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Politique

Mis en ligne le 01/06/2007

Pour la FGTB Wallonne, il faut élever la campagne électorale !

A un peu plus d’une semaine du scrutin fédéral, le Bureau de la FGTB wallonne, qui s’est réuni ce jeudi 31 mai à Beez, s’inquiète de la tonalité générale de la campagne électorale. Pour le bureau : "Des écrans de fumée camouflent les enjeux réels".
C’est ainsi que dans un communiqué publié ce vendredi, la FGTB Wallonne déclare : « Les élections du 10 juin vont conditionner les politiques fédérales de demain ! Et pas l’avenir de la rénovation à Charleroi ! Mais plutôt le sort des solidarités interpersonnelles dans la Belgique du XXIe siècle ! Le constater n’est pas exonérer d’éventuelles fautes des acteurs municipaux carolos dont c’est d’ailleurs à la Justice de dire s’ils sont coupables et de quoi. Il s’agit, pour nous, seulement de remettre l’église au milieu du village.
L’extrême droite menace. Elle se nourrit des manquements à la démocratie. Qui peut s’en réjouir ? Nous sommes inquiets de la responsabilité prise par des ténors libéraux et certains choristes écologistes qui misent manifestement sur une exploitation déraisonnable du désarroi engendré dans la population. Ce calcul est dangereux !
La FGTB wallonne se sent de plus en plus seule sur le terrain de la résistance au fascisme. Le vote pour les listes noires est incompatible avec les objectifs de l’organisation syndicale. A savoir un projet de société fondé sur les valeurs de démocratie, de solidarité et d’égalité. Leur cible, c’est nous ! Parce qu’elle est antisociale, viscéralement inégalitaire, machiste, xénophobe et violente, l’extrême droite a été, toujours et partout, un problème sans jamais être devenue une solution quelque part.
Parce que nous sommes un syndicat de gauche, nous revendiquons une transformation de la société et du capitalisme. Les politiques progressistes peuvent être évaluées avec deux indicateurs. D’abord l’évolution de la part des revenus du travail dans le produit intérieur brut : au cours des dernières décennies, avec une accélération forte au cours des dernières années, le capital se taille la part du lion dans le gâteau des richesses à partager. Il est aujourd’hui proportionnellement mieux rémunéré que dans les années 60 ! Il faut inverser cette évolution déséquilibrée. Ensuite, l’avenir de la planète impose dès aujourd’hui de réduire l’empreinte écologique du pays.
Pour casser la courbe de ces évolutions sociales et environnementales qui nous conduisent dans le mur, la participation des forces politiques de gauche au pouvoir est une condition, peut-être insuffisante, mais incontestablement indispensable ! Ce ne sont pas les chantres du libéralisme ou la droite humaniste, ceux-là même qui cherchent tous les jours à nous persuader de la légitimité d’un capitalisme fondamentalement inégalitaire, qui sont les mieux placés pour le changer. Que promettent-ils ? Qu’en améliorant le sort des nantis, ça ira mieux pour les autres ! Et ils ne manquent pas de moyens de faire passer leur vessie pour des lanternes.
Dans le secret de l’isoloir, chaque électeur aura à se prononcer sur les moyens qu’il peut et veut donner ou non à ceux dont l’ambition est de travailler à la réalisation d’une société plus solidaire, plus égalitaire, plus juste. Ce choix ne peut être guidé par des réactions émotionnelles ou affectives. Il doit être fondé sur un raisonnement. La ville de Charleroi a été la proie de problèmes de gouvernance qui doivent être réglés. Laisser croire qu’un scrutin fédéral pourrait en apporter les solutions, c’est duper les gens ! Par ailleurs, pour nécessaires qu’elles soient, de meilleures pratiques et plus de transparence ne rendront jamais, à elles-seules, plus solidaires des politiques anti-sociales !
Les leaders libéraux francophones transcendent aujourd’hui leurs rivalités intestines et leurs divisions, entre un « libéralisme décomplexé et sarkosien » et un chimérique « libéralisme social », dans le rêve d’un renversement du rapport de force en Wallonie. Ce qu’ils nous proposent, en réalité, c’est d’ajouter à la puissance de la droite flamande un consentement wallon pour les politiques les plus injustes. Ce sera sans nous !
La FGTB wallonne entend miser sur l’intelligence de ses militants, de ses affilés et d’une majorité des Wallons pour reconnaître ceux qui défendent leurs intérêts.
La campagne électorale doit néanmoins remettre en lumière ce pour quoi les citoyens sont réellement invités aux urnes : choisir les femmes et les hommes qui porteront le mieux le projet de société qui leur convient. Il faut donc ramener à la lumière les visions sociales qui s’affrontent dans la joute électorale. Qui d’autre que les droites extrêmes a intérêt à renoncer à cette clarification ? »
Et poser cette dernière question, c’est évidemment y répondre. Alors il serait effectivement grand temps de relever le débat, notamment au niveau du PS dont la campagne nous semble particulièrement pauvre et ce, dans toute l’acception du terme.





Ga. L.