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Reportage

Mis en ligne le 25/09/2005

Succès pour la journée "porte ouverte", du tunnel Pierre Clerdent

Au 19ème siècle, Victor Hugo a fait en diligence, le trajet Aix-la-Chapelle par "la route de la Vesdre, une rivière torrent qui descend de Saint-Cornelis, entre Aix-la-Chapelle et Duren, à travers Verviers et Chaudfontaine jusqu’à Liège, par la plus ravissante vallée qu’il y ait au monde." Au temps où Victor Hugo diligentait, le monde déjà changeait. "Le chemin de fer qui traverse la Belgique d’Anvers à Liège et qui veut aller jusqu’à Verviers va trouer ces collines et couper ces vallées. Ce chemin, colossale entreprise, percera la montagne douze ou quinze fois. A chaque pas on rencontre des terrassements, des remblais, des ébauches de ponts et de viaducs."
En 1905, à l’heure de l’Exposition Universelle, Liége figure, grâce à ces tunnels, sur la carte des trains internationaux qui sillonne l’Europe.

Un projet datant du siècle dernier

Durant le 20ème siècle, de nouveaux projets apparaissent dont celui d’un réseau ferroviaire rapide européen reliant Madrid à Stockholm et Londres à Naples à plus de 250 km/h. Liège se doit de figurer sur ce réseau. Elle l’est grâce notamment à l’action de Pierre Clerdent, ancien gouverneur de la Province et du trio de pointe liégeois, André Cools, Jean Gol, Jean-Pierre Grafé. Se pose alors la question, comment relier en ligne grande vitesse Liège à Aix-la-Chapelle, "deux villes séparées par la plus ravissante vallée qu’il y ait au monde." Car, si le monde change, la nature (parfois ingrate) subsiste.
Certains envisagent d’ultra-moderniser la ligne que Victor Hugo a vu naître. Résultat, le compte n’est pas bon. En effet, même si la solution paraît, à première vue, moins coûteuse, mais ainsi reformatée la liaison ne peut prétendre au titre de ligne à grande vitesse. Liège sera un cul-de-sac.

Pierre Clerdent a une autre conception procédant d’une analyse meilleure. Il propose de sortir de la vallée à Vaux-sous-Chévremont et de gagner, par un tunnel, la plaine à Ayeneux. (voir la coupe ci-contre. Document SNCB) Le projet est d’abord considéré comme irréaliste, voire pharaonique. Pierre Clerdent s’obstine, persuade de la justesse de sa vision, parvient à rallier une majorité de décideurs de la SNCB à ses vues. Par gratitude, il convient que ceux-ci donnent le nom Pierre Clerdent à ce tunnel. Entamé en 2002, ce tunnel à double voie constitue l’ouvrage ferroviaire le plus long de notre pays. 6530 mètres. Le tunnel creusé, il reste à l’équiper de toute l’infrastructure ferroviaire. Le tunnel sera opérationnel à la fin de 2007. Les trains y atteindront les 200 km/h.

La journée "portes ouvertes" du tunnel Pierre Clerdent

Avant de procéder à cette installation de l’infrastructure ferroviaire, Infrabel a organisé, ce 24 septembre, une journée porte-ouverte du tunnel, à "pied, en vélo, en bus" à partir de Vaux (photo ci-après, durant les travaux. Document SNCB) .
Incontestablement, une réussite en ce qui concerne la partie à pied, à vélo, le matin. 12000 personnes ont été comptabilisées. Nous réserverons notre appréciation en ce qui concerne l’après-midi. Manifestement, les organisateurs ont sous-estimé dans quelle mesure, les Wallons ont la passion des réalisations qui témoignent collectivement de leurs capacités. Ils ont renoncé à les comptabiliser et ont préféré lancer le chiffre de 30.000.
Dès 16h, ils se sont crus autorisés à fermer l’accès au site de Vaux alors que le programme a prévu le départ du dernier bus à 17h30 ! Que de déceptions ! Mais, bah, dès 2007, ces Wallons déçus auront l’occasion de faire le trajet, dans le tunnel Pierre Clerdent, en 1 minute 58 secondes…





Pierre André