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En Ville

Mis en ligne le 06/12/2006

Installation des nouveaux Collège et Conseil communaux à Liège


Lundi soir, dans la salle des pas perdus de la Violette et dans l’ancienne salle des mariages, ils étaient peut-être deux à trois cents venus, à l’appel du Front anti-fasciste (FGTB-CSC- Centre d’action laïque –Territoires de la mémoire, etc…) pour venir conspuer et faire savoir leur dégoût à voir un élu d’extrême droite installé au Conseil communal de Liège. Au balcon de la salle des pas perdus, les représentants des différents mouvements démocratiques ainsi que Paul Brusson, mémoire vivante, survivant des camps de la mort, ont harangué les manifestants pacifiques en leur expliquant une fois de plus, que l’extrême droite n’avait rien à faire dans nos institutions, que l’extrême droite, c’est la haine, l’exclusion, la négation de toute idée démocratique. Une manifestation digne mais déterminée.

Lors de la prestation de serment de cet élu (il y a malheureusement quelques Liégeois qui le 8 avril ont voté pour le parti de la bête immonde) d’extrême droite, alors que les futurs conseillers PS et Ecolo lui tournaient le dos, on entendit, venant de la salle ou un public nombreux assistait sur grand écran à l’installation du Conseil, entonner le « Chant des partisans » et un cri « Le fascisme ne passera pas… ». Pour celles et ceux qui se rappellent les années noires, cela avait quelque chose de sinistre…pour les plus jeunes, espérons que ce cri sera entendu et que la présence de cet élu maléfique ne sera qu’un « détail » de l’histoire de la Cité ardente. On a déjà donné et cela suffit.
C’est ainsi qu’a commencé à Liège, l’installation, et comme prévu ce lundi 4 décembre dans toutes les villes et communes de Wallonie, des Conseil et Collège communaux qui seront aux commandes de la ville jusqu’en 2012.
Willy Demeyer prêta d’abords serment avant 48 conseillers de la nouvelle mandature. Ceux-ci, l’un après l’autre ont fait de même.

Willy Demeyer prit ensuite la parole pour tracer la ligne de conduite (le cadre) que la majorité tentera de suivre durant les 6 prochaines années. Nous vous en donnons l’intégralité.












Déclaration du bourgmestre Willy Demeyer

« En cette première séance de la législature 2006-2012, je pense utile de tracer le cadre de travail de notre assemblée en espérant que les nouveaux conseillers seront à la hauteur de ceux qui nous quittent, ce dont je ne doute pas un seul instant.
Liège est sur la bonne voie.
C'est un sentiment général mais aussi une réalité objective. Les indicateurs le démontrent
notre population est en augmentation ; le nombre d'emplois exercés sur le territoire communal s'accroît d'année en année ; le nombre d'élèves et d'étudiants fréquentant de manière régulière un établissement scolaire est également en hausse ; le nombre de touristes est en progression ;
les faits délictuels sont clairement en diminution.
A côté de ces chiffres qui vont dans le bon sens, il est des réalités où la situation est inverse et il ne faut pas s'en cacher : le nombre de liégeois bénéficiant du chômage s'accroît ; il en va de même pour le nombre de personnes bénéficiaires du revenu d'intégration ; la problématique de la toxicomanie demeure présente.
Face à ce constat, nous proposons une action résolue, pour d'une part renforcer nos points forts afin d'en faire de véritables points d'appui pour l'avenir et pour d'autre part s'attaquer aux causes et aux conséquences de nos points faibles, dans la mesure de nos possibilités d'intervention et de nos attributions.

