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Université

Mis en ligne le 21/03/2007

Dix nouvelles personnalités scientifiques et politiques recevront le titre de Docteur honoris causa le 29 mars

L’Université de Liège décernera le jeudi 29 mars 2007 les insignes de Docteur honoris causa à huit personnalités scientifiques internationales ainsi que, sur proposition des autorités universitaires, à Roger Lallemand, ministre d’Etat, et Václav Havel, ex-président tchèque (empêché, les insignes seront remis à SE.M. l’ambassadeur de la République tchèque).
La séance académique présidée par le recteur Bernard Rentier se tiendra à partir de 15h00 aux Amphithéâtres de l’Europe sur le campus du Sart Tilman de l’Université de Liège.

Les insignes de Docteur honoris causa seront décernés à :

- Sur proposition de la Faculté de Droit
Jacqueline MORAND-DEVILLER(Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne)
Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, docteur en droit et agrégée de droit public et sciences politiques, elle se spécialise en droit administratif et plus particulièrement en droit de l’urbanisme, de l’environnement et du domaine public. Aucun débat public n’échappe à son analyse (crise du domaine public, partenariat public-privé, charte de l’environnement, services publics, etc.). J. Morand-Deviller préside l’Association internationale de droit de l’urbanisme.

- Sur proposition de la Faculté des Sciences
Girish Saran AGARWAL (Oklahoma State University)
Titulaire de la “Noble Foundation Chair” de l’Oklahoma State University depuis 2005, le professeur Agarwal a contribué de manière significative au développement d’institutions universitaires renommées dans son pays d’origine, l’Inde. Il est une sommité mondiale en optique quantique, physique des lasers et en mécanique quantique, titulaire de plusieurs prix prestigieux : Third World Academy of Sciences Prize in Physics (1994), Humbold Research Award (1997), une très haute distinction scientifique en Allemagne.
Christopher Martin DOBSON (University of Cambridge)
Docteur en chimie d’Oxford, C. Dobson a enseigné à Harvard et au MIT aux USA, a dirigé l’Oxford Centre for Molecular Sciences avant d’occuper, depuis 2001, la prestigieuse chaire John Humphrey Plummer de chimie et biologie structurale. Il est un des plus grands connaisseurs au monde des mécanismes mis en œuvre lors du repliement des protéines. Il s’intéresse depuis quelques années aux phénomènes de mauvais repliement des protéines, ces structures particulières étant impliquées dans le développement des maladies à prions, la maladie d’Alzheimer, de Parkinson, et des maladies associées au vieillissement.
Sur proposition de la Faculté de Médecine
Nancy Lee HARRIS (Harvard Medical School)
Docteur en médecine de Stanford, N. Harris est professeur de pathologie à l’Université d’Harvard et directeur de programme de fellowship en Hématopathologie à la Harvard Medical School. Ses recherches et observations clinico-pathologiques sont des contributions majeures à la compréhension des maladies lymphoprolifératives : lymphomes à grandes cellules du médiastin, découverte du gène cible de l’altération génétique caractéristique des lymphomes centrocytoides, critères diagnostiques des lymphoproliférations extraganglionnaires, caractérisation phénotypique des cellules tumorales de la maladie de Hodgkin, … En 1994, elle est à la base de l’actualisation de la classification des tumeurs hématologiques sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Jean-Michel DUBERNARD (Université de Lyon I)
Ancien interne de la Harvard Medical School, docteur en médecine et en biologie humaine, J.-M. Dubernard est professeur à l’Université de Lyon I, chercheur à l’Inserm, et a dirigé le service d’urologie et de chirurgie de la transplantation de l’Hôpital Edouard Heriot. Il est un « monstre sacré » de la transplantation, réalisant les premières allogreffes pancréatique et de la glande surrénale (1977), la première allogreffe d’une main (1988) et la première allogreffe des deux mains (2000). Il est également à l’origine de la spectaculaire greffe de visage effectuée en 2005 avec le professeur Devauchelle à Amiens. Cette prestigieuse carrière scientifique se double d’une importante carrière politique, J.-M. Dubernard étant Député du Rhône à l’Assemblée nationale, président de la Commission des Affaires culturelles, familiales et sociales.
Axel KAHN (Institut Cochin, Paris)
Docteur en médecine et docteur en sciences, A. Kahn a effectué la plus grande partie de sa carrière scientifique à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) où il a assumé, pendant près de 20 ans, la fonction de directeur du Laboratoire de recherches en génétique et pathologie moléculaires. Depuis 2001, il est directeur de l’Institut Cochin. Les recherches d’A. Kahn font école en génétique humaine. Parallèlement, il contribue à de nombreux débats éthiques concernant les biotechnologies, le clonage humain ou l’assistance médicale à la procréation. Il a participé à de nombreux comités d’expertise et de gestion de la recherche : Comité consultatif national de bioéthique, Conseil de la recherche de l’Ecole Polytechnique, … Il a également présidé le Groupe des experts de haut niveau sur les sciences de la vie auprès de la Commission européenne.

