• Visiteur(s) en ligne : 7
  • |
  • Visiteurs total : 3157453

En Ville

Mis en ligne le 17/11/2006

Leur dernier conseil communal


Pour plusieurs conseillers communaux et quelques échevins, le Conseil communal de Liège qui s’est tenu ce mardi 14 novembre était le dernier. En effet, d’ici quelques jours le nouveau Collège communal sera connu et le Conseil communal (issu des élections du 8 octobre dernier et dont le Collège provincial a validé le scrutin ce jeudi 16 novembre) devra les élire dans leurs fonctions.
Le premier Conseil communal de la mandature 2006-2012 aura donc lieu le lundi 4 décembre. Une jolie Saint-Nicolas pour certains, moins drôle pour d’autres. Enfin, bref, revenons à nos moutons.
Si le dernier Conseil communal d’Amay (la semaine dernière) qui a duré quelques 19 minutes est probablement le conseil communal le plus court jamais tenu, celui de Liège ce 14 novembre est probablement un des plus longs. En effet, il aura duré près de 7 heures. Les échevins et les conseillers avaient-ils beaucoup de chose à dire avant de se quitter ? Que nenni ! Mais l’agencement des interpellations, mises à l’honneur et les différentes répliques en ont ainsi décidé d’autant que la séance a aussi débuté avec un retard de près d’une demi-heure.

Une entrée en matière solennelle

Pour ouvrir la dernière séance de la mandature 2000-2006, le bourgmestre Willy Demeyer a rendu un hommage appuyé à la mémoire de Jean Mottard (voir notre article du 19 juillet dernier) , décédé en juillet dernier, en présence du fils de ce dernier accompagné de son épouse et de ses deux enfants.
Le bourgmestre, en cela secondé par l’échevin de la Culture Hector Magotte a fait « citoyens d’honneur de la Ville de Liège) le baron François Duesberg et son épouse.

Ceux-ci, d’origine liégeoise et dont les collections de bronze, d’horloge, de porcelaines et d’orfèvrerie, unique au monde et d’une valeur de 2,5 millions d’euros, ont préféré Liège à Mons. Et le baron, en remerciant le bourgmestre dira notamment : « On espérait un meilleur accueil à Mons…Nous voulions aller au bout de nos rêves à Mons, mais c’est une ville qui n'est pas dirigée. Nous aurions aussi voulu que la métropole liégeoise puisse tenir la main de la nécropole montoise. » Ce n’est pas nous qui disons cela et encore moins les édiles liégeois. » .Ce-ci dit, nous reviendrons plus en détails sur ce legs précieux qui sera installé dans l’hôtel de Hayme de Bomal (qui fera partie du Grand Curtius) et dont les pièces les plus significatives y seront visibles en juin prochain.

Les historiens appelés la rescousse

Lors du conseil communal précédent, la conseillère indépendante « ex Ecolo », Messaouada Barkat, avait suscité un certain trouble en demandant que l’on déplace, pour la mettre dans un musée, la plaque commémorative à la mémoire de « coloniaux liégeois morts pour la civilisation » et qui est installée dans le hall de la Violette.
Ce n’est pas tant le fait de la présence de cette plaque qui gène la conseillère, ni les noms des personnes qui y sont repris (ils sont morts entre 1876 et 1908) mais le texte « morts pour la civilisation ».
Lors de l’avant dernier conseil communal, le point qui avait déjà suscité un débat assez enflammé était renvoyé en commission. Et apparemment cette commission n’a pu trancher dans le vif du sujet puisque ce mardi, le bourgmestre a conclu le débat en expliquant qu’avant de prendre une décision définitive, il serait sage de prendre un avis auprès des historiens de l’ULg.

Recrudescence de vols dans les voitures

Rappelez-vous, il y a 6 ans, nous avions mis en exergue, l’excellente intervention lors de son « investiture », du tout jeune conseiller MR Gilles Foret.
Alors qu’il va rempiler pour 6 ans, le toujours jeune Gilles Foret (mais il a 6 ans de plus et aussi une autre expérience), a tenu à terminer sa mandature par une interpellation qui ne manquait pas d’intérêt. En effet, d’une manière rapide, claire et concise (un exemple à suivre pour tous les autres conseillers bien souvent trop longs et embrouillés dans leurs interpellations) il a demandé pourquoi en octobre, on avait connu une recrudescence de vols dans les voitures (notamment lors du Salon Initiative à Coronmeuse et sur les parkings du Standard) et ce que comptait faire la police pour « enrayer ce phénomène qui nuit à l’image de marque de la Ville ».
Explications du bourgmestre : « Depuis plus d’un an, nous avions renforcé les patrouilles de police et les vols avaient fortement diminué. Cependant, en octobre, suite aux problèmes de grèves à la prison de Lantin, nos effectifs ont été fortement sollicités et ils ont eu d’autres tâches à effectuer. Mais croyez-bien que nous sommes conscients du problème et que nous y veillons… »

