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En Ville

Mis en ligne le 18/09/2006

La « Force tranquille » du bourgmestre


Comme chaque année, à l’invitation du bourgmestre, en guise de rentrée mais aussi pour commémorer les « Evénements de 1830 », les Liégeoises et Liégeois se rassemblent dans la salle de l’Opéra Royal de Wallonie le 3ème dimanche se septembre. Cette année, veille des élections communales, le monde était nombreux qui se composait du gouverneur, des représentants des corps constitués, des corps diplomatique, de ministres fédéraux et régionaux, de députés permanents, de bourgmestre des communes de la Province, d’échevins, de conseillers communaux et provinciaux, de représentants des milieux associatifs et culturel, bref, un Opéra rempli à craquer pour venir écouter le discours de Willy Demeyer.

Un bilan positif, un avenir à défendre

Avec la force tranquille qu’on lui connaît, le bourgmestre, et c’est normal puisqu’il arrive en fin de mandature, a dressé le bilan de son travail, de son équipe durant les 6 dernières années. Un bilan que nous avons déjà nous même eu l’occasion de vous présenter et que nous considérons d’ailleurs comme pas mauvais du tout, même si toute chose est perfectible.
Mais avant d’en arriver là, Willy Demeyer a voulu marquer le coup vis-à-vis de certaines déclarations récentes du président de l’exécutif flamand Yves Leterme. Il dira notamment :
« Nous voici donc arrivés au terme de cette législature communale ! Que de chemin parcouru durant ces six années par notre Ville au sein d’une Wallonie, elle aussi, en pleine évolution."
"C’est pourquoi je tiens ici à déplorer les propos tenus cet été par Yves Leterme, le Ministre président flamand, selon lesquels les francophones du pays ne seraient pas dans un « état intellectuel propice à apprendre le néerlandais ». Des propos politiquement inacceptables dans la mesure où la loi confère le droit imprescriptible aux Francophones de la périphérie bruxelloise et aux Wallons de Fourons de s’exprimer en français. Des propos dangereux car ils exaltent les relents nationalistes en dressant les Flamands contre les Francophones alors que la réalité est bien plus complexe. Nos amis du Nord n’apprécient-ils pas notre sens de l’accueil et notre tolérance ? Enfin, des propos inexacts. A Liège, par exemple, l’enseignement communal a été le premier pouvoir organisateur en Communauté Française à se lancer dans l’immersion linguistique. Nous développons des relations étroites avec les Flamands de Hasselt, les Néerlandais de Maastricht et les Allemands d’ Aix-la-Chapelle. Sans parler des nombreux investisseurs de l’Eurégio que nous accueillons à Liège.
Cela dit, admettons ensemble que la Wallonie, ses grandes villes, sa capitale économique doivent se battre pour préparer au mieux la négociation institutionnelle qui suivrait les élections fédérales de 2007. »

Liège a bien avancé et continue à le faire

En terme de bilan, Willy Demeyer, tout en faisant référence au plan Marshall auquel la Ville a adhéré, dressera un bilan qui montre que Liège a bien avancé depuis 6 ans et que grâce aux accords déjà entérinés dans le courant de cette mandature, Liège continuera à avancer. Et de préciser :
« En partenariat avec la Région wallonne, Liège a pris son sort en main. Un plan de gestion a été rédigé, de manière responsable, de même qu’un projet de ville, évalué avec les Citoyens de manière permanente. Notre gestion est crédible comme en attestent différentes études européennes, même s’il faut parfois en faire rectifier certaines !
Au-delà de plusieurs dizaines de projets moyens d’origine privée, les grands dossiers d’infrastructures avancent aussi à pas de géant. Permettez-moi de revenir une nouvelle fois à la liste que j’énumérais ici même l’année dernière afin d’apprécier le chemin parcouru : le Palais de Justice sort de terre achevant un des angles de la place Saint-Lambert ; le dossier de l’Emulation progresse. Le financement est bouclé. Les travaux vont bientôt débuter ; le site de Bavière a été vendu à un groupe international à l’issue d’une procédure exigeante. Ce groupe y construira quelques 600 logements dans une conception résolument moderne économisant l’énergie. C’est un véritable quartier, agréable et convivial, qui va être construit au profit d’Outremeuse et de la ville toute entière. Il fera de Bavière une entrée de ville remarquée ; la plaine de Droixhe va être entièrement transformée et valorisée. Les 1500 logements rénovés ou reconstruits permettront la mixité sociale tout comme la mixité de fonction. Une opération approuvée par le Gouvernement wallon en mai dernier."

"Le dossier du Grand Curtius est définitivement bouclé en terme de procédure et de financement. Ce grand Musée, permettra la rénovation d’une partie du patrimoine bâti du cœur historique de notre Cité et constituera le fer de lance d’une politique culturelle axée sur le grand public et les visiteurs étrangers et nos écoles.
La rénovation du Théâtre Royal permettra à l’Opéra de se produire dans un lieu totalement adapté aux réalités contemporaines en matière de production culturelle dans le domaine lyrique… Les travaux de construction de la nouvelle piscine de Jonfosse, seront adjugés dans quelques semaines enfin, sur le site de l’ancien laminoir, en bordure de la Dérivation, la Médiacité concentrera des activités économiques et de loisirs sur sept hectares, confortant 500 emplois et en créant 500 autres. »

