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Expositions

Mis en ligne le 14/09/2006

«La Caravane du Caire»


La conférence de presse tenue mercredi matin à la « Salle Saint-Georges – Musée de l’Art Wallon » et qui s’est terminée dans la grande salle de réception de l’Ecole d’Hôtellerie et de Tourisme de la Ville de Liège était déjà en soi un événement.
En effet, on y a retrouvé, pour la présentation de la dernière grande exposition de l’année, non seulement la presse locale, mais également nationale et internationale avec la présence de confrères et consoeurs des Pays-Bas, d’Allemagne mais aussi une équipe de la télévision égyptienne.
Au menu : la présentation de l’exposition « La Caravane du Caire » dont l’ouverture est prévue pour ce vendredi 15 septembre et qui doit se dérouler jusqu’au 24 décembre.
Vous l’aurez compris, il s’agit d’une exposition consacrée à l’Egypte ancienne, l’égyptologie et pour certains, comme l’a dit l’échevin de la Culture, Hector Magotte, un des initiateurs du projet : l’égyptomanie.

Mais avant de prendre la parole, l’échevin a laissé la place, question de se mettre dans l’ambiance de l’Egypte de Râ, Horus ou autre Osiris, à un superbe ballet chorégraphique, exécuté par les danseuses de 3ème à la 6ème contemporain de l’Académie Grétry de Liège. Sur des musiques d’Ekova, Vincent Crépin, Anouar Brahem et Armand Amar, les jeunes danseuses, évoquant une scène digne d’un palais de pharaon ou d’un tempe dédié aux innombrables dieux de l’Egypte, ont admirablement évolué sur une chorégraphie spécialement crée par Isadora Sanchez et Dominique Brasseur.

Faire connaître les richesses liégeoises

Comme le dira en préambule Hector Magotte, accompagné pour cette circonstance du bourgmestre Willy Demeyer : « La « Caravane du Caire » va sortir de l’oubli les antiquités égyptiennes du musée Curtius et restaurées pour l’exposition et jamais montrées au public. Elle présente aussi des pièces provenant de musées étrangers et de collections privées ». En effet, en plus des pièces innombrables, dont trois momies de plus de 2 millénaire et demi appartenant à «L’Institut Archéologique Liégeois » depuis plus de 100 ans et qui se trouvaient dans les réserves du Musée Curtius, nous y découvrirons des pièces provenant de Paris, Turin, Genève, Cologne, Berlin, Nantes, Strasbourg, Amsterdam, Hildesheim et Bruxelles. »

Eugène Warmembol, de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), professeur d'Histoire de l'Art et d'Archéologie, spécialiste de l'égyptologie au XIXe siècle, membre de l'association Egyptologica, et commissaire de l’exposition nous donnera quelques mots d’explication sur la provenance des pièces égyptiennes détenue par le musée Curtius et de sa richesse. Ces pièces, dont les fameuses momies, scannées et analysées l’an dernier par le Centre Européen d'Archéométrie à l'ULg suivant les techniques d'investigation les plus modernes, ont été rassemblées dès 1850 par le baron et magistrat liégeois Albert d’Otreppe de Bouvette, féru d’histoire ancienne et d’archéologie et fondateur également de « l’Institut Liégeois d’Archéologie » à la base des collections du Musée Curtius. Par ailleurs Eugène Warmembol est tout à fait convaincu que l’intégralité de la collection présentée, a été acquise lors d’une vente publique à Paris en 1857 et qu’elles appartenaient à un ancien consul général en Egypte, pour la Suède et la Norvège, Giovanni Anastasi.
Pour Eugène Warmembol : « Le noyau d’antiquités conservées à Liège, bénéficie donc d’une provenance garantissant leur authenticité : l’Egypte. ».

L’exposition

Pour un amateur passionné, il faudra bien deux à trois heures pour parcourir cette sublime exposition dont la scénographie (réussie) a été confiée à Jean-Christophe Hubert, historien de l’art de l’université de Liège à qui l’on doit aussi quelques réussites et notamment comme directeur artistique l’exposition »Made in Belgium » à l’occasion du 175ème anniversaire de la Belgique, mais aussi quelques autres comme par exemple : « J’avais 20 ans en 45 » (1994-1995), ou encore « Tout Simenon » en 1993 et « Tout Hergé » en 1991.

Pour la « Caravane du Caire », Jean-Christophe Hubert a voulu provoquer, interroger, étonner, apprendre. Les décors interpellent le jeune public sensible à l’image et au spectacle. Les décors se révèlent aussi des écrins pour des objets exceptionnels. Toujours de manière symbolique, la scénographie rappelle tantôt des périodes historiques anciennes, tantôt de grands archéologues et donateurs, tantôt de grands courants artistiques, tantôt des événements majeurs du passé de Liège.
En poussant la porte de la « Caravane du Caire, on entre de plein pied dans un autre monde, on découvre une autre culture, un autre temps.
On commence par une ruelle de médina, (le vieux Caire ?), puis on avance dans un couloir qui pourrait être l’un de ces mystérieux couloirs des grandes pyramides de Louxor ou de Gizeh à moins que ce ne soit dans les mastabas de la vallée des Rois, pour aboutir chaque fois vers la pièce centrale, la chambre funéraire en quelque sorte. Les couleurs utilisées, l’ocre, le brun clair, nous font penser à ces couleurs que l’on trouve le long des berges du Nil.

