• Visiteur(s) en ligne : 6
  • |
  • Visiteurs total : 3183733

Théâtre

Mis en ligne le 08/11/2006

Vu pour vous au Théâtre Royal de l’Etuve



Une pièce sur l’écriture ou plus exactement une pièce qui concerne les mordus de l’écriture mais qui finalement s’adresse tout autant aux hommes aimés, coincés, tiraillés entre le « grand amour » et la « grande amitié féminine »

Cette pièce d’Alan Rosset mise en scène par Pol Deranne, c’est l’histoire d’un trio joué par Carine Giuliani, Daniel Hakier et Jacqueline Meunier.
Nous sommes plongés dans le monde de tous ceux et celles qui rêvent de publier un roman, quitte à le laisser des années dans le tiroir et même parfois à en brûler les pages sur leur propre bûcher d’amertume.

La pièce n’est pas seulement un « huis clos » littéraire, égratignant les maisons d’édition, l’amour propre de ceux qui se croient auteurs comme l’on est aristocrate ou confondent l’autobiographie avec le souffle d’un romancier.

Au travers des trois personnages, Marcel qui a scribouillé des milliers d’idées, des « brouillons », Délia lesbienne et se positionnant comme écrivain avec ses livres à compte d’auteurs qui se révèlent de lourdes enquêtes intellectuelles, Christine qui sous entend être agent littéraire chez Gallimard et s’accroche pour être acceptée comme collaboratrice free lance, c’est aussi du non dit, de la souffrance, de la haine, de la tendresse et beaucoup de manipulation pour exister soi-même.
Cela se révèle aussi comme une ambiguïté de vaudeville. L’apprenti romancier naïf peut s’avérer un parfais salaud qui joue du voyeurisme pour enrichir son écriture et n’épargne personne, violant son entourage pour en faire des personnages…On pense à Christine Angot et quelques autres…

L’amie de toujours qui emprisonne, méprise, utilise son ami en lui faisant sentir qu’elle lui est tellement supérieure… L’amitié homme femme a de curieuses frontières. L’amour peut S’enflammer pour des biens matériels.
L’amante en effet, aime l’homme dans sa représentation d’une forme de pouvoir et de séduction, l’écriture, le romancier, mais plus pragmatiquement se love sous un toit en apparence sécurisant…

La pièce se termine en point d’interrogation plutôt optimiste. Il n’en reste pas moins qu’une fin et une morale plus tragique aurait tout autant put se déclamer… D’autant que sous l’apparence d’un jeu et d’une mise en scène où la loufoquerie a sa place, c’est un texte dur digne d’un polar dans le monde des médias…

«Les sans attaches» d'Alan Rosset au Théâtre de l’Etuve en soirée à 20h30.Les mercredi, vendredis et samedis du 8 au 18 novembre et du 13 au 23 décembre. Réservation au 04. 222.06.96
Courriel info@theatre-etuve.be.
Site internet : www.theatre-etuve.be





Jean-Pierre KEIMEUL