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Politique

Mis en ligne le 10/10/2006

Analyse de quelques résultats


Maire de Dosso, ville du Niger, Issa Arzika a tenu à vivre les élections communales et provinciales dans notre région. Ayant assisté a Bucarest, à la réunion de l’Association internationale des maires francophones (AIMF) où le Bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, vice-Président de l’AIMF, n’a pu se rendre retenu par un débat électoral à la RTBF, le maire de Dosso s’est intéressé tant aux opérations d’élection que de dépouillement. Il est allé à l’Hôtel de ville, au Palais de Justice, au Palais provincial, a rencontré le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt et s’est rendu à Clavier, commune du « Bleu-Banc-Belge » où réside un coopérant Marc Darimont qui a effectué plusieurs missions informatiques au Niger. Fidèle à ses convictions démocratiques, le maire de Dosso est allé d’abord se recueillir à l’Enclos des Fusillés où tant de héros furent assassinés par les Nazis pour que vive la démocratie. Il s’est déclaré navré de voir arriver de nouveau l’extrême-droite représentée au Conseil communal de Liège, ville qui abrite le Monument national à la Résistance.

Après ce préambule international francophone, voyons quelques résultats locaux à la lumière des chiffres et des situations propres à ces communes.

Commune d’Ans

A Ans, les grands vainqueurs sont le PS et le cdH. L’un et l’autre voient le nombre de leurs sièges s’accroître d’une unité. Le PS obtient 18 sièges sur 29, le cdH voit sa représentation doubler par rapport au PSC d’antan. Résultat d’autant plus remarquable que l’élue PSC en 2000 avait rallié le PS en cours de mandature. Ce qui ne lui a guère réussi puisque Anne-Michèle Hannon parvient en 2006 à perdre 25 voix par rapport à son score de 2000. Elle conserve néanmoins son siège en étant la quinzième élue sur la liste PS. Michel Daerden a tout lieu de se réjouir en obtenant 911 voix de plus à l’occasion de ces élections (4150 au lieu de 3159). 991 voix représentent une progression de plus de 31%. En revanche, assurer le mayorat lorsque Michel Daerden est empêché de l’exercer vu sa charge de ministre, n’a pas porté chance à Fernand Gingoux qui perd près de 14 % passant de 1831 voix à 1578. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 9 femmes, 20 hommes.

Commune d’Aywaille

Le MR peut incontestablement inscrire Aywaille à son palmarès de victoire. Sous le nom d’Entente Communale, cette liste menée par Philippe Dodrimont – assemblage de MR et cdH – a balayé large. Elle a éliminé Ecolo et forcé au recul Visa devenu Union. Entente Communale avec ses 16 sièges sur 21 est en force. Philippe Dodrimont (MR) fait plus que doubler son score, il l’accroît de 150% (2649 au lieu de 1059). Vanessa Matz (cdH) améliore son score (983 au lieu de 623) tout en n’obtenant que le quatrième place d’élue effective alors qu’elle occupait la seconde dans la présentation. Sur la liste « Union » (tendance PS) bien que perdant un siège, son leader René Henry améliore également le nombre de voix nominatives (910 au lieu de 638). La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues, elle s’en rapproche ; 9 femmes, 12 hommes.

Commune de Bassenge

Statu-quo pour le cdH. Un siège supplémentaire en faveur du PS et la liste OSER – un coquetèle APC-PSC - fait jeu égal, pour sa première apparition sous ce nom, avec le PS.
Le syndicaliste CSC (pensionné) Josly Piette l’emporte avec 895 voix sur la liste cdH. Il sera Bourgmestre de Bassenge. Mais trois autres cdH - Jean-Claude Malchair, Paul Sleypenn et Valérie Hiance – sont également au dessus de la barre des 800 voix nominatives. « Fille de » Ghislain Hiance, Valérie 812 voix, son papa, tête de liste en 2000, en réalisait 1536. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 4 femmes, 15 hommes.