- Sur proposition de la Faculté des Sciences appliquées
Sanford A. KLEIN (University of Wisconsin-Madison)
C’est à l’Université du Winsconsin que S. Klein réalise la plus grande partie de sa carrière scientifique, d’abord en chemical engineering puis en mechanical engineering. Il est l’auteur ou coauteur de huit programmes d’ordinateur utilisés partout dans le monde, dont deux sont aujourd’hui des « best sellers » utilisés notamment par les étudiants dans le monde entier : TRNSYS, programme de simulation des systèmes thermodynamiques et EES, solveur d’équations adapté au développement de modèles des systèmes thermodynamiques.

- Sur proposition de la Faculté de Médecine vétérinaire
Moshe SOLLER (The Hebrew University of Jerusalem)
M. Soller est un des pionniers de la recherche sur les QTL (Quantitative Trait Loci), des gènes qui, en génétique animale, jouent un rôle prépondérant dans les schémas de sélection et sous-tendent la variation génétique pour des caractères quantitatifs. A force de persévérance, il a suscité l’intérêt croissant de ses collègues et fini par entraîner beaucoup d’entre eux dans la voie des QTL. Il a développé des schémas expérimentaux devenus des classiques, dont le « grand-daughter design » qui exploite le progeny-test, le génotypage sélectif et le pooling d’ADN. Ces stratégies sont aujourd’hui utilisées dans presque tous les laboratoires engagés dans la cartographie et l’utilisation des QTL chez les animaux domestiques. M. Soller a également joué un rôle déterminant dans la mise en place des programmes de recherche visant à identifier les causes de la trypanotolérance des bovins N’Dama.

- Sur proposition des Autorités universitaires
Roger LALLEMAND, ministre d’Etat
Ministre d’Etat, Président honoraire du Sénat, Roger Lallemand est une grande figure du monde politique, judiciaire et intellectuel belge. Sa vie parlementaire et d’avocat est marquée par la défense des droits humains fondamentaux et un très fort engagement dans les débats éthiques. Comme avocat, il s’est illustré en défendant Régis Debray, emprisonné en 1967 en Bolivie, ou le Dr Willy Peers, poursuivi en 1973 pour avortement. Au Sénat, il est coauteur avec Lucienne Herman-Michielsens, de la loi sur la dépénalisation partielle de l’avortement (1990) ; coauteur de la proposition de réforme constitutionnelle reconnaissant la laïcité (2002), ou encore de propositions de loi réprimant la corruption, interdisant les mines antipersonnel (loi qui fut reprise comme modèle dans le Traité d’Ottawa). Il est aussi à l’origine de la loi sur la reconnaissance légale des traitements de substitution, ainsi qu’à celle relative à la dépénalisation de l’euthanasie. Il a co-présidé, en 2004 et 2005, la Commission du Dialogue Interculturel. Au niveau européen, il a représenté la Belgique au sein de la Convention chargée de la rédaction de la Charte des droits fondamentaux. Il est actuellement membre du Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique et Président de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie.

Václav HAVEL (Président de la Tchécoslovaquie,1989-1992, et de la République tchèque, 1993-2003)
Václav Havel est l’écrivain et dramaturge tchèque le plus original de l’après-guerre, une grande figure intellectuelle dont l’aura a dépassé son pays d’origine pour s’imposer à toute la communauté internationale comme un symbole de la défense des libertés et de la démocratie. Avec de nombreux intellectuels, il jette les bases d’une contestation politique qui culminera en 1968 avec le « Printemps de Prague ». Après la « normalisation », V. Havel voit ses œuvres censurées par le régime et la poursuite de son action le mène à plusieurs reprises en prison. La lettre ouverte qu’il adresse en 1975 au président tchécoslovaque, dans laquelle il dénonce la situation critique de la société et la responsabilité du régime politique, connaît un large retentissement et le fait connaître sur la scène internationale comme un représentant de l’opposition intellectuelle tchécoslovaque. Il est l’un des fondateurs et porte-paroles de la Charte 77 (créée le 1er janvier 1977), une organisation de défense des droits de l’homme en Tchécoslovaquie. En novembre 1989, il est à la tête d’un mouvement populaire, le « Forum civique », et devient un personnage clé de la « Révolution de Velours » qui aboutira à la chute « en douceur » du régime communiste et à son élection à la présidence de la Tchécoslovaquie. En janvier 1993, il est élu premier Président de la République tchèque (réélu en 1998). Il se retire de la vie politique au terme de son mandat en 2003.