Pour relever ces multiples défis, il fallait une équipe solide, alliant l'expérience et le regard neuf et qui représente l'ensemble de la société liégeoise dans un cadre mieux affirmé de répartition des compétences. Ce sera le cas.
Cette volonté se traduit tout d'abord par l'émergence de nouveaux blocs de compétences plus homogènes, notamment en ce qui concerne : le logement, qui est désormais assumé dans sa globalité par Mme Yerna ; le lien entre état civil et mairies de quartier, à piloter par Mme Fernandez. ; le rapprochement entre les services sociaux et la santé dont s'occupera M. Drèze ;
la culture, en ce compris les centres culturels, les bibliothèques et l'interculturalité, dont la charge sera assumée par Monsieur Hupkens.
Au-delà, le Collège a souhaité créer officiellement trois nouvelles attributions : l'égalité, la mobilité et le développement durable. Ces trois politiques présentent des caractéristiques telles qu'elles doivent faire l'objet d'une coordination entre divers intervenants, divers départements et diverses compétences.
J'aurai le plaisir d'assumer les deux premières et Michel Firket la troisième, ce qui démontre, par le fait de les confier au Bourgmestre et au 1er Echevin, l'importance que le Collège leur attache.
Quelles valeurs vont guider cette équipe ?
J'ai souhaité que cette équipe puisse se retrouver sur un certain nombre de valeurs et de comportements qu'il conviendra de cultiver tout au long de la législature.
La première de celle-ci est l'égalité : dans toutes les politiques que nous mènerons, j'entends que nous considérions qu'un liégeois = un liégeois et qu'une liégeoise = une liégeoise et aussi qu’un Liégeois = une Liégeoises, quelles que soient son origine, ses convictions religieuses, son orientation sexuelle ou son âge.
La deuxième valeur est celle de l'humilité : la Ville ne peut pas tout et nous sommes entièrement au service des gens.
C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à chaque échevin de s'engager en considérant Liège comme leur première priorité.
La troisième valeur est la collégialité : j'exigerai que tout ce qui sera annoncé ou produit au nom de la ville ait fait l'objet des concertations collégiales nécessaires.
Quelle sera la méthodologie de travail ?
La déclaration de politique communale du mois de janvier prendra réellement corps à travers trois documents de base qui serviront de références pour l'ensemble de la législature.
Dès le mois de janvier, je l'ai déjà dit, le Collège proposera au Conseil une méthodologie pour la réactualisation du Projet de Ville que nous voyons à l'horizon 2015.
Ce Projet de Ville reprendra l'ensemble des objectifs stratégiques à poursuivre et des actions concrètes à réaliser pour les atteindre.
Il sera conçu, comme l'actuel, sur base participative et entendra mobiliser l'ensemble de la société liégeoise.
Son évaluation se réalisera selon des modalités à convenir en commun au niveau du Conseil communal. Les priorités qui émergeront du Projet de Ville seront traduites dans un cahier de modification budgétaire à adopter au deuxième semestre 2007 ou dès le budget 2008.
Deuxième document stratégique de référence : le plan de gestion.
Depuis 2002, ce plan de gestion est notre référence à la fois pour la confection du budget mais également pour la mise en oeuvre d'une série de politiques internes destinées à améliorer, à coût identique, la production de la ville.
Nous souhaitons en faire notre instrument de bonne gestion afin de poursuivre l'implémentation de la culture de la bonne gouvernance à tous les niveaux, assurer la transparence des flux financiers et encore accentuer la gestion rapprochée des entités para communales.
Nous entendons travailler dans la même philosophie : souligner les immenses efforts déjà réalisés tant par les agents communaux que par les citoyens liégeois, poursuivre la gestion dans des balises responsables en terme de dépenses et accroître, chaque fois que cela est possible, la productivité.
Ce plan de gestion devra vraisemblablement être renégocié avec la Région Wallonne en cours de législature, le plan TONUS venant à échéance pour l'ensemble de la Wallonie.
Troisième document . c'est un contrat entre le Collège et l'administration.
Cette référence stratégique est une nouveauté.
Elle part du constat que la ville, ça n'est pas seulement 11 membres du Collège et 49 conseillers communaux mais également et peut être surtout 3.000 agents - sans compter ceux des entités connexes - qui, au quotidien, font tourner la machine.
Sans eux, rien ne serait possible.
Nous devons donc veiller à renforcer les liens étroits entre le Collège et l'administration quant à l'action résolue à mettre en oeuvre en faveur des liégeoises et des liégeois.
L'heure est à la mobilisation de toutes et de tous pour Liège à travers ce qui constitue notre principale force : le service public communal.
Ce contrat précisera les relations entre le Collège et l'administration et établira les priorités en terme de gestion des ressources humaines, matérielles et fonctionnelles et dans une série d'autres domaines connexes.
Avec ce contrat, la répartition des rôles entre le politique et l'administratif sera plus claire et chacun sera responsabilisé dans sa sphère.
Pourquoi faire ?
Sans dévoiler la nature de notre débat du mois de janvier et le contenu de notre Projet de ville réactualisé, la majorité propose au Conseil de faire sien deux grandes lignes directrices :
la proximité et la métropolisation
La proximité c'est permettre aux politiques, aux actions et aux services rendus par la Ville de Liège d'avoir pour seule ambition de rencontrer les attentes des gens.

