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Politique

Mis en ligne le 06/06/2007

Pour Véronique De Keyser, au Parlement européen : «40 ans de luttes, d'espoirs fous, de désillusions et de mépris du droit international en Palestine. 40 ans ! Et maintenant ?»

Si certains commémorent le quarantième anniversaire de la " Guerre des 6 jours ", d'autres, comme la députée européenne Véronique De Keyser ( PSE), pensent que cette guerre " éclair", présentée par les stratèges comme un modèle en son genre, a en fait ouvert la porte à quatre décennies de souffrances, d'humiliations pour le peuple palestinien.
La Palestine a, au cours de ces années, a vu de multiples plans de paix s'envoler, a perdu les trois quarts de son territoire de 1948.
12.000 de ses fils ont été tués, des centaines de milliers d'autres ont connu les prisons israéliennes, 16.000 de ses maisons ont été détruites et, contrairement à ce que chantait Adamo dans "Inch' Allah" en 1966, elle a vu cinq millions de ses arbres arrachés par Tsahal.
Que de colombes sont mortes durant ces quarante années!
Le Parlement européen était réuni ce jour en session plénière à Bruxelles. Javier Solana était présent lors du débat sur la situation en Palestine qui était prévu à l'ordre du jour. A l'occasion de ce débat, 45 Députés européens, dont Véronique De Keyser, ont tenu à marquer leur solidarité avec leurs collègues députés kidnappés et emprisonnés par Israël au mépris du droit international et de l'immunité parlementaire.
Véronique De Keyser qui a ensuite pris la parole dans l'hémicycle et a déclaré:
"Lors des élections législatives de 2006, alors que j'étais Chef de la Mission d'observation de l'Union européenne, j'ai demandé à un Palestinien: "pensez-vous que ces élections vont amener la paix?". Et il m'a répondu: "Non. Pas la paix, mais la démocratie. Et nous allons montrer au monde que même dans des territoires occupés, nous sommes capables de faire des élections libres". Et notre riposte a été lamentable. Notre mépris de l'aspiration d'un peuple, y compris de son droit à l'erreur, a introduit un peu plus de chaos dans une région qui aujourd'hui s'embrase. La création d'un gouvernement d'unité nationale et les accords de la Mecque n'ont guère modifié la ligne dure de l'U.E et ses sanctions. Mais qu'attendons-nous pour changer radicalement de politique ? Et de quel droit réfutons-nous ce gouvernement, nous qui depuis 67 acceptons une situation de non droit absolu en Palestine ? A savoir des assassinats extrajudiciaires, la spoliation de terres, le kidnapping de députés et de ministres légitimement élus, l'existence du Mur jugé illégal par la Cour de la Haye, les conventions de Genève bafouées, l'ONU ignoré, l'emprisonnement de plus de 400 enfants, la démolition de maisons, le bouclage et l'interdiction de circuler de près de deux millions de Palestiniens ? Que nous condamnions les roquettes et les attentats-suicides, oui, bien sûr, mais que nous soyons frappés d'atonie devant le scandale d'une répression collective qui frappe tout le peuple palestinien, cela, c'est insupportable. Rien ne justifie ce silence et surtout pas la Shoah. Je salue aujourd'hui les nouveaux Justes, ces Juifs qui en Israël et ailleurs refusent de se taire en essuyant parfois les sarcasmes des leurs - Tayush, Bet'selem et tant d'autres. Demain au Berlaymont à 13 h une chaîne humaine, appuyé par les représentants politiques de tous les partis belges, appellera à la paix et demandera à l'U.E de prendre enfin ses responsabilités. Je vous invite Monsieur Solana à la rejoindre."