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Enseignement

Mis en ligne le 20/09/2006

Rentrée académique à la Haute Ecole Léon Eli Troclet


C’est dans un auditoire plein à craquer qu’à eu lieu, ce mardi 19 septembre, la désormais traditionnelle rentrée académique de la Haute Ecole Léon Eli Troclet – Campus- 2000, installée à rue du Gosson à Jemeppe (Seraing). Une haute école qui forme et dispense des titres de Bacheliers dans des matières économiques, pédagogiques et sociales et notamment en Comptabilité ; Commerce extérieur ; Gestion des transports et logistique ; Marketing ; Droit ; E-business ; Educateur spécialisé en accompagnement psycho-éducatif ; Communication ; Ecriture multimédia ; Bibliothécaire-documentaliste ; Assistant en psychologie et Assistant social. Une Haute Ecole dont le pouvoir organisateur n’est autre que la Province de Liège et dont le député permanent qui en a la charge, André Gilles, accueillit l’assemblée mardi matin.
Dans celle-ci, on trouvait bien entendu une majorité d’étudiants et de professeurs, mais également des personnalités du monde des affaires, de la politique ou des institutions provinciales et communales.
André Gilles s’est dit particulièrement satisfait de l’évolution de la Haute Ecole Eli Troclet. « En 2000, nous avions déclaré que nous souhaiterions atteindre le seuil de 2000 étudiants. Nous sommes en 2006 et nous sommes 2.500. ».
Avant l’intervention du député permanent, le directeur-président de la Haute Ecole, Jacques Decaluwé avait avec humour, fait remarquer que l’auditoire devenait un peu petit et qu’il serait bien que l’on en construise un de 1000 places.
Si les rentrées de cette année s’annonce excellente dans la plupart des sections, André Gille regretta cependant que les sections concernant tout ce qui touche au transport et à la logistique n’aient pas connu plus de succès. Pour le député provincial, il s’agit de domaines s’inscrivant directement dans le projet de redéploiement économique de la Province et a rappelé que la stratégie de la Haute Ecole s’inscrivait en droite ligne dans la philosophie du « Plan Marshall » de redéploiement économique de la Wallonie. « Nous n’en sommes plus « au chacun pour soi », mais bien au « tous ensemble », déclara André Gilles.

Avant de laisser la parole à Pascal Vrebos, le député permanent a rappelé l’importance qu’avaient les heures de stages en entreprises, tant en Belgique qu’à l’étranger pour les étudiants de la Haute Ecole Léon Eli Troclet ainsi que la réalisation de projets et qu’un nombre important de ces étudiants étaient pour le moment, impliqués, dans une étude approfondie sur les retombées économiques pour la région du Giro 2006. Enfin il annonça que cette année, le prix « Campus de Cristal 2006 », serait bientôt remis au journaliste français de renom, Jean-François Kahn.

Sommes-nous des analphabètes des…médias ?

Doit-on encore présenter Pascal Vrebos ? En effet, quelles sont ceux et celles qui, chaque dimanche midi, ne sont pas scotchés devant leur téléviseur pour l’émission phare de RTL-TVI « Controverse » qui décortique un fait de l’actualité brûlante de la semaine écoulée.
Et le décortiqueur n’est autre que Pascal Vrebos, autant talentueux meneur de débat que journaliste sachant poser à ses invités, les questions qui font mal où que d’autres n’osent pas trop poser. Mais sait-on aussi que Pascal Vrebos enseigne l’analyse textuelle, la stylistique et l’éducation aux médias à l’Université Libre de Bruxelles, au Conservatoire de Bruxelles et à la Haute Ecole Francisco Ferrer.