La révision du vote électronique

Lors de l’avant dernier conseil communal, la conseillère Ecolo Véronique Willemart, avait déposé une motion qu’elle souhaitait voir adoptée par le Conseil communal concernant la problématique du vote électronique qui a fait grincer bien des dents dans toutes les composantes démocratiques du Conseil. Après un débat où tout le monde était d’accord, la motion était, comme le veut la procédure, renvoyée en commission qui après l’avoir quelque peu aménagée dans la forme, la représentée au Conseil qui ce mardi 14 novembre l’a votée à l’unanimité.
Que dit cette motion ? « Attendu que lors du vote communal de ce 8 octobre 2006, le dépouillement électronique des 148 bureaux de vote a été l’objet de plusieurs incidents ; attendu que l’informatisation du scrutin minimise la possibilité de contrôle par les témoins de parti ; attendu que les résultats finaux sont arrivés avec un retard important, attendu que selon les dires du ministre responsable, le coût du vote électronique est trois à quatre fois plus élevé que celui du vote papier, en conséquence le conseil communal de Liège demande la révision, dès que possible, du mode de scrutin à Liège et la mise en place d’un système de vote permettant un dépouillement rapide, peu coûteux et garantissant un contrôle démocratique efficace ».
Alors que de son côté, la conseillère chef de groupe PS Marie-Claire Lambert a l’intention d’interpeller le ministre de l’intérieur Patrick Dewael sur le même sujet, la motion, votée mardi par le Conseil communal sera envoyée à la Région wallonne et au Gouvernement fédéral.

Tags dans les gares

Concernant les autres interpellations, nous mentionnerons celle de Christine Defraigne (MR), sur les tags et problèmes de malpropreté dans les gares liégeoises (Jonfosse Liège-Palais, Angleur et aux abords des Guillemins). Un dossier amené avec une impressionnante documentations (photos des lieux) qui ne peut que renforcer sa prise de position.
Un sujet sur lequel le bourgmestre est parfaitement en phase avec la conseillère en expliquant que la ville qui consacre quelque 500.000 euros pour détaguer gratuitement chez les particuliers a également sollicité la SNCB (responsable des gares et de ses abords) mais aussi, pour tous les problèmes visant à la dégradation de l’image de marque de la ville par rapport à ses axes d’entrée, le TEC, le MET et la Province. Comme le dira le bourgmestre, seule la Province s’est engagée à faire détaguer ses sites….Il a insisté également sur les efforts faits par les patrouilles de police en la matière et la bonne collaboration avec la police de la SNCB mais : « nous ne pouvons évidement envoyer nos équipes de nettoyage sur les sites de la SNCB que nous allons une fois de plus solliciter. »

Barouds d’honneur

Deux conseillers communaux : Luc Toussaint (ex-Ecolo mais aujourd’hui indépendant et n’ayant pas été élu pour la prochaine mandature puisqu’il ne figurait sur aucune liste mais qui a rejoint les rangs du PS) et Guy Moreau (conseiller PS, atteint par la limite d’âge et qui ne siègera plus) ont en quelque sorte tiré leur baroud d’honneur en invitant le Conseil communal à se pencher sur deux problématiques importantes.
Pour Luc Toussaint, son interpellation (longue mais fort bien documentée) s’intitulait : « De l’utilité des transports en commun dans les déplacements des habitants, travailleurs, écoliers etc…dans une ville et son agglomération ».
Pour Guy Moreau : « Pour une fonction de médiation communale à la Ville de Liège ». Ces deux interventions qui semblaient aller mardi soir dans l’ensemble du Conseil, seront, on peut l’espérer, développées et analysée par le nouveau Collège communal et son Conseil.

