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Reportage

Mis en ligne le 19/12/2006

La Crète au Marché de Noël ? : "L'Ouzerie" vous y attend


Surprise, surprise…Vendredi dernier j’entends tout juste les dernières minutes de «Café Liégeois », l’émission de notre bon camarade Philippe Jacquemin de VivaCité Liège qui, sur le Marché de Noël, place du Marché, clôturait la saison 2006.
Son dernier invité présente des spécialités venues en droite ligne du pays du Minotaure, l’un des berceaux de la mythologie grecque, c'est-à-dire la Crète. Puis il l’appelle par son prénom : Pierre, et du coup je reconnais sa voix…Est-ce bien lui que j’ai connu, jeune journaliste entrant à La Meuse en 1996 ?
Pour en avoir la certitude, dimanche après-midi, je me rends place du Marché et trouve « L’Ouzerie » (une allusion à l’ouzo, apéritif hellénique anisé réputé). C’est le tout dernier chalet sur le « Marché de Noël » à quelques mètres de la rue Féronstrée, il porte le n 102. Devant le chalet, quelques tables sous un parasol et au comptoir, comme un bon professionnel qui a déjà de la bouteille, présentant ses spécialités à manger, à boire et à offrir, je retrouve Pierre Graff et son épouse Mireille. C’était donc bien de lui qu’il s’agissait.

Une maison à Krassi

Les retrouvailles sont assez particulières. Si de mon côté, je suis assez surpris et heureux de retrouver un ex-confrère qui avait beaucoup de qualités et qui aurait pu faire une excellente carrière dans la profession, de son côté, c’est comme si nous nous étions quitté la veille, alors que je ne l’ai plus vu depuis 2002. La suite s’enchaîne : «Comme vas-tu, que bois-tu etc…depuis le temps ?» Toujours aussi sympa et très convivial. Ce qui n’est pas difficile lorsque l’on sait qu’avant de partir vers l’île minoenne, Pierre Graff vivait en Outremeuse.
Pierre Graff, un parcours assez particulier. Après une année de Droit à l’ULg, il bifurque vers la «8ème section» où après trois ans on obtient une «licence en journalisme». Il entre à «La Meuse» en 1996. Il me raconte : «Lors de vacances en Crète en 1997 avec Mireille, ma future épouse, nous flashons littéralement pour le pays. Nous y trouvons un terrain assez bon marché à Krassi, un petit village de 200 habitants. Nous décidons de l’acheter…» La suite : Pierre et Mireille vont y faire construire (mais ça prendra quand même quelques années) une petite maison.
Krassi est considéré comme l’un des plus beaux villages de Crète, à 600 mètres d’altitude sur le plateau de Lassithi, et à 47 km d’Héraklion. On y trouve au centre du village noyé dans une végétation exubérante, un platane dont le diamètre fait plus de 4,5 mètres de diamètres, ce qui peut lui donner un âge de plus de 2000 ans. C’est aussi dans ce village que l’un des plus importants écrivains et philosophes grecques du 20ème siècle, Nikos Kazantzakis (La dernière tentation du Christ), a passé une bonne partie de sa vie.

"La dolce Vita", leur restaurant à Piskopiano (Hersonnisos)

Pierre Graff, qui n’est pas né de la dernière pluie, avait constaté qu’en 2000, suite à la première restructuration et le dégraissage que l’on faisait à La Meuse, son avenir pouvait être incertain dans cette profession que l’on dit la plus belle qui soit. En outre, ce qu’on lui faisait faire à La Meuse, ne correspondait peut-être pas à l’idée plus noble qu’il avait du journalisme. Aussi, quand il y eut la deuxième restructuration, en 2002, il décida de changer de cap. Il suivi d'abord des cours de pâtissere à Liège puis s’inscrivit dans une école hôtelière d’Arlon pour y suivre des cours du soir de cuisine. Des cours qu’il suivit pendant trois ans et qu’aujourd’hui il met en pratique dans le restaurant « La Dolce Vita » qu’il a ouvert en février dernier à Piskopiano (Hersonnisos) que beaucoup considère comme le Saint-Tropez de Crète, situé non loin d’Héraklion avec vue sur la mer de Crète.
Pourquoi Dolce Vita ? «Lorsque nous sommes venus pour la première fois en Crète, nous nous sommes rapidement liés d’amitié avec un couple d’Anglais» explique Pierre Graff… «Ils étaient formidables et c’est un peu grâce à eux que nous nous sommes installés ici. L’ami anglais m’a d’ailleurs beaucoup aidé lorsque j’ai construit la maison. Et quand il retournait au pays et que nous étions avec son épouse, celle-ci nous disait souvent : «ce soir on va faire la Dolce Vita». Ils sont malheureusement aujourd’hui décédés tous les deux. C’est en quelque sorte un clin d’œil et comme pour leur rendre hommage que j’ai décidé d’appeler ainsi notre restaurant».

La « Dolce Vita » de Pierre Graff ne permet pour le moment d’accueillir que 12 clients à la fois, puisqu’il ne comprend que 6 tables de 2 personnes. Mais apparemment, l’affaire marche bien et il semble avoir acquis déjà en quelques mois, une très bonne réputation. «Il parait, mais je ne l’ai pas encore lu, que nous sommes repris dans «le Petit Futé» sur la Crète et que nous y avons une bonne note… » nous dira Pierre. En attendant, il envisage déjà de s’agrandir en utilisant le toit du restaurant qu’il loue actuellement à Piskopiano. On ne peut évidemment que lui souhaiter que tout marche pour le mieux.
En attendant, alors que ceux qui le peuvent, partent pour l’hiver vers le soleil et des rivages plus attrayants, Pierre lui revient à Liège pour y passer l’hiver…
«Nous avons décidé de venir passer trois mois dans la famille et j’ai profité cette année du «Village de Noël» pour venir y présenter des produits spécifiquement crétois».
C’est ainsi que pendant que leur petite Alexandra, qui a trois ans et demi, est choyées dans la famille, Pierre et Mireille (qui est originaire d’Ougrée) vous invitent sur le Marché de Noël, jusqu’au 31 décembre, a découvrir et à goûter plein de bonnes choses et entre autres : des tapenades, des mezzes, des épices des montagnes, des huiles d’olives pures ou épicées, des grands vins crétois, mais aussi différentes sortes de bières grecques (pas mauvaises d’ailleurs) et des rakis. Qu’il ne faut pas confondre avec le raki turc (anisé). Le raki de Crète est en fait un marre de raisin, un peu comme la grappa, avec un arrière goût de poire. Il est servi nature ou parfumé au miel ou encore avec différentes épices comme par exemple la canelle. Et c’est vraiment délicieux. A boire avec modération évidemment.
Pour ouvrir "L'Ouzerie" sur le Marché de Noël, Pierre Graff, s'est associé avec Nektarios Plaitis, propriétaire du restaurant "Le Knossos" qui lui est implanté à Herstal.
Par ailleurs, Pierre envisage d'ici peu de mettre en ligne un site Internet concernant son restaurant à Piskopiano. Nous ne manquerons pas de vous avertir lorsque cela sera fait.





Gaston LECOCQ