Véritable homme de radio et télévision, Pascal Vrebos a sévi à la RTBF, puis à Bel RTL et RTL – TVI où chaque dimanche il est un peu une sorte de candide face à ces nombreux faits de société qui émeuvent ou révoltent.
Mais Pascal Vrebos c’est aussi un écrivain (on lui doit une quinzaine d’ouvrages comme notamment : Le Gorbatchoc ; Tête de Truc ; ou encore « Une semaine folle avec Henry Miller » et bien d’autres. Il est aussi l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtre jouées en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et traduites en néerlandais, anglais et allemands. Il faut aussi savoir qu’il a reçu plusieurs prix littéraires dont celui de la SACD (Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques) pour l’ensemble de son œuvre ; qu’il a acquis la notoriété scientifique et professionnelle en 1994 par un Arrêté du gouvernement et le Prix Claude De Groulart en 1996. Enfin, sachez aussi qu’en décembre 1999 il a été nommé membre du Conseil supérieur de la Justice par le Sénat. Quand finalement on saura qu’il est né à Bruxelles en 1952, on pourra dire de lui : quel fameux personnage !
Et pourtant, pour l’avoir déjà côtoyé, comme confrère, à une conférence de presse, nous pouvons vous dire qu’il est resté absolument simple et humble.
Mais mardi matin, ce n’est pas pour parler de lui qu’il est venu à la rencontre des étudiants (dont quelques uns rêvent de devenir journalistes et d’autres qui le deviendront sûrement) de la Haute Ecole Léon Eli Troclet. En effet, son message : «Sommes-nous des analphabètes…des médias », s’il leur était destiné en premier lieu, intéresse bien évidemment tout un chacun grand consommateurs de médias que nous sommes.

Pour Pascal Vrebos, l’apprentissage aux médias, devrait commencer dès l’école primaire. Pour lui il est primordiale que tout un chacun puisse, pour ne pas être manipulé, non pas nécessairement par la presse, mais pour le message que l’on peut trouver , en fonction des différentes lectures que l’on en fait, par ce qui est véhiculé par tous les médias confondus. Et dans ce domaine, on voit que Pascal Vrebos connaît bien son domaine puisque c’est en quelque sorte les leçons qu’il donne à longueur de journée. Mais ici, pas de leçon magistrale : des faits, rien que des faits et des exemples qui démontrent que finalement ce qu’on voit à la TV, ce qu’on entend à la radio et ce qu’on lit dans les gazettes : ce n’est pas forcément la réalité. « Si Magritte a écrit sous son fameux tableau : ceci n’est pas une pipe, c’est parce qu’effectivement il ne s’agit pas d’une pipe que l’on peut fumer, mais d’une image, d’un tableau représentant une pipe. Nous sommes inondés d’images et d’informations du monde entier. Mais ce que nous voyons à la TV n’est pas nécessairement la réalité, mais une image de la réalité. Il faut pouvoir décoder tout ça, comprendre les différents langages, les paramètres de la mise en page, des titres, du cadrage des images etc…Et actuellement, c’est quelque chose que l’on apprend peu excepté dans les hautes écoles, mais c’est peut-être déjà fort tard. »
Pour Pascal Vrebos, cet apprentissage pour comprendre les médias et faire en quelque sorte la part du faux et du vrai est primordial pour pouvoir vivre en démocratie sans trop de risque d’être manipulé. Les médias doivent constamment suivre leurs fameuses parts de marché, leur audimat. Des éléments qui interviennent au niveau de la présentation des titres, des heures de passage d’émission etc…Il insista aussi sur le fait que si parfois une information est inventée de toute pièce, c’était exceptionnellement rare. Il évoqua le problème des sources, un élément important pour que l’information qui à défaut de refléter l’exacte vérité, sera vraisemblable. Parce que c’est finalement cela qu’il faut, que l’information soit vraisemblable. Il évoqua évidemment la publicité, tout ce qu’elle dit et ce qu’elle parvient à faire faire, c'est-à-dire acheter, même si ce n’est pas nécessairement le meilleur produit. Il évoquera les castings etc…« La TV, c‘est le cliquetis du quotidien, des paillettes et c’est tellement éphémère qu’il est vraiment nécessaire d’apprendre à bien la décoder.»






Gaston LECOCQ