Chaque couloir, chaque pièce centrale correspond à une des 8 sections qui composent l’exposition. C’est ainsi qu’une section est dédiée à « Isis et aux « Gallo-Romain ». En effet, dans nos contrées, des vestiges égyptiens ont été découverts sur des sites ayant été habités par des romains et notamment, place Saint-Lambert.
La deuxième section aborde « L’égyptophilie des Lumières », la troisième : « Les égyptologues au pouvoir à l’Institut archéologique liégeois » », ensuite ce sera «La collection d’Albert d’Otreppe de Bouvette » avec notamment les sarcophages et d’innombrables pièces extraordinaires. Viennent ensuite les « collections de Gustave Hagemans » qui est vraisemblablement le premier à avoir inventé le terme d’égyptologue en 1815.

La 6ème section sera consacrée à « La Franc-maçonnerie et l’Egypte » avec une référence au mystérieux Cagliostro qui instaura le « rite égyptien » qui s’implanta à Liège dès 1778.
La 7ème section évoque quant à elle l’exposition internationale de 1930 et le rôle de l’Egypte dans la publicité. Enfin, la 8ème section est dédiée au rôle que l’Université de Liège a joué dans l’égyptologie dès 1902.
C’est aussi dans cette section que la jeune société DEIOS, une des nombreuses spin-off de l'ULg, issue d'un partenariat entre le Centre Européen d'Archéométrie et le laboratoire d'optique Hololab de l'Université, y présente un montage multimédia de l’opération de scannage et d’analyse des momies du musée Curtius.

Un menu aux saveurs de l’Egypte et une Néfertiti plus vraie que nature…

Pour clôturer la présentation de la Caravane du Caire, les invités (ils étaient près de 70 ) ont été conviés à se déplacer jusqu’à l’école d’Hôtellerie et de Tourisme de la Ville de Liège où ils ont été reçus par le directeur Gérard Georges et toute son équipe pédagogique.
Pour la circonstance, les élèves de l’école avaient préparé un menu digne des rives du Nil et concocté par Jean-Pierre Lambert, le chef d’atelier qui y a réfléchi pendant toutes ses vacances.
C’est ainsi que nous avons eu droit à du « Poulet sofrito sur Koshari et légumes grillés avec cordon de crème au concombre épicé à la cardamome, anis étoilé et menthe » et comme dessert une « Oasis au parfum de thibarine » c'est-à-dire une pyramide de chocolat glacé sur crème anglaise parfumée à la thibarine (alcool de dattes) avec datte farcie et figue fraîche chaude ». Un véritable délice…

Quant à l’apéritif, intitulé «Bleu de Néfertiti », il s’agissait d’un cocktail composé de boukha (alcool de figues) avec une pointe de curaçao, du jus de citron, de la citronnade et de graines de grenades fraîches. Un cocktail que l’on doit lui à Félix Jacques, le chef de travaux de l’école.
Et comme nous parlons de Néfertiti, avant de passer à table, Valérie Centi, une comédienne du Théâtre Arlequin (qui fête cette année ses 50 ans) nous a dévoilé un court extrait du « Monologue de Néfertiti », l’épouse d’Akhenaton d’après une adaptation de José Brouwers. Signalons en passant que le Théâtre Arlequin, proposera aussi, tout au long de cette exposition, différentes animations théâtrales axées sur l’Egypte des pharaons.





Autours et alentours de la « Caravane du Caire »

Comme nous parlions plus haut d’animations, la «Caravane du Caire » sera l’occasion, d’ici la fin de l’année, de la tenue de conférences, de cycles de cours d’hiéroglyphes, de prestations théâtrales, d’implication du secteur Horeca et de beaucoup d’autres choses. Vous découvrirez tout ce programme et bien d’autres choses, sur le site Internet de l’exposition dont l’adresse figure ci-dessous.

C’est aussi la sortie, aux éditions «La Renaissance du Livre » (Luc Pire) en collaboration avec « Versant Sud » d’un livre remarquable (329 pages - quadrichromie) intitulé « La Caravane du Caire » «L’Egypte sur d’autres rives » dans la collection « Les beaux livres du patrimoine »
Réalisé sous la direction d’Eugène Warmembol, ce livre est bien plus que le catalogue de l’exposition.
En effet, en première partie il propose d’examiner à travers un contexte spécifique –la Ville de Liège du milieu du XIXème siècle à nos jours – les divers aspects de l’engouement des amateurs et des chercheurs pour la civilisation égyptienne, proclamée civilisation première.
L’ouvrage donne en deuxième partie, le catalogue des collections des Musées Curtius et du Verre qui constituent en quelque sorte une expression de la redécouverte de l’Egypte. Formées autour d’un noyau présenté dès 1865 à l’Institut archéologique liégeois par le baron d’Otreppe de Bouvette, ces collections quelque peu oubliées réservent aux lecteurs maintes surprises et découvertes. L’Egypte garde toutefois quelques bandelettes… Ce livre sera mis en vente dès le 16 septembre au prix de 35 €.

En pratique :

« La Caravane du Caire », Salle Saint-Georges – Musée de l’Art Wallon, en Feronstrée, 86 à Liège, est accessible du 15 septembre au 24 décembre.
- Accessible : du mardi au samedi de 9 h à 18 h, le dimanche de 11 h à 18 h, fermée le lundi et le 1er novembre.
- Accessible aux écoles du mardi au vendredi uniquement le matin.
- Prix d’entrée : 7 € en individuel, 5 € en groupe et seniors et 3 € pour les jeunes de 12 à 18 ans.

Pour tous les autres renseignements utiles, les conférences, les animations littéraires, l’Horeca, ce qui est prévu pour les écoles, les groupes, les billets combinés en chemin de fer etc… vous pouvez visiter le site www.lacaravaneducaire.be






Gaston LECOCQ