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Social

Mis en ligne le 25/10/2006

POLYPAL : ue vraie enveloppe sociale et pas une aumône, SVP

Début juillet de cette année, le groupe WHITTAN, une société britannique dont les actionnaires principaux sont des fonds de pension, décidait de la fermeture de POLYPAL, une entreprise fabricant du matériel métallique de stockage sur le zoning des Hauts-Sarts, à Herstal.

Il s’agit, en fait, d’une délocalisation vers des pays à salaires plus faibles : les fonds de pension ont habitué le monde du travail à des décisions ne visant que le profit immédiat, et tout espoir de voir les propriétaires de POLYPAL revenir sur cette décision a très vite disparu.

La procédure « Renault » s’est enclenchée, pour se clôturer début octobre et laisser la place aux discussions sur le volet social pour les 83 travailleurs que compte encore la société.
Et ces négociations se passent mal, très mal. La FGTB METAL Liège-Luxembourg et le SETCa Liège doivent bien constater, après seulement deux séances de discussions, que les représentants de la direction du groupe, dépêchés de Bruxelles, ne sont prêts à consentir que des aumônes. Telle qu’elle est proposée par POLYPAL aujourd’hui, la fermeture du site serait, sur le plan du volet social, une des plus brutales qu’ait jamais connue la région.

Rien de sérieux n’est ainsi proposé pour les prépensions : la direction, après avoir parlé de seulement 58 ans, est aujourd’hui passée 54 ans. Chez POLYPAL, les plus de 54 ans ne se comptent que sur les doigts d’une main : par exemple, il n’y a aucun ouvrier… Cette « concession » de la direction ne change, au fond, rien du tout.
Pour ce qui est du volet financier, là aussi, les éléments avancés par la direction sont complètement ridicules : outre les préavis légaux (pour les ouvriers comme les employés – grille Claeys), une « prime » de 200 euros par année d’ancienneté est proposée. On est là dix fois en dessous de ce qui avait été négocié lors de la précédente restructuration qu’avait connue POLYPAL, en 2003. Et on est très largement en-dessous de ce qui se pratique habituellement en région liégeoise.

Faut-il rappeler que le site d’Herstal n’est pas fermé par défaut de rentabilité, mais parce que, pour les actionnaires, il est possible d’être « plus rentable » ? Faut-il rappeler que le groupe WHITTAN est en excellente condition financière ? La faiblesse des enveloppes mises sur la table n’a en fait qu’une seule justification : réduire le coût de la restructuration et, donc, accroître les masses disponibles pour rémunérer les fonds de pension propriétaires de WHITTAN.

Pour la FGTB METAL Liège-Luxembourg, comme pour le SETCa Liège :" Ce qui est sur la table est tout bonnement inacceptable, que ce soit sur l’aspect précis de l’entreprise ou sur le plan global de la gestion des conséquences des délocalisations.
Des arrêts de travail se sont déjà produits (l’entreprise a encore de nombreuses commandes en cours, ce qui est un autre paradoxe de cette fermeture), et tous ceux qui se produiront encore sont, évidemment, couverts par la FGTB.
Tous les éléments d’un conflit long et dur sont sur la table. Le groupe WHITTAN peut encore l’éviter. Il lui faut, pour cela, repartir sur des bases sérieuses, et arrêter de considérer que les travailleurs qui ont contribué, tout au long de ces années, à faire de POLYPAL une entreprise rentable, sont des kleenex qu’on peut jeter pour trois fois rien."