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En Ville

Mis en ligne le 15/09/2006

Les « camions poubelle » rouleront au biocarburant si…


C’est à la suite d’une importante procédure d'appel d'offres, que la Ville de Liège décidait en 2005, de confier pour une période de dix ans, le marché de la collecte des immondices, des corbeilles publiques et de certains marchés de la Ville à l'association momentanée « Liège Collectes » regroupant pour cette mission les sociétés Shanks et Site.
Ce nouveau marché a débuté le 1 'juillet 2005. Un des facteurs important dans le choix du prestataire était l'option du fonctionnement des véhicules avec des carburants alternatifs.
Rappelons que ce marché attribué couvre un large spectre d'activités essentielles pour la propreté de la Ville. Il s'agit notamment : de la collecte des ordures ménagères brutes des habitants de la Ville (le sac jaune) ; de la collecte des emballages PMC (papiers, métaux, cartons de boissons - le sac bleu) ; de la collecte des papiers cartons ; de la collecte des déchets encombrants ; de la collecte mobile des déchets spéciaux des ménages via une camionnette ; de la collecte des déchets des corbeilles de la Ville et du nettoyage de certains marchés de la Ville.
Depuis le dépôt des offres, les choses ont évoluées dans le monde des biocarburants.
Il faut d’abord souligner la directive européenne fixant les objectifs pour les états membres en matière d'utilisation de carburant non fossile et transcrite début 2005 dans le droit belge.
Ce n'était cependant pas suffisant pour doper le marché, il fallait que la défiscalisation de ces carburants alternatifs soit coulée dans un texte.
La publication le 20 mars 2006 au Moniteur de l'Arrêté royal en matière d'utilisation de l'huile de colza comme carburant était un premier pas.
Cette arrêté spécifie que dans le cadre de l'huile végétale de colza, la Belgique promeut un marché riche et que des contraintes très strictes sont édictées pour bénéficier de la défiscalisation (production par des agriculteurs ou coopératives agricoles, utilisation du propre colza et vente directe à l'utilisateur final).

Essai de biocarburant pour les camions à Liège

Début de semaine, la société « Liège Collectes » annonçait le lancement de son premier véhicule de collecte roulant au bio carburant.
Comme le diront leurs représentants : « Liège Collectes n'a pas attendu cette date pour rechercher des solutions et nous sommes donc dès à présent près à lancer le premier véhicule de collecte des ordures ménagères fonctionnant à 100 % à l'huile de colza.

D'un point de vue technique, les transformations sont minimes à réaliser. La viscosité de l'huile de colza variant en fonction de la température, il est indispensable de rajouter un système de réchauffement de l'huile.
Deuxième étape, il faut assurer l'approvisionnement en huile de colza du véhicule et il faut donc trouver des agriculteurs prêts à nous garantir la livraison de colza en suffisance. C'est aujourd'hui le point noir du processus : il faudrait pour faire rouler ce véhicule à 100 % à l'huile de colza, une quantité annuelle de 40 000 litres, or ces litres ne sont pas faciles à trouver !
L'expérience menée sur un véhicule devra prouver que : la période hivernale ne pose pas de problème majeur d'un point de vue technique ; que les consommations sont similaires voir inférieures ; et enfin que les agriculteurs sont prêts à augmenter leur production afin de garantir l'approvisionnement de ce véhicule. »
On voit que ce n’est pas simple et pourtant « Liège Collectes » poursuit : « Si l'expérience est probante nous pourrions envisager le passage des autres véhicules du contrat à ce type de biocarburant. D'autres projets sont également à l'étude en vue de réduire les consommations de carburants fossiles : vaste campagne de formation des chauffeurs à une conduite "ECO"; recherche vers d'autres types de biocarburant avec un objectif clair : une réduction de l'ordre de 10 % de la consommation, qui viendront à peine compenser les hausses du prix du carburant qui affectent notre secteur. »
Le projet semble audacieux, mais par les temps qui courent, la recherche de carburants alternatifs, moins chers et moins polluants ne peuvent être que des pistes à développer et à mettre sur pied le plus rapidement possible (on le fait déjà dans d’autres pays), il en ira ainsi, non seulement de la santé du portefeuille de la Ville (qui payent avec notre argent, pour l’enlèvement de nos déchets ) mais aussi pour notre santé tout court.





Gaston LECOCQ