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Musique

Mis en ligne le 11/11/2006

Le wallon honoré par notre Opéra

qui recrée « Piére li Houyeû » d’Eugène Ysaye le 25 novembre pour les 150 ans de la Société de Langue et de Littérature wallonnes

José Brouwers avait demandé à Jean-Louis Grinda de pouvoir disposer du Théâtre Royal pour le demi-siècle du Théâtre Arlequin. Cette requête a conduit une re-création magistrale du « Bourgeois Gentilhomme ».
Guy Fontaine s’est lui aussi adressé au Directeur Général de l’Opéra Royal de Wallonie pour célébrer le 150ème anniversaire de notre « académie » de culture régionale : la Société de Langue et de Littérature wallonnes. Cette fois encore, ce ne sera pas en vain.
En effet, ce samedi 25 novembre à 20 heures, l’Opéra Royal de Wallonie présentera à Liège une version concertante d’un Opéra en deux actes et en langue wallonne « Piére li Houyeû » qui avait été composé musicalement par Eugène Ysaye et créé au Théâtre Royal, en présence de la Reine Elisabeth (entourée du Bourgmestre Xavier Neujean et du Gouverneur Picard) le 4 mars 1931, il y a donc 75 ans.
Sachant son professeur de violon gravement souffrant, la Reine avait fait radiodiffuser l’œuvre qu’Ysaye écouta dans sa chambre d’hôpital avant de venir, sur une civière, l’entendre le 25 avril à Bruxelles moins d’un mois avant son décès le 12 mai.
Repris vingt ans plus tard en concert (son enregistrement en 1951 a été retrouvé dans les archives sonores de la Vlaamse Radio Televisie !), cet opéra dont le livret et la musique n’avaient pas été publiés avait, depuis plus d’un demi siècle, complètement disparu du répertoire.
Un musicologue américain Philippe Sisto qui étudie l’œuvre et les partitions d’Eugène Ysaye, a établi une édition critique de cette seule œuvre lyrique du célèbre soliste et compositeur qui anima l’illustre école liégeoise du violon. Ce mercredi 22 novembre à 18 heures, en la salle de l’horloge de notre Université (place du XX Août) ce musicien et saxophoniste viendra des U.S.A. donner sur l’œuvre d’Ysaye une conférence en anglais (avec extraits musicaux et synthèse en français).
« Piére li Houyeû » (la langue française a emprunté le mot houille au wallon) s’inspire d’un incident survenu en 1877 lors d’une grève en région liégeoise. La femme d’un mineur fut tuée en saisissant un engin explosif déposé chez le directeur du charbonnage par son époux porté à la tête de grévistes. La langue wallonne renforce le caractère vériste de l’œuvre qui, comme l’opéra « Louise » de Charpentier mettant en scène le monde ouvrier, était bien « dans l’air du temps ».

L’orchestre et les chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie seront dirigés musicalement par Jean-Pierre Haeck. Le chef des chœurs est Edouard Rasquin et le koncertmeister Jean-Claude Raelet. Les études musicales ont été confiées à Véronique Tollet et Jean-Claude Van Rode.
Les ténors liégeois Alain Gabriel et Patrick Delcour chanteront les rôles de Piére et de Djoke mais c’est une soprano québécoise Guylaine Girard qui incarnera en wallon Amélie (personnage qui, en 1931 et en 1951, fut joué par Yvonne Ysaÿe). Nos choristes Nicolas Mottart, Marc Tissons, Xavier Petithan et Patrick Pircak interpréteront trois « houyeux » et un moine. La soirée sera retransmise en direct par la R.T.B.F. (Musiq3) et l’édition d’un compact disque par « Musique en Wallonie » est envisagée.
Cette re-création est placée sous le haut patronage de S.M. la Reine Fabiola. Elle bénéficie de l’aide de la Province de Liège (très attachée à la promotion de la culture wallonne ainsi que l’a souligné le député Paul-Emile Mottard).
Ce spectacle n’est pas seulement donné à l’occasion des 150 ans de la Société de Langue et de Littérature wallonnes et du 75ème anniversaire du décès d’Eugène Ysaye : il s’inscrit aussi dans le cadre du cinquantième anniversaire de la tragédie de Marcinelle, des 60 ans du Traité belgo-italien relatif à la main d’œuvre et à la production charbonnières et il reçoit la collaboration du Consulat général d’Italie à Liège (et le parrainage du Consul général Marco Riccardo Rusconi) ainsi que du Comité permanent des italiens de Seraing.
Souhaitons donc à l’opéra d’Ysaye un succès digne de la réputation de son compositeur.





Jean-Marie ROBERTI