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Musique

Mis en ligne le 30/09/2005

Entendu pour vous ! Le retour des "Concerts de midi"

Dix musiciens de très grand talent célèbrent, devant un public enthousiaste, le retour des Concerts de midi dans la Salle académique rénovée de l’Université

C’est dans la Salle académique rénovée de l’Université de Liège, place du XX Août qu’a eu lieu le concert de rentrée de la 57ème saison des Concerts de Midi qui (de 12h 40 à environ 13 h 30 ) sont consacrés à la musique de chambre, lors de deux douzaines de jeudis, du 29 septembre au 15 décembre 2005 puis du 19 janvier au 6 avril 2006.
Ce n’est pas sans une certaine surprise, teintée à vrai dire de nostalgie, que nous avons retrouvé la Salle académique devenue une précieuse bonbonnière avec ses ors, ses stucs, ses harmonies de blanc, de crème et de rose (plus pâles que ceux du réfectoire des moines à l’abbaye de Stavelot) et sa tribune truffée d’informatique. On m’a assuré que les cinq W dorés au plafond ne célébraient ni noss Willy (le Baron Legros, Recteur honoraire), ni même la Wallonie mais bien le Roi de Hollande, Guillaume d’Orange Nassau dont le prénom, à l’époque de la fondation de l’U. Lg., se disait Wilhem. Toujours est-il que la plaque rappelant les cours donnés en ce lieu par Sainte-Beuve comme les statues de certains de nos anciens souverains ont disparu alors que ces symboles avaient pourtant été respectés par tous, y compris même par les étudiants contestataires d’octobre 1968 qui (sous l’autorité du regretté Ludo Wirix, de l’actuel Gouverneur de la Banque Nationale Guy Quaden et de Thierry Grisar, devenu un brillant Professeur ordinaire de la Faculté de Médecine) occupèrent cette salle académique au grand dam du Recteur Dubuisson (dit le Tzar Tilman). O tempora, o mores…(voir pages roses du petit Larousse).
Et revenons aux choses sérieuses. En plus d’un demi-siècle, sous seulement trois directions artistiques, les Concerts de midi ont beaucoup voyagé de l’Emulation à la Salle Académique et du Théâtre Universitaire aux sous-sols de la Place Saint-Lambert. Leur retour dans une lieu au confort accru fut célébré ce jeudi 29 septembre avec éclat devant près de 250 personnes enthousiastes. En collaboration avec le dixième Festival Mozart de Waterloo, dix artistes de très grand talent interprétèrent deux œuvres d’une exceptionnelle beauté. D’une extrême vigueur et d’une grande richesse d’inspiration , le « Geister-Trio » (Trio n°5 en ré majeur, opus 70 n°1) de Beethoven s’inspire d’une scène de sorcières dans un Macbeth allemand (de J. Heinrich von Collin). L’interprétation du grand pianiste franco-libanais, qui fut, en 1978, à moins de 20 ans, premier lauréat du Concours Reine Elisabeth, Abdel-Rahman El Bacha, du violoncelliste ukrainien Alexander Dmitriev, ancien « Soliste de Moscou », et du violoniste Olivier Charlier, connu notamment pour son duo avec Brigitte Engerer, s’avéra un premier moment de grâce. Le second nous fut offert par l’Octuor pour quatre violons, deux altos et deux violoncelles en mi bémol majeur, opus 20, de Félix Mendelssohn-Bartholdy.
Alors que sa famille emménageait en 1825 dans une fastueuse demeure à Berlin, un garçon de seize ans et demi, entre la traduction d’une pièce latine de Térence et la confection de deux actes d’opéra, composa cet octuor. A son propos Schumann déclara : « Ni dans les temps anciens, ni de nos jours, on ne trouve une perfection plus grande chez un maître aussi jeune ». Ce génial adolescent était encore aux prises avec le style mozartien. Les quatre mouvements de cette composition s’enchaînent merveilleusement comme une grande et belle symphonie orchestrale et les huit interprètes furent à la hauteur de ce chef d’œuvre, qu’il s’agisse du très brillant violoniste israélien Hagai Shaham, de la violoniste anglaise Priya Mitchell, des violonistes Olivier Charlier, membre du précédent trio, et Jerrold Rubenstein , qui a enregistré l’intégrale des Poèmes du Liégeois Eugène Ysaye, des altistes Daniel Rubenstein et Vladimir Mendelssohn ou des violoncellistes Michael Haran, soliste du Philharmonique d’Israël et Luc Dewez, professeur au Conservatoire de Mons. Que Philippe Gilson qui a annoncé, après une vingtaine d’années de direction artistique, entamer sa dernière saison dans cette fonction soit remercié de la qualité de ce concert.

Vous pouvez par ailleurs consulter sur ce site le programme des vingt-trois autres prestations 2005-2006 et Philippe Gilson reste à la disposition de chacune et de chacun pour toute information complémentaire (Téléphone mobile 0496 42 49 54 et courriel : philippe.gilson@jean-rogister.be





Jean-Marie Roberti