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Société

Mis en ligne le 26/06/2007

VATICAN contre AMNESTY International : c’est le retour de la Sainte Inquisition selon Véronique De Keyser

A l'annonce de l'appel aux catholiques émanant du Vatican à ne plus financer Amnesty International en raison du récent engagement de cette organisation en faveur de la dépénalisation de l'avortement, la Députée européenne Véronique De Keyser ( PSE) a déclaré: "Je rêve ! Si nous n'étions pas en juin, j'aurai cru à une très mauvaise blague de 1er avril! C’est vraiment le retour de l'obscurantisme et de la Sainte Inquisition!
L’annonce faite par le porte-parole de Benoit XVI montre que le Saint-Siège est de plus en plus en décrochage avec le quotidien des femmes. Le Pape choisit d’ ignorer toutes celles qui meurent encore chaque jour d'avortements clandestins, et le marché noir lucratif qui sévit dans les pays où l’avortement est interdit.
De plus, Amnesty n'a pas appelé à la libéralisation de l'interruption volontaire de grossesse mais à sa dépénalisation. Le Vatican ne semble pas avoir saisi la nuance. Comme il ne l'avait pas saisie en 1996 en prenant la même mesure vis-à-vis de l'Unicef, accusée de la même faute.
« Alors que partout en Europe des femmes se battent pour avoir le droit de choisir quand elles veulent des enfants et combien elles en veulent, l’aile la plus conservatrice de l’Eglise catholique lance de véritables fatwas , avec des moyens qui n’ont rien de spirituel. Car elle ne demande pas de blâmer Amnesty, ou de prier pour cette brebis qui s’égare. Non, il s’agit, tout simplement, de lui couper les vivres. Voilà qui est bien séculier ! » déclare encore Véronique De Keyser, « On se souvient des combats d'arrière-garde menés, il y a peu, par l'Eglise portugaise pour empêcher la dépénalisation de l’avortement au Portugal. Sans succès. L’Eglise catholique, c’est vrai, avait réussi en Pologne à obtenir un changement législatif aboutissant, en 1992, à interdire le droit à l’avortement auparavant libéralisé, mais de telles volte-face sont rares. Les femmes résistent aux pressions d’une Eglise qui continue, de façon insistante et anachronique à leur dénier la maîtrise de leur corps. Et puisque les femmes résistent, ce sont les associations qu’on attaque, celles qui prônent la contraception ou le droit à l’avortement ».



L’Unicef, le Fonds des Nations Unies pour la Population et le Développement, Amnesty maintenant, et toutes les associations porteuses d’espoir pour les femmes, notamment dans le Tiers monde et dans des zones de conflit, sont aujourd’hui menacées financièrement. Des équipes de l’UCL faisant de la procréation assistée se voient aujourd’hui rappelées à Rome « J’ai peine à voir le message du Christ dans ces intimidations. Je me réjouis de voir que nombre de catholiques progressistes font aujourd’hui une claire distinction entre leur foi et ces pratiques dignes de l’Inquisition. »