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Politique

Mis en ligne le 03/10/2005

Elio Di Rupo succédera à Jean-Claude Van Cauwenberghe comme ministre-président du Gouvernement wallon

C’est à l’issue de la réunion du bureau du PS à Bruxelles, lundi après-midi que l’on a appris que le président du P.S. Elio Di Rupo succéderait, comme ministre-président du gouvernement wallon à Jean-Claude Van Cauwenberghe qui a démissionné le vendredi 30 septembre dernier, suite à l’affaire dite « La Carolorégienne ».
C’est que depuis vendredi soir, nombreux étaient celles et ceux qui, tant au niveau des instances du P.S. mais aussi parmi les membres CDh de la coalition du gouvernement wallon, espéraient qu’Elio Di Rupo accepterait de prendre les rênes de la Région wallonne.
En effet, après le séisme provoqué par l’affaire, il fallait quelqu’un qui soit capable de permettre au gouvernement wallon de continuer à mettre en place le « plan Marshall » mais aussi à ramener une certaine sérénité vis-à-vis des socialistes. Or, jusqu’à preuve du contraire, un seul homme pouvait remplir ces missions.
Concernant le « plan Marshall » (qui a reçu l’aval des organisations syndicales mais également des organisations patronales wallonnes), il faut savoir que l’idée en revient à Elio Di Rupo et qu’il en est un des rédacteurs.
Par ailleurs, au niveau du parti socialiste, c’est probablement le président par lequel les réformes structurelles du parti (notamment au niveau de la déontologie) – réformes dont il a bien besoin pour retrouver une crédibilité quelque peu écornée ces derniers jours – se mettront en place.
D’ailleurs il y travaille déjà depuis belle lurette, voulant ainsi rompre avec l’idée que l’on se fait d’un parti socialiste dont certains avaient tendance à faire un peu n’importe quoi allant notamment à contre-courant de l’idéal socialiste.
C’est donc à l’unanimité que le bureau du P.S. a demandé à Elio Di Rupo qui a accepté d’être le prochain ministre président de la Région wallonne, tout en restant président du P.S.
Ce mardi 4 octobre, un « Congrès statutaire extraordinaire » du P.S. changera les statuts du parti et permettant ainsi à Elio Di Rupo de cumuler son poste de président de parti et celui de ministre-président de la région wallonne.
Du coup certains (des Ecolos et des MR) ont déjà crié que cela n’était pas bon pour la Wallonie, que cela allait encore renforcer la domination du P.S. etc, des vertes et des pas mûres. Concernant son cumul avec celui de président du P.S. que l’on, demande à Didier Reynders comment il fait pour cumuler son mandat de ministre fédéral des Finances et celui de président du M.R.

Réactions de Willy Demeyer, président de la Fédération liégeoise du P.S et bourgmestre de Liège

A l’issue de la réunion extraordinaire du bureau du P.S. de ce lundi nous avons pu joindre Willy Demeyer, président de la Fédération liégeoise du parti socialiste et lui avons demandé son sentiment sur la décision prise.
« Je pense que c’est la meilleure des solutions. D’ailleurs tant au niveau du parti qu’au niveau du CDh, mais aussi de la part de certains Ecolos, tout le monde est d’accord pour dire que c’est lui qui devait devenir ministre-président.
C’est important qu’il ait accepté, d’une, par rapport au parti bien entendu, mais aussi et surtout pour la mise en place du plan « Marshall ».
Ce mardi, cette décision sera bien évidemment approuvée par le Congrès comme elle l’a été par le bureau aujourd’hui.
Je pense par ailleurs qu’Elio Di Rupo, qui a une capacité de travail assez extraordinaire n’aura aucune difficulté à assumer son travail de ministre-président de la Région wallonne et celui du président du P.S. Au niveau du parti, il y a un secrétariat qui fonctionne très bien et qui a été renouvelé et ensuite, il s’occupait déjà des affaires de la région bien avant. Donc je crois qu’il n’y aura aucun problème à ce niveau là. »
Willy Demeyer devait aussi nous confier que le bureau du P.S. avait déjà pris plusieurs résolutions concernant l’éthique de fonctionnement au niveau des mandataires PS, qu’un délégué responsable aurait à vérifier pas mal de choses en interne et qu’un audit sera rapidement réalisé au niveau des élus. En ce qui concerne les « logements sociaux liégeois » : « Il n’y a aucun problème de ce côté, j’ai vu tous les chiffres et c’est plutôt encourageant… » devait-il nous dire aussi.

