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Théâtre

Mis en ligne le 05/05/2007

A l’Opéra Royal de Wallonie


Dans le domaine de la musique classique, nos racines liégeoises sont à la fois françaises et germaniques. Ainsi César Franck allie la clarté et la précision rythmique françaises et la densité de la pâte orchestrale ainsi qu’une flexibilité des lignes mélodiques qui montrent qu’il se tournait également vers le Rhin, vers Beethoven et le musique allemande. C’est ce qu’expliquait volontiers (bien mieux que moi) Louis Langrée. Et, il y a un siècle, notre Conservatoire royal de Musique, alors à son apogée, incarnait et développa encore cette double tradition.
Par contre, dans le secteur lyrique, Liège est bien la plus septentrionale des cités latines. L’opéra chez nous, ce fut d’abord le bel canto et ce n’est pas l’importance de l’immigration italienne, avant et surtout après la seconde guerre mondiale, qui a diminué l’ampleur de cet engouement transalpin. « Viva l’Opera ! », c’est ce que ressentent nos concitoyens et c’est aussi ce qu’ont très bien compris les administrateurs de notre Opéra Royal de Wallonie quand ils ont choisi le successeur de Jean-Louis Grinda qui, lui, ne fut pas seulement le plus Liégeois des Monégasques mais qui, en une très heureuse décennie, fit considérablement progresser notre scène lyrique en alliant ses réelles compétences de gestionnaire et son exigence constante de qualité musicale et, plus largement, artistique.

Le charisme du nouveau Directeur général apparaît d’emblée évident. Stefano Mazzonis di Pralafera (la photo ci-contre) n’est pas seulement un séduisant aristocrate qui, lorsqu’on s’étonne de son absence d’accent italien, vous répond que, pendant sa prime enfance, sa langue maternelle fut l’anglais et que, chez lui, le français devint aussi naturel que la langue de Dante. De formation, il est docteur en droit. A ce titre, il devint un « cadre supérieur » d’un géant de l’économie italienne : Telecom où il apprit notamment (cela peut servir) le respect des budgets. Et sa passion de la musique l’amena naturellement à assumer la direction artistique des prestigieux « Concerti Telecom ». Le succès sous sa houlette, pendant dix-huit ans, de cette initiative artistique du secteur privé le conduisit aussi a être choisi comme « manager » général des « Settimane Musicali Internazionale di Napoli » et comme directeur artistique des « Cantiere Internazionale d’Arte di Montepulciano » (cette admirable cité du sud de la province toscane de Sienne) ainsi que du « Festival di Cervo ». La réussite de ces manifestations culturelles l’amena à quitter Telecom pour assumer les fonctions à temps plein de « Sovrintendente della Fondazione Teatro Communale di Bologna ». Cet opéra s’est affirmé, sous sa direction, comme une des principales scènes lyriques italiennes et il constitue un fleuron culturel d’une Cité à la fois, de longue date, politiquement très « rouge » et justement célèbre sur le plan universitaire. Les sévères restrictions budgétaires imposées aux grandes institutions culturelles publiques par le gouvernement Berlusconi et le souhait de relever un nouveau défi dans une cité de culture latine semblèrent s’être conjugués pour inciter Stefano Mazzonis di Pralafera à présenter sa candidature à la direction générale («et artistique » précise-t-il) de l’Opéra Royal de Wallonie. Elle fut, en toute transparence, retenue en raison de l’expérience qu’il a acquise, et sans que soit négligé l’attrait de son exceptionnel « carnet d’adresses » lyriques dans la péninsule dont, d’ailleurs, manifestement, l’utilité se démontre déjà dans la programmation de la nouvelle saison, effectuée en collaboration avec Jean-Louis Grinda.
Le dynamisme et le sens de l’humour de Stefano Mazzonis se sont affirmés dès la fin mars, lors de cette présentation du programme 2007-2008 de notre Opéra. Nous avons déjà rappelé les propos du Bourgmestre Willy Demeyer, Président du Conseil d’administration, quant aux perspectives budgétaires à court et moyen termes. Le nouveau Directeur général dut le rassurer quand il annonça qu’il comptait bien développer les relations de l’O.R.W. avec le monde de l’entreprise « car c’est là », rappela-t-il, « qu’il y a du fric ».
Mais qu’on ne s’imagine pas qu’il s’agisse d’une préoccupation unique. L’information qui nous a semblé la plus étonnante lors de la présentation de la saison nouvelle est double :
1°) sauf le 31 décembre, il y aura une place gratuite pour les enfants de moins de 14 ans pour une place d’adulte payante ;
2°) pour les jeunes de moins de 26 ans, l’abonnement les jeudis, mardis ou vendredis aux huit principaux spectacles de la saison ne coûtera que 50 euros en catégorie un et deux et que 30 euros aux catégories trois, quatre ou cinq.
Voilà qui est de nature à faire concrètement baisser la moyenne d’âge des spectateurs puisque les plus jeunes accompagnés bénéficieront de la gratuité tandis que les autres pourront acheter des places au tarif de celles du cinéma.

