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Musique

Mis en ligne le 04/12/2006

Entendu pour vous : «Mozart à Paris» par le Concerto Köln, premier concert de la série «Baroque» 2006-2007 à l’O.P.L

Ce dimanche 3 décembre après-midi, vingt-six musiciens venus d’une ville jumelée à Liège, Cologne, ont enchanté le public de notre Salle Philharmonique, Boulevard Piercot.

Cet ensemble, connu depuis 1985 sous le nom de «Concerto Köln» (la photo), se produisait pour la première fois dans notre cité et inaugurait le cycle 2006-2007 de la « série baroque » qui se poursuivra le dimanche 21 janvier prochain à 15 heures par des sérénades de Beethoven et de Mozart interprétées par l’octuor à vents que constitue l’ensemble Zefiro.
Quatre œuvres du XVIIIème siècle étaient inscrites au programme d’un concert intitulé « Mozart à Paris » parce que, lorsque celui-ci séjourna dans la capitale française en 1778, il y a composé pour un flûtiste - le duc de Guines - et pour sa fille, harpiste, un délicieux concerto pour flûte et harpe en do majeur (K 299).
Trois autres compositions (du type de celles jouées à l’époque dans une salle parisienne appelée le « Concert spirituel ») furent également interprétées par le Concerto Köln : d’abord la symphonie concertante du ballet « Mirza » en ré majeur pour flûte, violon, alto et orchestre écrite en 1784 par le hennuyer François-Joseph Gossec (qui fut formé de 1742 à 1751 par André-Joseph Blavier, maître de chapelle liégeois de la cathédrale Notre-Dame d’Anvers, et qui composa une soixantaine de symphonies durant son existence qui fut très longue puisqu’il décéda à l’âge de 95 ans) et, après l’entracte, le concerto pour violon en ré majeur opus 2 n° 2 créé en 1773 par Joseph Bologne, Chevalier de Saint-Georges ainsi que la symphonie en do mineur composée en 1783 par Joseph Martin Kraus.
Le flûtiste Martin Sandhoff, directeur artistique de l’ensemble, le violoniste Anton Steck et l’altiste Antje Sabinski s’avérèrent excellents dans l’interprétation de la composition de Gossec qui réutilisait les thèmes d’un ballet qui avait connu un vif succès.
Le même Martin Sandhoff et la harpiste Saskia Kwaast furent – comme l’ensemble très homogène du Concerto Köln – superbes lorsqu’ils jouèrent Mozart. Cet enchantement fut d’ailleurs ponctué par les longues ovations d’un public justement conquis.

J’avoue que je ne connaissais pas le chevalier de Saint-Georges (la photo): Joseph Bologne (nom qui s’écrivait aussi Boulogne, nous précisa le directeur général de l’O.P.L. Jean-Pierre Rousseau). Par contre (étonnante coïncidence) je n’ignorais pas que le premier Bourgmestre socialiste de Liège fut Joseph Bologne (qui après la mort de Xavier Neujean le 12 janvier 1940 fut Bourgmestre jusqu’au 9 novembre 1942 puis le redevint en septembre 1944, à la Libération, jusqu’à son remplacement par Paul Gruselin en 1945). La vie du chevalier de Saint-Georges fut, elle, plus mouvementée encore. Né à la Guadeloupe d’un riche planteur hollandais et d’une esclave noire, il fut affranchi par son père qui lui acheta une charge de « gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi » et il devint un virtuose à la fois du violon et de l’épée puis, à la Révolution, il abandonna la musique où il brillait pour servir les armées d’une nouvelle République française anti-esclavagiste. Son concerto dont le premier mouvement se caractérise par une extraordinaire virtuosité fut remarquablement servi par le premier violon, déjà cité, du Concerto Köln : Anton Steck.
Enfin la symphonie dramatique d’un compositeur allemand qui brilla à la cour de Suède, Joseph Martin Kraus, démontra que ce musicien passionnant mérite la redécouverte que lui assure le Concerto Köln. En bref, loin du vent et de la pluie qui fouettaient nos boulevards, la Salle Philharmonique fut, dimanche après-midi, comme très souvent, un lieu enchanteur.





Jean-Marie ROBERTI