Mais qui est Elio Di Rupo ?

Elio Di Rupo, qui était bourgmestre de Mons jusqu’à ce qu’il se démette (conformément à la loi communale) a, dans la foulée, décidé d’abandonner tous les mandats rétribués qu’il occupait jusqu’à présent. Mais sait-on vraiment qui est cet homme qui a fait une fulgurante ascension sur une vingtaine d’années ?
Elio Di Rupo est né à Morlanwelz le 18 juillet 1951 et est le cadet d'une famille d'immigrés italiens de sept enfants venus en Belgique travailler dans les mines de charbon. Il sera orphelin de père dès l’âge d’un an.
A 20 ans, il devient technicien chimiste mais poursuit ses études et obtient une licence (avec grande distinction) en chimie à l’Université de Mons. C’est en travaillant dans un café qu’il payera ses études. Il obtiendra même un doctorat en sciences à l’université de Leeds (Grande-Bretagne).
Il sera ensuite chercheur et assistant à l'Institut National Interuniversitaire des Matériaux à l'Université de l'Etat à Mons. En 1985 il devient Directeur de recherches et inspecteur général à l'Inspection générale de l'Energie au ministère de la Région wallonne.
C’est alors qu’il entre en politique et fera partie des cabinets à l'Exécutif wallon et devient conseiller communal à Mons de 1982 à 1986. Il sera échevin de la Santé et de la Rénovation urbaine (environnement) et des Affaires sociales à Mons de 1986 à 1987. Elu député de l'arrondissement de Mons en 1987, il quitte ce mandat pour un siège au parlement européen en 1989. Il revient sur la scène nationale aux élections de novembre 1991, comme sénateur et avec 31.000 voix de préférence. En janvier 1992, il rejoint l'Exécutif de la communauté française, et prend en charge l'Education et en 1993, il aura aussi en charge l’audiovisuel.
A la suite de la démission de Guy Coëme (affaire Agusta) il entre au gouvernement fédéral en janvier 1994 et devient vice-premier ministre et ministre des Communications et des Entreprises publiques. Le 21 mai 1995, il est à nouveau élu député dans l'arrondissement de Mons et devient vice-premier ministre en charge de l'Economie et des Télécommunications. Il sera ensuite chargé également du Commerce extérieur.
Après les élections de 1999, il devient ministre président wallon d’un gouvernement « arc-en -ciel » et rédige le «Contrat d'avenir pour la Wallonie ».
En octobre de la même année, il est élu président du P.S. (avec 71% des voix au suffrage universel des membres du parti et c’est une première) et quitte la présidence du gouvernement wallon. Il est remplacé par Jean-Claude Claude Van Cauwenberghe.
Suite aux élections communales de 2000, il devient bourgmestre de Mons et est élu député en mai 2003 suite aux dernière élections législatives. Nommé « informateur » par le Roi le 21 mai 2003, il rédige le texte de base sur lequel s'appuie la nouvelle majorité fédérale "violette" actuellement au pouvoir.
Pendant les vacances, Elio Di Rupo, constant qu’il était urgent de relancer toutes les activités en Wallonie, lançait l’idée d’un plan « Marshall » ou « plan de relance de la Wallonie » qui était présenté par le Gouvernement wallon en août. (Voir notre article du 1er septembre dernier).

Ils ne sont pas tous pourris

Pour certains (des M.R et des Ecolos), le « scandale de la Carolorégienne » signifiait ipso facto la fin du « plan Marshall ». Certains ont même espéré que le Gouvernement wallon ne s’en remettrait pas. Pour notre part, nous persistons à dire que ce qui s’est passé à Charleroi, si effectivement c’est très grave, n’est pas le fait de tous les mandataires, qu’ils soient socialistes ou autres. Les hommes sont ce qu'ils sont avec leurs qualités mais aussi leurs défauts et leurs faiblesses.
Dans le cas qui nous occupent, si les trois mandataires politiques carolorégiens (qui sont inquiétés actuellement) ont failli à leur devoir de mandataire, à leur idéal de socialiste, ils en subiront les conséquences. D’ailleurs Elio Di Rupo a très rapidement et très énergiquement pris les décisions qui s’imposaient en tant que président du parti. Et c’est bien ainsi.
Et quant à dire que tout est pourri en politique en Wallonie, nous laisserons cela à ceux qui aiment manier le verbe poujadiste et qui font ainsi le lit d’une « peste brune » qui n’attend que cela.





Gaston Lecocq