La proximité, cela veut dire que le Collège sera le Collège de toutes et tous sans distinction et sans clivage.
La proximité, cela signifie que nous irons dans les quartiers car la seule bonne politique est celle qui s'adapte à la réalité du terrain.
L'ensemble du Collège se déplacera dans chaque quartier au moins deux fois sur la législature.
La proximité se cultivera par conséquent à travers toutes les politiques mises en oeuvre par le Collège avec une idée forte : chaque fonction essentielle de la vie citoyenne (école, commerce, bibliothèque, salle de sport et de spectacles, arrêt de bus, antenne administrative, ...) doit se retrouver dans chaque quartier ou à tout le moins être accessible aisément pour l'ensemble des citoyens.
La proximité, c'est aussi l'information. C'est la raison pour laquelle un service centralisé de communication et de promotion qui relèvera des compétences du Bourgmestre, se mettra en place pour aller à la rencontre des divers publics cibles, en particulier les citoyens, les associations et les entreprises.
De même, sous la responsabilité de Monsieur le Secrétaire communal, un service sera accessible à tout un chacun pour faire part de ses remarques et doléances éventuelles à l'égard de l'action de la Ville, ce service ayant pour mission - autant que faire se peut - de régler tout conflit de manière amiable et d'en tirer les réflexions générales pour améliorer, le cas échéant, la qualité du service rendu.
Qu'il soit qualifié de bureau des « plaintes » ou de services « Liège écoute », cette nouvelle organisation rapprochera la ville des citoyens.
L'autre ligne directrice est la métropolisation.
Autant nous devons aller sur le terrain dans les quartiers, autant nous devons affirmer le statut de Liège comme capitale économique de la Wallonie, comme ville jeune et d'enseignement d'excellence et comme métropole culturelle eurégionale.
Cette affirmation passe par la nécessaire métropolisation d'un certain nombre de fonctions ou, pour parler plus clair, la création d'une communauté urbaine de projets à partir des communes de l'arrondissement en lien avec la Province, thèse qui est la mienne depuis longtemps.
La Communauté urbaine de projets devra déterminer ce sur quoi elle centre son action, sans devenir une structure nouvelle mais un outil apportant une plus value à l'ensemble de notre arrondissement et aux 585.000 concitoyens liégeois qui le constituent.
Les thèmes prioritaires à gérer à l'échelle supra-communale apparaissent évidents :
aménagement du territoire ; mobilité ; centre culturel régional ; police métropolitaine ; schéma de développement économique ; schéma de développement commercial ; grands équipements ; promotion internationale.
Cette réflexion sera soumise très prochainement à la Conférence des Bourgmestres de l'Agglomération.
La métropolisation, ce sont aussi les grands projets que nous devons achever ou initier et qui présentent une vocation supra-locale.
Nous en avons parlé tout au long de la campagne électorale et nous les confirmons : Bavière, Droixhe, la Médiacité, le Grand Curtius, le Théâtre de la Place à l'Emulation, l'Opéra, la nouvelle piscine de Jonfosse, le MAMAC, le Tivoli, et évidemment le quartier de la gare TGV, pratiquement, presque tous ces projets devraient se terminer lors de cette législature et auront des effets bien au-delà de Liège. C'est notre engagement.
Mesdames et Messieurs, Vous connaissez désormais le cadre.
A travers cette première déclaration, nous voulons faire partager à l'ensemble du Conseil notre ambition : permettre à notre ville - et par delà notre agglomération - de retrouver son rang.
Pour ce faire, nous pensons qu'il est essentiel que cette enceinte soit le lieu d'expression par excellence de la démocratie communale. Nous avons besoin de débats de qualité, où le clivage classique majorité/opposition est transcendé par l'intérêt supérieur de Liège. A cet égard, nous veillerons à amplifier les moyens mis à disposition des Conseillers communaux pour exercer leurs tâches. »