Commune de Blegny

Dans cette commune, Jean-Paul Reynders ambitionnait de devenir Bourgmestre à la tête d’ARC (Alliance pour le renouveau communal). La majorité PS conduite par le Bourgmestre Marc Bolland – « fils du » Gouverneur honoraire Paul Bolland – était ténue (12 sièges contre 11 dont un Ecolo). Marc Bolland demeure Bourgmestre élu avec 2670 voix nominatives (au lieu de 857 à la sixième place en 2000). Il réalise un nombre de voix plus que double que Jean-Paul Reynders (1292). Ecolo est mis hors-jeu communal. Myriam Abad-Perick, deuxième sur la liste PS améliore légèrement son score (823 au lieu de 788). Le PS dispose d’une majorité absolue de 13 à 10. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 6 femmes, 17 hommes.

Commune de Chaudfontaine

Allié à nouveau aux Intérêts Communaux (IC), le MR obtient une belle victoire passant de 11 sièges à 15. Victoire également pour le chef de groupe MR à la Chambre, Daniel Bacquelaine qui voit son score de voix nominatives grimper de 1 393 unités (3470 au lieu de 2077 soit une augmentation de 67%, nettement mieux que les 31% - déjà remarquables – de Michel Daerden à Ans). René Grosjean, tête de liste PSC en 2000, passé sous la casaque IC obtient 588 voix nominatives au lieu de 462. Quant aux autres PSC devenus cdH ralliés à Nicolas Evrard sous le nom de PECH, ils ont raté leur pari sur Chaudfontaine. Leurs scores 2000 additionnés leur attribuaient 9 sièges. Manque de pêche, ils n’en ont que six et Nicolas Evrard obtient 856 voix de préférence au lieu de 885. La liste Ecolo est réduite de moitié, un siège au lieu de deux. Statu-quo pour le PS qui maintient ses cinq siéges. Francine Legrand-Brisco améliore son score, 851 voix au lieu de 756. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 9 femmes, 18 hommes.

Commune de Herstal

C’est une victoire pour les Namotte. Aussi bien pour André que pour Jean, l’ancien Bourgmestre. Parlons d’abord d’André Namotte qui a participé aux élections de cette année sur une liste « Ensemble pour Herstal » (EPH). Après le coup de Joëlle Milquet qui d’autorité l’a écarté, de la liste cdH aux régionales, il n’a plus le cœur à courir avec la casaque « démocrate humaniste ». Il a gardé la rage de vaincre en dépit du passage à la ville de Liège de Benoît Drèze (en 2000, le second score sur la liste PSC, 542 voix). La rage de vaincre. Sa liste EPH obtient 6 sièges au lieu des 5 obtenus par le PSC. La vengeance est un plat qui se mange froid. Et tant pis pour la rue des Deux-Eglises !
Là où le Bourgmestre Jean Namotte réalisait 4 822 voix nominatives, son successeur Frédéric Daerden n’en recueille que 3 515 (un progrès cependant par rapport aux 857 voix obtenues en 2000 par « le fils de » Michel Daerden). Le PS de Jean Namotte obtenait 21 sièges, celui de Frédéric Daerden, 20. Le Vottemmois Léon Campstein passe la barre des 3000 voix de préférence (3 058). Statu-quo pour la liste d’extrême-gauche PTB+, les 2 sièges sont toujours là. Ecolo perd la moitié de ses sièges, un au lieu de deux. Le MR progresse, 4 sièges au lieu de 3. Fait marquant, le groupe MR compte trois élues. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 9 femmes, 24 hommes.

