, a, lui aussi, nommé un Consul honoraire.
Les consulats qui ne sont pas « de carrière » sont dits « honoraires » ce qui ne signifie pas qu’ils sont limités à un rôle honorifique mais bien qu’ils sont attribués à des personnes qui ne sont pas des diplomates professionnels. Ces Consuls (qui comme ceux de carrière peuvent ou non être des Consuls généraux) sont parfois (assez rarement) secondés par du personnel administratif pris en charge par l’Etat concerné mais sont, dans la réalité, … sans honoraire (donc, bénévoles).
Le Corps consulaire de la Province de Liège est présidé par un(e) doyen(ne) qui est le (la) plus ancien(ne) diplomate de carrière du rang le plus élevé.
Dès lors, au départ de la Consule Générale de France, c’est le Consul Général d’Italie qui lui a succédé. C’est d’ailleurs un « doyen » du Corps consulaire liégeois exceptionnellement jeune puisqu’il a moins de 35 ans.
Deux autres diplomates professionnels de haut rang travaillent à Liège : le nouveau Consul Général de France et le Consul du Maroc qu’un décret paru, au printemps dernier, dans le journal officiel de son Royaume a promu au grade de Consul Général, ce consulat maghrébin devenant dès lors le troisième Consulat général de carrière à Liège
Ces diplomates ont souvent des adjoints qui font également partie du corps diplomatique.
Si les tâches administratives absorbent une partie importante du temps des collaborateurs des Consuls Généraux d’Italie et du Maroc, elles viennent d’être centralisées à Bruxelles en ce qui concerne les ressortissants français, le nouveau Consul général ayant davantage une mission de représentation, notamment économique et culturelle.

Toute une organisation et des mouvements

Le Secrétaire Général du Corps consulaire de la Province de Liège est un consul honoraire choisi par ses pairs. Il s’agit du Consul Général honoraire des Pays-Bas, industriel néerlandais qui dirige, de longue date, une entreprise métallurgique dans notre bassin industriel.
Liège compte encore deux autres Consuls Généraux honoraires, ceux de l’Etat d’Israël et de la Principauté de Monaco.
La Province, autre particularité, dispose aussi de deux Consuls honoraires d’Autriche dont un pour la seule Communauté germanophone.
Le Vice-Premier Ministre fédéral liégeois a accepté la charge de Consul honoraire de Tunisie dans notre Province mais il a obtenu que , pendant la durée de son mandat ministériel, son porte-parole remplisse cette fonction.
Par contre, la directrice générale du Port autonome de Liège, qui avait accepté d’assumer la fonction de Consul honoraire du Royaume-Uni, a démissionné de ses fonctions consulaires lorsqu’elle est devenue Ministre car elle n’estimait pas ses responsabilités dans le domaine des relations extérieures, tant à la Région wallonne qu’à la Vice-Présidence du Gouvernement de la Communauté française, compatibles avec son rôle de représentante de la Grande Bretagne et de l’Irlande du Nord. Elle devrait, normalement, être remplacée prochainement.
Par contre, il n’est pas certain que la République d’Equateur remplace son Consul honoraire à Liège qui vient de démissionner après plus de quarante ans de « bons et loyaux services ».
La brochure sur les « Consulats étrangers en Belgique 2005 » publiée par la Direction « Protocole et Sécurité » du Service Public Fédéral des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération au Développement annonce que quatre nouveaux Consulats honoraires devraient être mis en fonction prochainement en Province de Liège : un de Slovaquie à Eupen et ceux d’Ouganda, du Pakistan et de Turquie à Liège. En effet, lorsqu’un Etat souhaite ouvrir un nouveau consulat dans notre pays, il doit, par une « note verbale » (ce qui signifie, en langage diplomatique, par un écrit) adresser une demande officielle au Service Public Fédéral des Affaires Etrangères en précisant le lieu d’implantation (ville) et le ressort de la circonscription consulaire (une, deux ou plusieurs provinces, une Région, etc…). Ce n’est qu’après avoir obtenu un accord au sujet de cette demande (ce qui est donc le cas, en Province de Liège, pour l’Ouganda, le Pakistan, la Slovaquie et la Turquie) qu’une requête en vue de l’ agréation (exequatur) d’une personne (diplomate de carrière ou non, belge ou de la nationalité du pays représenté) peut être introduite afin d’être (ou non) acceptée par le Ministre des Affaires étrangères. Seule cette autorisation permet l’entrée en fonction d’un nouveau consul (cette seconde phase de la procédure n’étant pas encore terminée pour les quatre consulats cités).

Liège, deuxième métropole consulaire après Anvers.

Si l’on ajoute aux consulats de carrière et honoraires implantés dans les dix provinces du Royaume, la douzaine de consulats honoraires qui se trouvent à Bruxelles, leur nombre dépasse 200. Si Anvers caracole en tête avec une septantaine de consulats, Liège suit avec une quarantaine, la troisième place étant occupée par la Flandre Orientale (Gand) avec une trentaine, puis vient la Flandre Occidentale avec une vingtaine (Ostende ayant la même importance que Bruges), le Hainaut avec une quinzaine assez épars (6 à Charleroi, 4 à Mons, 2 à Tournai et à La Louvière, 1 à Mouscron…) et au sixième rang Namur (13 dont 5 qui doivent encore voir leurs titulaires être autorisés à entamer leur mission) puis, après la douzaine de Consulats honoraires à Bruxelles (Ambassades exclues), le Limbourg 5, les deux Brabants, flamand et wallon, et le Luxembourg se contentant chacun d’un seul consul honoraire (restant à redésigner par la France à Arlon).
On notera que les Consuls honoraires accrédités en Belgique de même que les Consuls honoraires de Belgique accrédités à l’étranger, quelles que soient leurs nationalités, se sont associés au sein de la Belgian Consular Union présidée par le Consul honoraire d’Italie en
Flandre occidentale, M. Willy Deswaef.
Le Corps consulaire de la Province de Liège regroupe, lui, diplomates de carrière et consuls honoraires. Il associe à ses travaux les anciens consuls honoraires ou leurs veuves et cherche à développer des relations avec les autres consuls de l’Eurégio (Limbourg belge, Sud-Limbourg néerlandais, Rhénanie du Nord-Westphalie), notamment. Et, grâce à son Secrétaire Général, il se dotera avant la fin de l’année d’un site internet qui s’intitulera http://www.consulsliege.be.

Pour obtenir la liste alphabétique et les coordonnées de tous les consulats installés à Liège, vous pouvez cliquerICI





Ga. L.