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Société

Mis en ligne le 30/09/2006

Le « palmarès de la gestion communale »: erroné et trompeur

L’Union des Villes et Communes de Wallonie a pris connaissance du nouveau « palmarès de la gestion communale » proposé par l’Intinera institute et qui est paru dans le « Vif l’Express » de la semaine dernière.
Pour l’Union des Villes et Communes de Wallonie : « Les chercheurs qui ont produit ce travail, après l’étude unanimement décriée l’année dernière, sont restés dans les mêmes ornières que précédemment. On peut s’en étonner compte tenu des différentes mises au point dont avait fait l’objet l’ancienne étude.
Bref, à nouveau que retrouve-t-on dans ce « palmarès » des villes et communes : un classement des entités en fonction de bon nombre de facteurs extérieurs et de critères de comparaisons qui ne dépendent absolument pas des communes. Des services régionaux (autoroutes, routes régionales, TEC, …), provinciaux (enseignement), voire purement privés (enseignement, maisons de repos,…) influencent fondamentalement le score. Ce n’est donc pas le dynamisme communal qui est jaugé mais le « catalogue de La Redoute » d’une manne de services qui, par chance se retrouvent sur un territoire et sur lesquels les communes n’ont pas de levier d’action !
Ne parlons pas de la coopération entre communes qui, décidément, n’est pas appréciée par les chercheurs: les économies d’échelle, la gestion partagée des ressources et la rationalisation des outils de gestion jouent en défaveur des communes. Notons par ailleurs que la « concurrence » entre communes perçue comme un facteur positif par les auteurs constitue un mode de « gouvernance » dépassé, contrevenant aux objectifs de redéploiement wallon contenus dans le Plan Marshall.
Les auteurs de l’étude ayant fait intervenir la notion de dette par habitant, on en arrive à des aberrations : la commune dynamique qui est active pour ses citoyens et entreprises (bref qui « investit ») en sera pénalisée. Par ailleurs, l’idée de diviser les recettes totales d’une ville par son nombre d’habitants ne reflète absolument pas ce que paie réellement le citoyen comme impôt, les recettes pouvant provenir de prestations de services, de location, de rentrées diverses et pas uniquement de l’impôt. Ce simplisme est parfaitement inacceptable.
On s’étonnera aussi grandement, et c’est un euphémisme, une fois de plus, de ne voir pris en compte ni les efforts communaux pour assurer la cohésion sociale, ni les efforts pour la sécurité tant policière que civile. Oubliés les transferts vers le CPAS ! Passés à la trappe le sport comme la culture ! Oubliés les transferts vers les zones de polices ! Oubliés les services incendie ! Sans doute, des pailles dans la gestion communale, selon les auteurs?!
Bref, encore une fois l’image de la commune « parfaite » selon cette « étude » serait la suivante, écoutez bien mesdames et messieurs les futurs élus :
« Une commune que mère nature aura généreusement dotée, qui bénéficiera d’une grande offre de services d’opérateurs extérieurs, qui dédaignera la collaboration avec ses voisines, qui satisfera le citoyen moyen tout en laissant se creuser le fossé social avec les plus pauvres et qui n’investira ni dans la cohésion sociale, ni dans la sécurité, ni dans le sport, ni dans la culture, ni dans le CPAS, ni…, ni…
Et, petit conseil pour les six ans à venir : chers futurs élus, n’essayez surtout pas de trouver des solutions originales pour financer vos investissements et préférez l’inactivité au dynamisme porteur d’avenir pour la Wallonie ».
On ne peut que manier l’ironie face à pareil travail à ce point détaché de la réalité du service public local !"