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Théâtre

Mis en ligne le 06/10/2005

Vu pour vous : La première de "Youpi" au Théâtre de la Place

Youpi ! Le rideau est tombé ce mercredi 5 octobre, au Théâtre de la Place sur la « première » de la dernière oeuvre en date de Philippe Tasquin et Charlie Degotte. « Youpi », une opérette belge en trois actes, une révolution et deux danseuses nues.
Doit-on dire Youpi parce que c’est fini ? Ce n’est pas ce qu’en pense la salle (pratiquement remplie) qui triple, quadruple voire quintuple les rappels. Le succès est complet. Et je suis du même avis.
Lors d’une conférence de presse une semaine avant la « première », Philippe Tasquin et Charlie Degotte, tous deux aussi drôles en « civil » que sur la scène, avaient juré que cela allait déménager. Et ça a déménagé.
L’œuvre que les deux compères d’origine verviétoise (et c’est important d’en parler) ont osé, s’inscrit parfaitement dans les festivités célébrant les 175 ans de l’Etat Belgique (comme dirait José Happart).
Le texte, de Charlie Degotte, évolue entre le subtil historique (un peu revisité, mais c’est une oeuvre d’art) et l’Histoire avec ses faits avérés. Et cela en fait un fameux « melting-pot » tout à fait belge et que l’on ne peut occulter. Mais c’est ainsi, chaque pays a ses « vices » de construction et il faut faire avec. Réflexion, devoir de mémoire, humour, caricature, tout y est pour faire de « Youpi » une œuvre dont on parlera longtemps. Tout y est aussi pour faire de « Youpi » un spectacle qui devrait pouvoir « tourner » longtemps. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Mais Charlie Degotte, (le fils de l’auteur de Flagada et des Motards), est aussi un formidable comédien-chanteur qui a su (à vous en faire pisser de rire dans votre pantalon) parfaitement entrer dans la peau de son personnage, celui de ce roi triste qui ne voulait pas être roi mais qui aurait voulu être reine. Il est aussi formidable dans ses rôles de Panpan ou de vilaine marionnette.
Coup de chapeau également au travail difficile et talentueux de la « Compagnie Aucun mérite » (parfaitement bilingue) qui, pendant plus de deux heures (mais que cela s’est vite passé) nous ont fait revivre une histoire de Belgique totalement déjantée mais combien réelle.

Et la musique là-dedans

Philippe Tasquin, qui passe son temps entre la scène où il campe avec brio le rôle de « Monsieur Top, le régisseur général » et la fosse d’orchestre pour prendre en main ses musiciens aussi fous (dans le bon sens du terme) que le reste, nous a concocté un véritable petit chef d’œuvre.
Il nous avait expliqué que la musique, il était tombé dedans quand il était tout petit et, quand à l’âge de 5 ans, il dirigeait un orchestre imaginaire, avec les aiguilles à tricoter de sa maman en écoutant des disques classiques sur le gramophone familial.
La première partie musicale de « Youpi » pourrait se comparer à un subtil mélange entre du Boris Vian et du Kurt Weill, c’est dire la qualité et la seconde partie, tout aussi de qualité, vers un classicisme moderne. Rien n’a été laissé au hasard.

Certains verrons dans ce spectacle une revue. Pour les auteurs, c’est une opérette. Mais en ce qui me concerne, et en cela, André Blavier (un autre fou littéraire) aurait sûrement été du même avis, je crois qu’on peut qualifier « Youpi » d’opéra bouffe pataphysique.
La Belgique n’est-elle pas le pays du surréalisme à l’extrême ? C’est ce que nous vivons tous les jours. Et rien de tel qu’un peu de pataphysique pour résister. C’est tout ça le « message » délivré par « Youpi ».
Pour en terminer, lors de la conférence de presse, Degotte expliquait : « Il y a bien longtemps, à Verviers, lorsqu’un médecin décelait de la déprime chez un de ses patients, il lui offrait un ticket pour aller voir une opérette au Grand Théâtre en lui disant : c’est le meilleur des remèdes ».
Pour faire court, « Youpi » est le meilleur remède à toutes les déprimes. Si vous êtes malheureusement dans le cas, courrez vite au Théâtre de la Place. « Youpi », on le joue jusqu’au 22 octobre.



Pour en savoir plus sur « Youpi », relisez la présentation qui se trouve dans notre rubrique du 20 septembre dernier en cliquant ICI


Photos: Muriel Thies





Gaston Lecocq