Ville de Liège

De tous les Bourgmestres de Liège, Willy Demeyer est celui qui a obtenu le plus de voix de préférence. A une voix près, il atteint le chiffre de 19.000 (18 999). Avec 17.250 voix, Didier Reynders pulvérise le score de Michel Forêt atteint en 1982. La progression en pourcentage des votes de préférence de Willy Demeyer dépasse les 53% ! Le PS, sans parvenir à la barre des 40% - un cap atteint pour la dernière fois en 1988 – se redresse pour frôler celle des 38% (37.97%). Il obtient 21 sièges (au lieu de 20). En revanche, le cdH, son partenaire depuis 1988, dégringole de 10 à 7 sièges. Le PS maintient cependant la coalition avec le cdH, fidèle à sa politique : choisir pour partenaire, le plus faible des fiables. En 1976, avec ses 14 sièges, le PSC en a fait les frais au bénéfice du Rassemblement libéral liégeois (7 sièges emmenés par Hubert Pirotte). En 2006, avec ses 14 sièges (au lieu de 13 en 2000), le MR en fait les frais au bénéfice du cdH.
Ecolo recule de deux sièges et l’extrême-droite effectue sa rentrée. Fort heureusement, la « marée noire » n’atteint que le quart du « tsunami » de 1994. Tête de liste Ecolo, Bénédicte Heindrichs sextuple pratiquement ses voix nominatives, 3511 au lieu de 611.
Bien dans la tradition footballistique familiale, Véronica Cremasco dribble un Alain Leens dont la pointe de vitesse s’altère. 1 101 voix pour Véronica Cremasco contre 727 à Alain Leens qui était crédité de 873 voix en 2000. Beau résultat pour Jean-Claude Marcourt qui, au sein de la famille PS, termine en quatrième effectif, avec 2294 voix de préférence. En revanche, le parrainage de Ségolène Royal ne s’est guère révélé efficace pour Anne-Laure Villeminot, élue vingt-quatrième suppléante. Quoique en baisse de près de 2500 voix (2 489), Jean-Pierre Grafé avec un score de 2754 votes (au lieu de 5243) est le deuxième élu effectif du cdH. Les recommandations de vote de l’ancien échevin des Services sociaux en faveur de Colette Lapaille et de Marc Gillis se sont révélées utiles pour eux. Colette Lapaille est élue 6ème effective et Marc Gillis est élu 1er suppléant. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 19 femmes, 30 hommes.

Commune de Saint-Nicolas

Le député wallon Patrick Avril demeure Bourgmestre de Saint-Nicolas avec un score facile à retenir 3333. Le PS perd un siège, Ecolo également. Ce qui signifie le maintien d’une majorité absolue PS confortable (19 sièges au lieu de 20 sur les 27 mis en lice), la réduction de moitié pour Ecolo. Les sept sièges restant allant à la liste « Ensemble » conduite par Isabelle Fréson (MR). Fait exceptionnel, la parité au niveau candidature amène la parité au niveau élus/élus : 13 femmes, 14 hommes. La volonté politique des électrices et électeurs de Saint-Nicolas a permis cet équilibre.

Commune de Seraing

Paradoxe à Seraing. En voix nominatives, Alain Mathot fait mieux que son père Guy. « Le fils de » Guy obtient 8137 voix là où le papa en récoltait 7590 soit 547 supplémentaires. En revanche, le père d’Alexandre Mathot voit le PS perdre deux sièges passant de 28 à 26. La majorité absolue PS demeure confortable. Le résultat atteint (56.9 %) est même supérieur au résultat prévu par sondage (54.7 %). En recul également, le parti Ecolo qui demeure implanté avec 4 sièges au lieu de 5. En progrès, PTB+ qui a un élu, le MR qui en a six au lieu de cinq, le cdH en a deux au lieu d’un. En 2000, la députée fédérale Laurette Onkelinx poussait la liste PS. Il faut croire que son frère Alain Onkelinx, député wallon a moins de force. Là où Laurette réussit à réunir 3691 votes, Alain n’en rassemble que 1951. La parité de candidatures n’équivaut pas à la parité élus/élues ; 16 femmes, 23 hommes.
Si la volonté de l’électeur est respectée – « c’est l’électeur qui a le dernier mot » assurait chaque président de parti démocratique avant le 8 octobre -, les noms des élues et des élus devraient rester identiques à ceux sortis des urnes. Mais d’ici, le lundi 4 décembre, jour de l’installation des conseils communaux wallons, beaucoup d’eau passera sous les ponts.





Pierre ANDRE