Au programme : Italie 6 – France 2

D’aucuns, au sein de la presse bruxelloise, font déjà la fine bouche quant à la programmation de la saison 2007 2008. Cela manquerait d’œuvres contemporaines et l’O.R.W., implantée dans l’Eurégio, négligerait le répertoire germanique, voire anglo-saxon. Ces « réflexions » n’étonnent pas venues de Bruxelles qui se veut majoritairement francophone mais certes pas latine. Et quand l’O.R.W. recevra les mêmes subventions publiques que celles que tous les contribuables de l’Etat belge versent à l’Opéra bruxellois de la Monnaie, il est peu douteux qu’alors, notre maison lyrique liégeoise aura les moyens (triples de ceux d’aujourd’hui) de développer en plus de nouvelles expériences créatives. En attendant, on peut gager que le répertoire 2006-2007 entraînera l’adhésion d’un public non seulement liégeois mais vraiment eurégional qui, ultérieurement, devrait s’élargir à l’ensemble de la Wallonie.
Si l’Italie a gagné face à la France lors de la finale de la dernière coupe du monde de football l’an dernier en Allemagne, sa victoire est encore plus nette à l’O.R.W. puisque sur huit spectacles majeurs, six seront italiens et deux français.

La saison s’ouvrira par une production du Teatro Communale di Bologna dirigée musicalement par le Maestro Paolo Arrivabeni et mise en scène et en lumières par un collaborateur franco-japonais de Peter Brook et du cinéaste Peter Greenaway : Yoshi Oida.
Le « Nabucco » de Giuseppe Verdi sera représenté neuf fois au Théâtre Royal de Liège (les vendredis 21 et 28, les samedis 22 et 29, le mardi 25, le mercredi 26 et le jeudi 27septembre à 20 heures ainsi que les dimanches 23 et 30 septembre à 15 heures) et une dixième fois au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, le samedi 6 octobre à 20 heures. La double distribution présentera dans les rôles de Nabucco et d’Abigaille, les couples Mark Rucker – Susan Neves et Carlos Almaguer – Alessandra Rezza tandis que Zaccaria sera incarné par les basses Paata Burchuladze et Riccardo Zanellato.
Ensuite Stefano Mazzonis mettra lui-même en scène et en lumières trois « intermezzi » dont les musiques furent écrites dans la seconde moitié du XVIIIème siècle par Domenico Cimarosa (« Il Maestro di Capella »), par Rinaldo Da Capua (« La Zingara » c’est-à-dire la Bohémienne) et par Luigi Cherubini, alors âgé de 15 ans (« Il Giocatore »). Ces trois pièces comiques, s’inspirant de la Commedia dell’Arte, seront interprétées sous la direction musicale de Rodolfo Bonucci par un des plus fameux barytons du dernier tiers du XXème siècle : Alberto Rinaldi entouré de nouveaux venus à l’O.R.W. Sabine Willeit, Max René Cosotti et Hendrickje Van Kerckhove. Les cinq représentations liégeoises de ces bijoux, inouïs chez nous, auront lieu les vendredi 19, mardi 23, jeudi 25 et samedi 27 octobre à 20 heures ainsi que le dimanche 21 octobre à 15 heures.
L’Opéra Royal de Wallonie offrira ensuite à notre concitoyenne Claire Servais le privilège de mettre en scène une nouvelle production de la « Tosca » de Giacomo Puccini.