Les répliques

Après quoi, chaque chefs de groupe a pu donner, sans que cela suscite un débat (qui devrait avoir lieu lors du premier Conseil communal de l’année 2007), son opinion sur la déclaration.
Pour les chefs de groupe MR et Ecolo, respectivement les conseillers Didier Reynders et Bénédicte Heindrichs, le discours était un peu similaire : manque femme, scepticisme, que l’on aurait peut-être pu diminuer (comme le nouveau décret le prévoit) le nombre des échevins, mais qu’on aurait peut-être aussi pu créer un échevinat de la mobilité ( ???), enjeux de la toxicomanie, de la propreté, de l’écologie en général…
Voulant déjà sans doute faire porter la suspicion sur le nouveau Collège, Didier Reynders a évoqué une vielle affaire (l’affaire Marneffe) et l’une ne l’étant pas en ajoutant qu’il comptait bien : «pour protéger son, groupe, transmettre copie des questions qu’il poserait au Conseil, au ministre de tutelle en espérant avoir une réponse dans les années à venir… »
Quant à Ecolo : « Nous ne comptons pas faire de l’opposition bête et méchante, mais nous marqueront le Collège à la culotte… »
Pour les chefs de groupe PS et CDH, il était clair que la déclaration de Willy Demeyer avait leur entière confiance.
Ensuite, le pacte de majorité qui comporte l’engagement des élus PS et CDH à diriger la Ville pendant 6 ans et la composition du nouveau Collège communal (c’est la nouvelle appellation) fut soumis au vote du nouveau Conseil installé qui le vota majorité (PS-CDH) soit 28 oui contre opposition (MR-Ecolo-Extrême droite) 21 non. Les nouveaux échevins prenaient ensuite leur place définitive pour suivre un premier conseil, que l’on peut dire de « routine » et qui s’est déroulé d’une manière relativement sereine.




















Le nouveau Collège communal

Pour la composition du nouveau collège communal, nous vous renvoyons à la présentation que nous avons faite 24 novembre dernier

Composition du nouveau Conseil communal :

Pour le PS : Willy Demeyer, Maggy Yerna, Jean-Claude Marcourt , Fouad Chamas, Nicole Struvay, Claude Emonts, Jean-Géry Godeaux, Hassan Bousetta , José Happart, Jean-Pierre Hupkens , Julie Fernandez-Fernandez, Mohammed Bougnouch, Marie-Claire Lambert, Nathalie Frisée, Fatima Shaban, Mehmet Aydogdu, Pierre Stassart, Corinne Wégimont, Jean-Pierre Goffin, Véronique De Keyser et Roland Léonard.

Pour le CDH : Michel Firket, Jean-Pierre Grafé, Michel de Lamotte, André Schroyen, Benoît Drèze, Colette Lapaille et Serge Carabin.

Pour le MR : Didier Reynders, Christine Defraigne, Gilles Foret, Olivier Hamal, Raphaêl Miklatzki, Chantal Mezen, Elisabeth Fraipont, Michel Peters, Diana Nikolic, Lucrèce Henrard, Nicole Hanoul, Fabrice Drèze, Fernand Deschampheleire et Pierre Gilissen.

Pour Ecolo : Bénédicte Heindrichs, Véronica Cremasco, Brigitte Ernest, Véronique Willemart, Guy Krettels et Alain Leens.

Un extrême droite.





Gaston LECOCQ