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Il y a déja

Mis en ligne le 01/10/2005

Expo Universelle de 1905: Comme si " Proxi-Liège " y était allé. N° 23

En 2005, l’Exposition Universelle d’Aichi au Japon a fermé ses portes. En 1905, l’Exposition Universelle de Liège continue de les maintenir ouvertes. Il est vrai que Liège s’est mise en branle un peu plus tard dans le courant de l’année. Mais, il est grand temps pour qui n’a pas encore parcouru tous les lieux de plaisirs de l’Expo de le faire car le 5 novembre, tout sera irrémédiablement clos.

Fini d’embarquer sur les gondoles vénitiennes au pied des bâtiments de l’Union nautique. Un siècle plus tard, en 2005, un Liégeois Paul Delaye, représentant la Chambre de Commerce et d’Industrie auprès des instances communales, travaille sur un projet qui vise à faire revenir les gondoles à Liège.

Le Quartier de l’Extrême-Orient

A droite de l’entrée Fétinne, en face des grands halls, se trouve sur le site des Vennes, le « Quartier de l’Extrême-Orient ». Ce « Quartier » constitue incontestablement une des plus grandes et originales attractions de l’Expo. L’entrée est d’un prix abordable (un € cinquante) vu tout ce que l’on peut y découvrir. Sans vouloir être exhaustif, il y a notamment « le Sérail du Radjah » qui présente des beautés orientales comme jamais notre ville n’en a connu. Les incomparables artisans de l’Abyssinie et de la Haute-Egypte – des contrées encore peu fréquentées par nos concitoyens même les plus aisés – sont présents au « Bazar Soudanais ».
Les secrets des anciens fakirs indiens et du buidhisme (que l’on nommera bouddhisme dans le courant du 20ème siècle) – secrets les mieux gardés jusqu’à présent – seront dévoilés « Au Bijou Théâtre ». Il est possible tout en demeurant dans l’enceinte du « Quartier de l’Extrême-Orient », d’assister à des représentations extraordinaires d’une pantomime à grand spectacle « Ceylon ». Quand nous aurons dit que la partie musicale est assurée par le « Grand Orchestre Khédivial du Caire », gageons que l’on se souviendra longtemps de la vue splendide que l’on a eu sur les Grands Halls, durant l’Expo, depuis les « Terrasses Orientales ». Que dire des glaces succulentes dégustées sur ces terrasses ?

Le Photorama

Avant que les Frères Dardenne ne porte la gloire du cinéma du Pays de Liège dans le monde entier, les Frères Lumière se sont transportés au Pays de Liège, à l’Expo de 1905, pour y présenter leurs deux dernières trouvailles, le « Photorama » et le «Nouveau Cinématographe ». Les spectacles sont permanents. Il en coûte davantage pour découvrir le « Photorama » - trois € - que pour assister au « Nouveau Cinématographe » - un € septante cinq. Il est vrai que le « Nouveau Cinématographe » ne se différencie de l’ancien que par un confort accru de vision. Au lieu de tressauter, l’image est stable et « n’occasionne plus cette fatigue aux yeux qui rendait souvent insupportable une séance de projections animées ». Outre des séquences comiques, à même de dérider les plus tristes, on peut y voir des images atroces des combats que se sont livrés en Mandchourie, forces japonaises et russes notamment la prise de Moukden par les Japonais et le repli sur Kharbin des troupes russes du général Kouropatkine. Heureux est-on du Traité de Portsmouth conclu récemment dont on peut croire qu’il est définitivement le dernier à régler pareil conflit. Nous ne pouvons imaginer que notre siècle puisse connaître d’autres conflits compte tenu des chemins du progrès magistralement illustrés par notre splendide Expo de 1905.
Plus intéressant que le « Nouveau Cinématographe » est incontestablement le « Photorama ». A l’aide de la photographie, il permet « une projection fixe des vues panoramiques du monde entier ». Pas moins de deux mille panoramas sont ainsi présentés durant la durée de l’Expo. De quoi reléguer les rêves de Jules Verne. Le principe du « Photorama » est simple. Il consiste à placer sur une plate-forme centrale, le spectateur « qui pourra donc voir une série de vues de tous pays, rendues avec la plus grande vérité, en grandeur naturelle, avec le relief et les couleurs de la nature ». Foi de moi, le « Photorama » est appelé à un bel avenir ! (à suivre)





Pierre André