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Théâtre

Mis en ligne le 27/11/2006

Vu pour vous au Théâtre de la Place


Un « classique » qui fait partie de ces parcours obligés pour étudiants de fin d’humanité sous la férule de leurs professeurs de français voire de grec. Un «classique» qui ne vieillit pas davantage qu’un «Molière» tant la force tragique qu’il renferme vaut tous les huis clos et tous les complexes freudiens. 2H 40 de spectacle.
On imagine la scène à Avignon dans la cour du Palais des Papes. Mais c’est au Théâtre de la Place qu’Isabelle Pousseur nous propose sa vision contemporaine de cette tragédie grecque écrite par Sophocle, poète grec ami de Périclès qui s’avère à la fois un homme de théâtre et un analyste politique.
Au départ de la pièce, rien n’est gagné, mais l’attention monte crescendo et le temps s’estompe pour nous attacher à l’intrigue et à notre propre parcours face à la vie, la famille, les guerres, le pourquoi de nos rages, de notre soif de justice et de l’intolérance qui constitue une part de nous-mêmes.
Nous sommes dans le prolongement de la guerre de Troie et les héros grecs vont payer leur tribut aux dieux. A moins que ce ne soit le prix de la liberté…
Agamemnon rentre victorieux et se fait assassiner par son épouse Clytemnestre et son amant Egisthe. Electre une des filles d’Agamemnon ne supporte ni le crime ni sa mère.
Oreste le fils prend la route de l’exil et se voit confirmé par l’oracle de Delphes qu’il doit assassiner sa mère… Il n’y a pas que le complexe d’Œdipe…
Isabelle Pousseur quitte le rivage de la psychanalyse pour celui des guerres récentes et fratricides : Yougoslavie, Rwanda, Irak. Une sauvagerie antique en forme de boomerang nous atteint.
Le final me fait penser à Mussolini et sa maîtresse Clara Petaci pendus par les pieds ou encore au simulacre de procès des époux Ceausescu…
Un spectateur dans la salle criera « Sophocle est dénaturé ». Et si au contraire Sophocle était fait pour être pétri dans les contradictions humaines ? L’occasion d’en débattre avec les acteurs lors de la représentation du 29 novembre.
Autre regard complémentaire : une sommité de la Sorbonne, Georges Banu, professeur d’études théâtrales à Louvain la Neuve donne une conférence intitulée : « Electre, enjeu contemporain de la représentation tragique. » (1)
La pièce se joue jusqu’au 2 décembre, dans la grande salle du théâtre de la Place à 20H15

(1)Vendredi 1 décembre de 17 à 19H30 quai Banning 5, au Val Benoit. Réservation des places de spectacle au 04.342.00.00
info@theatredelaplace.be





Jean-Pierre Keimeul