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Société

Mis en ligne le 28/09/2005

Violences conjugales : un colloque y sera consacré le 11 octobre à Liège

La justice face aux violences au sein du couple : nouveaux défis, nouvelles articulations, en Belgique, en Europe et au Québec

Sujet tabou la violence au sein des couples ? La province de Liège et son département des Affaires Sociales, le Parquet de Liège mènent une expérience de « violence tolérance zéro » qui semble porter ses fruits, même si la violence constitue un phénomène global de notre société qui va bien plus loin encore que la violence faite à l’épouse, à la compagne, à l’amie…
La médiation, les prises en charge psychologique, l’éloignement, le procès, la sanction pénale, sont autant d’outils pour endiguer un phénomène qui est loin d’être récurrent. En Suède, pays réputé égalitaire et presque féministe, 40% des femmes subissent différentes formes de violences…

Certes il ne faut pas tomber dans le vaudeville, un couple qui se dispute, une paire de claques ne constituent pas un crime. Cela est néanmoins un signal d’alarme par rapport à notre propre violence. Aujourd’hui à Liège c’est tout un réseau social et judiciaire s’appuyant sur une police de proximité qui tente non pas de trouver le méchant, le monstre, un espèce de M le maudit à la Fritz Lang, mais bien de nous donner une chance de ne pas devenir des criminels de l’amour.
C’est est un fait avéré, au-delà de la relation « bourreau victime » qui existe dans tout couple où la violence est devenue lot quotidien, c’est bien de souffrance partagée qu’il s’agit.

La circulaire du Parquet de Liège, dont madame Bourguignont, Procureur du Roi, fut une des instigatrices, a défini à Liège les directives d’une politique pénale vis à vis de la violence conjugale. Le colloque nous fait découvrir une démarche européenne et de multiples expériences associatives. Modèle européen et au –delà, car il ne peut s’agir d’expérience sociale pilote sans évoquer chaque fois le Québec, mais aussi une ville aussi « policée » que Genève, ou encore une expérience italienne de travail en réseau. Madame Bourguignont et madame Collignon substitut à Liège évoqueront bien entendu le bilan de la circulaire.

Que retenir jusqu’à présent ? Les demandes de médiation pénales ont spectaculairement augmentés. L’ASBL Praxis nous livre quelques chiffres. « Nous recevons deux fois plus de demandes de médiation pénale. 110 nouveaux dossiers sur les 9 premiers mois de l’année 2005. Deux fois plus de personnes et c’est encore plus essentiel, qui s’adressent à nous spontanément, souvent après avoir reçu nos coordonnées par la police. 81 dossiers sur les 9 premiers mis de l’année 2005 contre 34 sur la même période 2004. » L’ASBL propose aussi bien des entretiens individuels, deux, d’une heure dans un délai de 15 jours ; Des séances d’information, d’une heure et demie.
Nous retiendrons cette réflexion d’une intervenante sociale : « la violence conjugale se vit dans un processus de domination et aussi d’inégalité. Il y a tout un cycle de la violence qui s’instaure. Ce n’est ni aux premiers coups, ni à la première plainte que le processus prend cours. Il ne s’agit pas d’avouer être victime ou d’avouer être violent, il s’agit de reconstruire des êtres humains ».
Jean-Pierre Keimeul


- Contacts : Cecile Kowal ASBL Praxis. 04.228.12.28.
- Participation au colloque 20 €.
- Lieu : ING rue Clemenceau, le 11 octobre de 8H15 à 16H.
- Infos complémentaires, contacter la Maison du Social : Mme Natalis. 04.232.31.77. Courriel : marie-alice.congi@prov-liege.be





J-P. K.