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Tchantchès et Nanèsse

Mis en ligne le 28/10/2006

On passe à l'heure d'hiver


Tchantchès : Ma binamèye, sais-tu ce qu’il ne faudra pas oublier de faire aujourd’hui ?
Nanèsse : Quoi, il se passe quelque chose de spécial ?
- Mais non, c’est toutes les années la même chose depuis des rasannées
- Je ne vois pas de quoi tu causes sais-tu mon Tchantchès ?
- Mais enfin Nanèsse, depuis 1977, c’est chaque année, au printemps et à l’automne
- Bin évidemment, chaque année, le printemps et l’automne , c’est toujours plus ou moins aux mêmes dates, mais pour ce qui est de la température, l’automne est de plus en plus doux et le printemps de plus en plus frais plus longtemps.
- Mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit donc. Il faut changer les heures !
- Mais comment veux-tu changer les heures donc toi ? Ça change tout le temps les heures, les minutes et les secondes.
- Mais enfin Nanèsse, ce n’est pas les heures qu’il faut changer, c’est l’heure sur l’horloge, sur ta montre.
- Pourquoi ? Les piles ne sont plus bonnes ? L’horloge retarde ? Quant à ma montre, il y a bien longtemps que je ne m’en sers plus, parce que je vais te dire Tchantchès, le temps, je m’en f… complètement…Parce que de toutes façons, on ne sait rien y faire au temps, c’est comme ça…
- Mais je suis tout à fait d’accord avec toi. Le temps, si pour certains c’est de l’argent, pour les gens comme nous, ça nous rapproche un peu plus vers ce que tu sais…
- Oui, pas seulement pour nous va, pour tout le monde, on est sûr qu’on y va tout droit vers… Et justement, je ne vois donc pas où est le problème ?
- Mais si, à partir de cette nuit, on va pouvoir gagner une heure sur l’éternité…
- Gagner une heure sur l’éternité, qu’esse que tu racontes encore comme bièstrèyes donc toi ? Tu es passé par l’armoire à pèkèt ?
- Mais non, c’est trop tôt, il y a un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps…
- Encore le temps, c’est vraiment ton obsession aujourd’hui.
- Mais enfin, prends un peu le temps de m’écouter. Je ne te parle pas du temps réel, du temps qui s’égraine comme le sable fin dans le sablier. Je te parle du temps artificiel, celui qu’on a imposé aux gens depuis que quelqu’un, je ne sais plus très bien qui en fait, à inventé une machine pour diviser le cycle solaire – tu sais bien cette grosse boule jaune qui chauffe quand il n’y a pas trop de nuages et qui passe tous les jours au-dessus de chez nous – en secondes, minutes et heures et qui a finalement fait que les activités humaines ont été réglée à la minute près.
- Malin celui là, c’est grâce à lui qu’on a des bus et des trains à l’heure sans doute ?
- Non, mais toujours est-il que c’était comme ça jusqu’en 1977. Puis ils ont décidé de passer une fois à l’heure d’hiver et une fois à l’heure d’été. Pour faire des économies d’énergie parait-il ! Et c’est justement pendant cette nuit qu’on va à nouveau passer à l’heure d’hiver !
- Et c’est pour ça que tu me fais toute une tartine ! Pour me dire qu’on passe à l’heure d’hiver.
- Mais enfin Nanèsse, si à 3 heures du matin, pendant la nuit de samedi à dimanche, tu ne retardes pas les horloges d’une heure, tu seras en avance de deux heures tout le temps par rapport aux autres…
- Tu fais bien de me le rappeler Tchantchès, ce serait vraiment trop bête d’avoir deux heures d’avance sur les autres surtout au moment de fermer boutique… Tu image les problèmes à l’Etat Civil ?
- Ah enfin, tu as compris ce que je voulais t’expliquer.
- Autant dormir une heure de plus cette nuit que de gagner deux heures sur l’éternité. Mais à propos Tchantchès, tu vas aussi devoir changer tes heures de pèkèt ?
- Mais enfin Nanèsse, tu sais bien que pour ça, il n’y pas d’heure !

A l'saminne turtos