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Expositions

Mis en ligne le 28/03/2007

L’Atelier d’Emmanuelle : «Les paysages de l’âme»

Li YI - Maelle Vivegnis - Laura Soriano - Liangchen QU - Avec « l’absence » de Colette Schenk…

Indépendamment de l’exposition centrale organisée au parc de la Boverie, la sixième biennale permet un parcours d’artistes traversant la Province de Liège. « Le dépliant » fournit par le Musée d’Art Moderne propose en effet 19 expositions s’étalant jusqu’au 11 mai à Liège, Huy, Flémalle, Chénée, Marchin, Wégimont…
Chaque galerie a fait un choix d’œuvres différentes de celles exposées au musée d’art moderne. Si un artiste vous accroche vous pouvez le suivre dans des expositions plus personnelles.

Le groupe des estampillés

L’atelier d’Emmanuelle accueille «les estampillés», cinq artistes faisant partie d’un même groupe et suivant l’enseignement de Dacos.
Chacun ayant derrière lui ou derrière elle un nombre d’années différentes d’enseignement. Il n’en ressort pas moins une très belle exposition d’ensemble sur le thème « des paysages de l’âme »
Cinq artistes 37 œuvres . Du moins une demi-heure avant l’ouverture. Puis patatras! Une artiste décroche furieuse et fait son propre débat sur le trottoir… Nous avons eu le temps de jeter plus qu’un regard sur les gravures de Colette Schenk. Prémonition ?
Elle expose des vagues exprimant la solitude d’une banquise, des plages roses, bleues, ocres ternies par la présence de palissades. Colette Schenk a la fascination de la mer de ses secrets et de ses rejets…
Au-delà du malaise, au-delà de l’erreur de retirer son art quelles qu’en soient les raisons, en l’occurrence elle n’aurait pas apprécié une réévaluation à la hausse de ses œuvres (les prix de l’ensemble des artistes sont en fait très abordables, aucune œuvre ne dépasse 250 euros mais la galeriste voulait éviter un bradage d’eux-mêmes par l’équipe), l’artiste laisse un mur blanc qu’elle devrait sincèrement reprendre lorsque ses sentiments revendront à marée haute. Je le souhait en tout cas pour l’ensemble du groupe et l’équilibre de l’exposition.

Une découverte multiculturelle

Deux chinois, une espagnoles, deux belges, voilà un patchwork de sensibilités différentes mais l’ensemble du groupe a le même « maître » Dacos.
C’est bien « une école liégeoise » qui les a fait se rencontrer et ce sont bien des paysages de l’âme qu’ils offrent à notre regard. Pour chacun et chacune, la gravure s’avère un parcours initiatique. Que l’on passe du toucher du papier au toucher de la plaque de métal et à l’odeur de l’encre. Cette odeur qu’ont en commun graveurs et journalistes… La gravure ouvre la porte à toutes les inspirations…

Il serait tentant de comparer deux artistes chinois au niveau de leur similitude, d’y voir une expression commune. Ce serait une erreur fondamentale, non en terme de talent affirmé et en devenir, mais en terme de création.
Li YI c’est un touche à tout à la Léonard De Vinci. Photographe, peintre, graveur… Il utilise d’ailleurs ces trois techniques dans ses gravures. Liangchen Qu associe l’eau forte au gaufrage. Tous deux ont une attirance pour le rouge et le noir mais avec un toucher extrêmement différent. Chez Liangchen Qu c’est une vision de puzzle à confectionner qui saute aux yeux.
Ses montagnes sont de véritables emboîtements. Une gravure est à la limite d’un graphique statistique…
Viennent ensuite les phantasmes. Corps de femme, seins, fragment de jambes…
Li Yi c’est autre chose. C’est plus fort. Plus dangereux, moins palpable et plus secret. Avec ce sentiment qu’une porte va révéler une autre porte. Ses rouges théâtralisent, dramatisent, hallucinent. Pouvoir, révolte, luxure… Mémoire des hommes…

Ruines et psychanalyse

Laura Soriano c’est le petit bout de femme mince, à la chevelure noire, tout aussi souriante que déterminée à affronter la vie et à combattre ses injustices. Ses gravures ont une continuité, excepté l’une d’elle intitulée « psychologie »et représentant un arbre….Une manière de nous renvoyer à notre identité ?
Ses gravures sont à la fois des destructions, murs qui s’effritent et nostalgies sous des esquisses presque médiévales.
Difficile de ne pas faire abstraction de l’inconscient collectif espagnol de la guerre civile chez cette jeune femme venue à Liège au départ en Erasmus et originaire de Valence. Elle porte un regard plus pragmatique sans pour autant nier l’éventuelle influence… « Ce que je montre par mes gravures mais aussi mes photos, c’est un abandon voulu de certains quartiers dans les villes touristiques espagnoles, un jeu de l’immobilier, l’affairisme, c’est effectivement une partie de mon vécu à Valence »

Quand la gravure devient fable

Maëlle Vivegnis est spontanée, se moque par superstition de ses œuvres en les intitulant de manière presque dérisoire mais surtout gouailleuse « les ouazos ».
Ses « ouazos » ont du bec, du style et ce je ne sais quoi qui les rend terriblement humains, un peu à l’image des fables de la Fontaine. Derrière l’animal, il y a tous les défauts de l’homme.
Ses « ouazos » je les regarde comme notre propre caricature, ils sont tout à la fois circonspects, prétentieux, colériques, intrigants, anxieux. Quand ils se regroupent, ils sont masse oiseuse, vile populace s’attaquant au fondement dune société rigoureuse…

Jean Pierre Keimeul

« Les paysages de l’âme » exposition visible jusqu’au 8 avril. Atelier d’Emanuelle 2 quai de la Goffe B. Ouvert du mercredi au samedi de 13H30 à 18H. Le dimanche de 10H30 à 14h.
Contact 0473/ 384178. Courriel e.gialone@yahoo.com