Il n’a rien escamoté

Attaqué très récemment par l’opposition concernant le dossier de la place située en face de la nouvelle gare TGV aux Guillemins, le bourgmestre a tenu à être clair sur le sujet :
«Notre gare TGV, conçue par Santiago Calatrava, prend forme. Oui ! Le quartier doit être aménagé pour accueillir au mieux cette formidable opportunité pour notre cité . Oui ! Santiago Calatrava peut nous aider. Oui ! Notre département de l’urbanisme, sous la conduite de Michel Firket, dans le respect des procédures prévoyant notamment un comité d’accompagnement, a étudié le projet.
Non, si cette étude n’a pas été communiquée, ce n’est pas par volonté d’occulter le débat. C’est d’une part pour la terminer dans les délais et d’autre part pour ne pas bloquer le dossier en préservant les chances d’un consensus vital pour Liège. Si la perspective de bloquer le dossier ne nous sourit guère, l’accusation de priver les habitants d’un débat démocratique, de commettre un hold-up, nous déplaît plus encore. En conséquence, nous nous réservons le droit d’une initiative appropriée afin de provoquer un débat qui débouchera sur le meilleur projet pour Liège. »

« Liège fourmille de réalisations et de projets dont les procédures et les financements tant publics que privés sont, n’en déplaisent aux esprits chagrins niant la réalité, assurés.
Liège au XXIe siècle se développera sur le plan économique notamment autour de deux axes forts : Culture, Tourisme et Patrimoine, d’une part, gare TGV, Parc de la Boverie et Médiacité, d’autre part. Notre Ville, aidée en cela par la Communauté française, la Région wallonne et la Province, n’a jamais abandonné la Culture, même au plus fort de la crise financière. Nous avons conforté les infrastructures et le fonctionnement de nos institutions, petites et grandes. Et ce pour trois raisons.
D’abord, parce que nous sommes les dépositaires de la mémoire collective que nous devons respecter et transmettre. Ensuite, parce que les femmes et les hommes, les Liégeoises et les Liégeois, ont soif de Culture et il convient de répondre à cette demande.
Enfin, parce que, en terme d’emplois, notre Centre historique recèle de potentialités importantes pour la valorisation du triptyque Culture – Tourisme – Patrimoine.
Un deuxième pôle important du développement économique de notre Ville se fera, pour sa part, autour de trois sites d’envergure : la gare TGV, le parc de la Boverie et la Médiacité.
Une passerelle nous mènera de l’esplanade la gare à la Boverie où la Ville envisage avec intérêt la rénovation et la transformation par un architecte de renom du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain. Ce projet mettra en valeur des formidables collections et des joyaux arrachés au nazisme qui s’y trouvent. Nous aboutirons ensuite au Longdoz, à la Médiacité où un pôle fort de l’audiovisuel se développera avec l’appui déterminant du privé, de la Région wallonne et de la RTBF sur base des nombreux talents existants déjà au Pays de Liège. »

Liège en mouvement…et demain !

Et en conclusion : « Liège bouge. Liège est en mouvement et apportera dans l’avenir plus que sa contribution au redéveloppement wallon. Cet élan ne pourra cependant se poursuivre et s’amplifier que si nous arrivons à donner sa véritable dimension à la région liégeoise.
La Ville de Liège ne peut seule relever les défis de son agglomération ! D’autre part, il ne convient pas d’ajouter aux institutions existantes une construction supplémentaire qui, de plus, pourrait rapidement devenir un enjeu de pouvoir. Comment faire ? Il faut travailler de manière concrète et pragmatique, par objectif et par secteur. Il faut travailler avec nos Ministres, avec les Bourgmestres, les Echevins et la Province. Il ne faut pas créer de structure additionnelle mais travailler ensemble, avec tous les partis démocratiques et toutes les institutions. Je me réjouis que les responsables des Fédérations politiques d’arrondissement aient marqué un intérêt soutenu pour cette méthodologie. Il s’agira du chantier principal de la prochaine législature au plan supracommunal. La politique concertée de Liège et de Seraing, avec l’aide de la Province, n’est qu’une application de ce principe étant entendu que ce modèle est ouvert à toutes les villes et communes de l’arrondissement, sans exclusive.
Refaisons nôtre la devise de Georges Simenon « Lîdje po tot ! ». Il indiquait ainsi que, pour chaque acte posé, chacune et chacun d’entre nous doit s’interroger sur la valeur ajoutée apportée à Liège. Il ne s’agit pas là d’un quelconque sous régionalisme de mauvais aloi mais bien de la nécessité pour les femmes et les hommes de bonne volonté de travailler ensemble pour atteindre un objectif commun. Nous nous trouvons à un moment particulier de notre vie démocratique. J’invite chacune et chacun à pratiquer le débat électoral dans la sérénité et le respect de l’autre. Dès le 9 octobre, j’en appelle, Liégeoises et Liégeois, à votre travail en commun, acharné et opiniâtre. Prenons notre sort en mains car personne ne le fera pour nous ».

Mais c’était aussi la fête

Avant le discours, et pour ne pas oublier que c’était aussi un jour de fête pour toutes les Liégeoises et les Liégeois, l’assemblée a eu droit à du Mozart interprété par la Société royale « Le chœur universitaire de Liège », sous la direction de Patrick Wilwerth ainsi qu’à l’interprétation du «Valeureux Liégeois» avant le discours du bourgmestre et à celle du «Tchant des Wallons», à l’issue de l’allocution.
Signalons également le talent des membres de la troupe du Théâtre Arlequin et de José Brouwers son directeur qui ont interprété quelques scènes truculentes de leur fameux «Café liégeois» avec l’incontournable Madame Bémol.
Après le verre de l’amitié c’est, précédés de la Musique des Cadets de la Marine, que le bourgmestre et ses invités se sont rendus en cortège, au Palais des Princes Evêques, pour y fleurir comme il se doit la plaque commémorative des événements de 1830. Voir les photos ci-dessous.










Gaston LECOCQ