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Rencontre

Mis en ligne le 23/09/2005

Francis Gomez, président des Métallos liégeois

« Rompre le silence de bon aloi » 

Ce sont parfois les petites rencontres qui provoquent les grands discours. A l’antenne du CPAS de la rue Naniot, tous les troisième mercredi du mois s’est instauré un débat de midi. C’est Michel Faway qui orchestre le choix des orateurs mais l’initiative en revient à une ancienne conseillère communale décédée. Cela s’intitule donc en souvenir et respect de la militante, « les mercredi de Jeannine ». L’invité du mois Francis Gomez (la photo) président de la Fédération des Métallos. Il aurait pu gentiment badiner, il s’est livré à fond sur le fon de la réalité sociale et économique. En rendant hommage à André Renard pour sa vision économique, un ouvrage de 800 pages vient de lui être consacré, et en soulignant que la fédération des Métallurgistes a cent ans. Un siècle de combat…
P.S et Métallos : silence radio
Euphémisme ? Francis Gomez constate que le parti socialiste évite, non la confrontation, mais tout débat de fond avec les syndicats concernant le plan Marshall et ses implications. « Les métallos n’ont pas eu guère l’opportunité de parler au parti socialiste. « Trois fois en deux ans…Il est bien vrai que nous avons une tradition d’indépendance syndicale, initiée par André Renard et que nos références idéologiques sont celles de la charte de Quaregnon… Le parti socialiste n’y fait plus référence…Or nous avons voulu recréer une action commune. Un dialogue en rassemblant autour d’une table des syndicalistes, des politiques, des mutualistes. Dans une logique de réflexion commune sur notre avenir. Il n’y a eu finalement aucune réunion…  »
Un scénario catastrophe
« Il ne faut pas se voiler la face nous avons 58.000 personnes au chômage, dont 6000 en moins de 3 ans, et la sidérurgie n’a pas encore fermé ses portes. A l’horizon 2009-2010 se sont 10.000 emplois directs qui seront perdus. Nous sommes dans un scénario catastrophe. C’est la rive droite de la Meuse qui va disparaître »
Que craint principalement le patron des métallos de la FGTB liégeoise ? Défensivement il est impératif de faire respecter les engagements d’Arcelor en terme de reconversion. »Nous avons différé le temps de la fermeture, ce n’est pas pour attendre sans rien faire »
L’utilisation des friches ne donnera d’effets positifs qu’en 2015. La vente d’une partie des actions de la Région Wallonne pourrait s’apparenter à un plat de lentilles. Le flux financier injecté dans le plan Marshall ne fera pas le poids. Ce qui obligera le gouvernement à faire de l’équilibrisme au mieux et au pire à être tenté de privatiser les secteurs forts des services publics. En clair, la FN. IL ironise sur la lenteur et la multiplication des organes économiques censés redynamiser Liège. »Il y a plus de ministres au m2 là qu’ailleurs » Là, il n’est pas le seul à en faire le constat. D’autant que dans le sérail politique et économique, chacun sait que chaque éminence grise veut tirer la couverture pour lui. De bon GRE ou de mal GRE… En terme d’emplois, il insiste sur de vrais emplois qui apportent une valeur ajoutée. »Des emplois dans le secteur des services, c’est bien mais cela ne suffit pas. » Francis Gomez s’étonne aussi de la logique logistique des zones franches qui en écarte l’aéroport régional. Estimant que le développement de Bierset est un espoir concret. Souhaite que l’ensemble des parlementaires liégeois retroussent leurs manches et prédit tel Cassandre une bombe politique à retardement : la montée de l’extrême droite. « Ce n’est pas quand ils sont dans la misère que les hommes se révoltent pour changer la société, c’est quand les conditions d’un dynamisme font surface »





Jean-Pierre Keimeul