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Reportage

Mis en ligne le 23/03/2007

Entendu pour vous à la tribune du «Grand Liège»


A en juger par les sept tables à huit convives disposées dans la vaste salle des pas perdus de l’Hôtel de Ville, les membres du « Grand Liège » sont plus proches du Cardinal de Richelieu que de Louis XIII. Leur président Jean-Maurice Dehousse dans la lettre d’invitation à la conférence du Président du Parlement wallon sur le thème « L’Avenir de la Belgique et le projet de Constitution Wallonne » commençait par cette anecdote : « L’avenir », répondait le Cardinal de Richelieu au Roi Louis XIII, « n’appartient à personne, il appartient à Dieu ».Pouvons-nous nous satisfaire de cette réponse, en Belgique au XXIème siècle ? Très probablement non ». Le président Dehousse s’est trompé au point que deux jours avant la conférence, il n’y avait encore que vingt-sept inscrits pour écouter José Happart qui rassemblait, en juin 1989, 308.117 électeurs ! On a battu le rappel. Jeudi soir, il y avait, notamment, dans la salle, l’affriolante Samantha, la babillarde Amélie, la fidèle Nicole, les lauréats du Tournoi d’Eloquence de l’Athénée Charles Rogier et des hommes d’affaires qui sont généralement de fins fusils. Hormis le sénateur Jean-Marie Happart et le député wallon Christophe Collignon, accompagné de son papa Robert, le lion d’Amay, il n’y avait aucune personnalité politique présente. Pourtant, la plupart d’entre elles sont membres de l’association fondée en 1936 par Georges Truffaut. A croire que la classe politique membre du Grand Liège avait fait choix du boycott.

José Happart et Jean-Maurice Dehousse, des amis et non des alliés

C’est quasi mission impossible que de présenter José Happart à Liège. Le président Dehousse s’y est risqué en évoquant son ami José. « En politique, on n’a pas d’amis. On a des alliés. José, lui, est une exception. Il est mon ami, je suis son ami ». Et de raconter l’un ou l’autre moment de cette amitié. Ensuite, José Happart a pris la parole rappelant son combat en faveur des Fourons. Il met en évidence que rien n’est éternel pas même la Belgique. Il convient de préparer l’avenir – c’est le sens du projet de Constitution wallonne. Il regrette que les trois personnes qui président les formations francophones dans leur ambition de devenir, au lendemain du 10 juin, Premier Ministre, ou à tout le moins Vice, adoptent un profil bas face à la Flandre. José Happart a ce trait qui fait mouche en qualifiant Joëlle Milquet, « l’Ava Gardner de la politique ». Sa conférence a duré 35 minutes.

Dites «cinéma wallon»

Est venu le temps des questions-réponse. Fidèle à une tradition bien ancrée, Lily Portugaels - directeur honoraire de « La Gazette de Liége » - a ouvert le feu. Lui succède une mini-conférence de Robert Collignon qui fustige Marie Arena, qui avec l’appui de son président, contraint les jeunes d’apprendre le flamand avant toute immersion en anglais. Robert Collignon se dit excédé d’entendre parler du « cinéma belge » alors qu’il conviendrait de parler de « cinéma wallon » avec les Dardenne, Poelvoorde, Marie Gillain, Cécile de France et d’énumérer un casting extraordinaire totalement wallon. En guise de remerciement, le Président Dehousse a offert, tant à José Happart qu’à son frère jumeau, un Tchantchés qui leur tiendra souvenir de leur entrée dans le sexagénariat, le 14 mars 2007 !





Pierre ANDRE