Lors de la présentation au personnel et aux amis de l’O.R.W. de la distribution de ce chef d’oeuvre, c’est un « oh ! » de surprise et de satisfaction qui s’éleva de la salle quand fut annoncée, dans le rôle du baron Scarpia, la participation de Ruggero Raimondi (photo ci-contre) chanteur et acteur célébrissime pour la qualité de ses prestations scéniques et cinématographiques multiples. Sous la direction musicale de Mario Benzi, il sera entouré par l’américaine Monique McDonald (la Tosca) et le jeune coréen Yonghoon Lee. Les six représentations au Théâtre royal de Liège auront lieu les mardi 20, vendredi 23, mardi 27, jeudi 29 novembre et samedi 1er décembre à 20 heures ainsi que le dimanche 25 novembre à 15 heures.
Pour les Fêtes de fin d’année, la Compagnie de Jérôme Savary enflammera, comme d’autres le faisaient en 1900 lors de l’ Exposition Universelle dans la capitale française, la scène de l’O.R.W., grâce à « La Vie parisienne », opéra bouffe en quatre actes de Jacques Offenbach que Rani Calderon dirigera musicalement. Les huit représentations liégeoises se dérouleront les vendredis 21 et 28, les samedis 22 et 29 et le mercredi 26 décembre à 20 heures, les dimanches 23 et 30 décembre à 15 heures ainsi que le lundi 31 décembre à 20 heures 30’.
La saison reprendra en février 2008, avec une nouvelle perle du XVIIIème siècle, cette fois encore mise en scène et en lumières par Stefano Mazzonis, « Il Matrimonio Segreto » de Domenico Cimarosa. Deux chanteuses et trois chanteurs et comédiens italiens (à nouveau Alberto Rinaldi mais aussi Cinzia Forte et Serena Gamberoni ainsi qu’Aldo Caputo et Mario Cassi) animeront cette comédie lyrique, cet opéra bouffe dirigé musicalement par Giovanni Antonini. Ce sont les vendredi 1er, mardi 5, jeudi 7 et samedi 9 février à 20 heures et le dimanche 3 février à 15 heures qu’auront lieu au Théâtre royal de Liège les cinq représentations de ce « Mariage secret ».
Au début du printemps, c’est une nouvelle coproduction de l’O.R.W. et de l’Opéra Théâtre de Saint-Etienne, dirigée musicalement par Patrick Davin, que nous recevrons. « Le Roi d’Ys », opéra romantique d’Edouard Lalo, sera mis en scène avec de multiples effets spéciaux dignes du cinéma par Jean-Louis Pichon, directeur de la scène stéphanoise. Les spectateurs découvriront, dans le rôle de Margared, Giuseppina Punti et, dans celui de Mylio, le ténor Sébastien Guèze. Les cinq dates des représentations seront les suivantes : les vendredi 28 mars, mardi 1er, jeudi 3 et samedi 5 avril à 20 heures ainsi que le dimanche 30 mars à 15 heures.
Les amateurs de bel canto apprécieront particulièrement, les mercredi 30 avril, samedi 3, mardi 6 et jeudi 8 mai à 20 heures ainsi que le dimanche 11 mai à 15 heures, la nouvelle production par l’O.R.W. de l’opéra de Gaetano Donizetti : « Maria Stuarda » dont le rôle titre sera assumé par la soprano Patrizia Ciofi tandis que la mezzo soprano Marianna Pizzolato incarnera Elisabetta. Sous la direction musicale de Luciano Acocella, l’œuvre sera mise en scène et en costumes par Francesco Esposito. Ces artistes précités se produiront tous pour la première fois à Liège.

Et la saison se terminera comme elle aura commencé par un magistral Verdi. « Don Carlo » sera mis en scène par l’ancien directeur général liégeois et nouveau directeur général monégasque, Jean-Louis Grinda qui a réalisé cette mise en scène à Tel Aviv et à Zagreb et qui en confiera la réalisation à Liège à Claire Servais. Sous la direction musicale de Bruno Campanella, nous réentendrons deux des artistes de la distribution de la « Tosca » (Monique Mc Donald et Yonghoon Lee) ainsi que la mezzo hongroise Ildiko Komlosi et le chinois Hao Jiang Tian. « Don Carlo » sera représenté à Liège, les vendredi 20, mardi 24, jeudi 26 et samedi 28 juin à 20 heures ainsi que le dimanche 22 juin à 15 heures.
L’Opéra Royal de Wallonie complète sa programmation par des œuvres pour les jeunes (« La Reine des Fées » en octobre 2007 et « Max et les Maximonstres » du 27 au 29 février et le 2 mars 2008), par des concerts gratuits certains dimanches à 15 heures, par un concert d’été les samedi 18 août 2007 à 20 heures et le dimanche 19 août à 15 heures, concert qui vous permettra d’écouter au Théâtre Royal de Liège des ouvertures d’opéra et des grands airs de chœurs sous la direction d’Edouard Rasquin, des concerts des lauréats du concours international de chant 2008 Reine Elisabeth (l’orchestre de l’O.R.W. dirigé par Gunther Neuhold se produisant le mercredi 4 juin 2008 à 20 heures en la Salle philharmonique du Boulevard Piercot à Liège, le jeudi 5 juin à 20 heures au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et le samedi 7 juin à 20 heures au Théâtre Royal de Mons) puis, en collaboration avec le Théâtre de la Place, un spectacle de la Compagnie Rosas chorégraphié par Anne Teresa De Keersmaeker sur une musique minimaliste de Steve Reich (le jeudi 14 février à 20 heures au Théâtre royal), etc…
En outre le Petit Théâtre de l’ORW avec sa Maîtrise (« A propos de bottes » en avril-mai 2008) et la collaboration du Théâtre Arlequin (« Ma vie avec Mozart » d’Eric-Emmanuel Schmitt en octobre 2007 et « Le chien de Baskerville » de Sir Arthur Conan Doyle en février et mars 2008 ) accueillera en outre des spectacles du Théâtre du Marais (« Le Banquet de Barbe-Bleue d’après Charles Perrault en novembre et décembre 2007), le tour de chant de Nathalie Pâque (les 26, 27 et 28 octobre), le festival « Emulation » du Théâtre de la Place (du 31 octobre au 10 novembre), le P.A.’SS Théâtre (« On ne refait pas l’avenir » d’Anne-Marie Etienne, en mars 2008) ainsi que les Midis de la Maison du Jazz (à midi quart les mercredis 19/9, 17/10, 21/11 et 19/12/2007 ainsi que 16/1, 20/2, 19/3 et 16/4/2008).

Mais pour plus de détails consultez le site www.orw.beou adressez-vous à la billetterie ouverte du lundi au samedi de midi trente à 18 heures 1 rue des Dominicains 4000 Liège (Tél. : 04 221 47 22 Courriel :location@orw.be).





Jean-Marie ROBERTI