Quand Jules sort de sa réserve

Question baroud d’honneur, celui de Jules Jasselette, échevin de l’Instruction publique depuis deux mandatures et qui a souhaité ne plus se représenter, a probablement été celui auquel on s’attendait le moins. En tout cas Christine Defraigne, lorsqu’elle a interpellé l’échevin sur la problématique du conflit actuel à l’école d’architecture Lambert Lombard (en déposant une proposition de résolution), ne s’attendait pas à une telle réponse.
Une réponse qui a duré plus de deux heures. Parce que comme lui lança derechef Jules Jasselette : « Mme Defraigne, votre interpellation constitue pour moi, une véritable motion de défiance. Aussi, comme durant ces 12 années, je n’ai jamais beaucoup parlé, je vais me rattraper aujourd’hui. Point par point, documents à l’appui, je vais démontrer ici même, ce sera un peu long, que tout ce qui a été dit et écrit sur le conflit ainsi que sur ma position est totalement faux, voire à certains moment de la pure calomnie… »
Mais de quoi s’agit-il ? Nous allons avoir assez difficile de vous parler d’un conflit que nous n’avons pas suivi par manque de temps. Mais il faut savoir que depuis de nombreuses années, apparemment pour des questions de personne et peut-être aussi d’incompréhension, un conflit couve à l’Institut d’architecture Lambert Lombard de Liège qui depuis fait aujourd’hui partie (avec les écoles de d’architecture de La Cambre à Bruxelles et de Mons) de l’intercommunale ISEA (Intercommunale d’enseignement supérieur d’architecture).
La goutte qui a fait déborder le vase, c’est, la semaine dernière, devant les caméras de télévision, l’envahissement par quelques professeurs, avec bris de vitre et l’occupation du bureau du directeur général de l’Intercommunale, Yvon Cloussen. Résultats de cette manifestation : recours en justice en référé contre 9 professeurs et suspension de 2 d’entre eux pour quatre mois. C’est aussi une manifestation des étudiants architectes devant le Palais de Justice de Liège.
Qui a tort, qui a raison ? Et doit-on accepter que l’on fracasse une porte vitrée d’un bureau directorial avec un bloc de béton et en plus devant des caméras de télévision ?
Dans son ajout aux points à l’ordre du jour de ce mardi, Christine Defraigne, en faisant remarquer que le problème de Lambert Lombard durait depuis 10 ans, s'est interrogée « sur la pertinence de l’action en justice qui est aussi assortie d'astreintes colossales. C'est malsain. » insistant également « sur la nécessité de donner à cette intercommunale qui réunit Liège, Mons et Bruxelles un statut juridique clair. Elle demande également que la ville entende les arguments des parties.
Jules Jasselette a expliqué en long et en large ce qu’il avait expliqué aux parties et comment on ne l’avait apparemment pas compris, mettant en exergue un le problème d’un recours introduit par un étudiant (défendu d’ailleurs par Christine Defraigne) qui avait été accusé de plagiat pat un jury d’expert et qui avait, sans en parler au professeur, décidé de diminuer la côte de l’étudiant. « C’est là le nœud du problème » dira Jules Jasselette. « On dit que j’ai favorisé l’étudiant. Mais comment pourrais-je le faire, je ne suis pas capable de dire s’il y a eu plagiat ou non. Par contre, je n’ai jamais vu qu’un jury ou un conseil de classe décide de diminuer une cote sans en faire part au professeur ou lui demander son avis ? C’est là le problème, si nous avions été devant le Conseil d’Etat, nous aurions perdu. S’il y a eu plagiat, alors l’élève doit être exclu, tout simplement. C’est de ça aussi que provient tout le malaise. Savez-vous qu’à la suite de cet incident, des professeurs empêchent physique le professeur en question de donner son cours… »
Visiblement démonté, Jules Jasselette a alors fait l’historique de toute la problématique de Lambert Lombard et expliqué au Conseil et à Christine Defraigne qui n’en revenait pas de la virulence de la réplique de l’échevin, comment il, mais aussi les anciens échevins Tison et Digneffe, réussi à sauver l’Institut Lambert Lombard qui avait été irrémédiablement condamné suite au décret sur l’enseignement supérieur de type long.
Il a expliqué aussi en long et en large comment, financièrement, avec l’aide de son collègue Jean-Géry Godeaux (travaux) il avait pu transférer Lambert Lombard qui croupissait dans les locaux tombant en ruine de l’Institut Montéfiore (rue Saint-Gilles), vers l’ancien institut de pharmacie remis à neuf, dans le jardin botanique.
Il a aussi démontré, grille comptable à l’appui, chiffres en main, comment se répartit le budget de l’intercommunale dont 6 échevins (2 de Liège, 2 de Mons et 2 de Bruxelles sont membres du Conseil d’administration présidé par le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans) quel est la part dévolue à Liège et à combien se monte le budget de la direction générale.
Sur une recette totale de 922 000 euros pour l'ISEA, le site de Liège reçoit 354.000 euros, en ce compris les reports. Le budget de la direction générale est de 90 000 euros dont 60 000 sont incompressibles (salaires, assurances, frais de fonctionnement etc… Pour 2005, les 370 étudiants liégeois ont bénéficié d'une mise à disposition pédagogique de 623 euros par personne, soit trois fois plus que dans les autres hautes écoles liégeoises !"
On a aussi reproché au conseil d'administration de l'intercommunale ISEA d'avoir pris la décision de supprimer la dotation sociale, c'est faux !"Cette dotation est prévue et j'ai montré le document qui le prouve à la délégation syndicale mais on continue à alimenter le débat en disant aux élèves qu'on leur vole leur argent".
Lorsque, contraint et forcé par des impératifs qui ne pouvaient attendre, nous avons quitté la séance vers 23h45, Jules Jasselette continuait la démonstration du bien fondé de sa position dans ce conflit. Nous ne nous prononcerons évidemment pas sur ce dossier pour le moins complexe. Une chose est certaine, si Jules Jasselette, mais aussi ses anciens collègues et la Ville n’avaient pas déployé tout un arsenal juridique et monté l’intercommunale, il y a bien longtemps que l’institut d’architecture Lambert Lombard, dont tout le monde met en exergue la qualité de son enseignement, n’existerait plus.





Gaston LECOCQ