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Musique

Mis en ligne le 13/09/2006

En ouverture de la saison 2006-2007 au «Théâtre Royal»


De la dernière collaboration entre le compositeur Richard Strauss et le librettiste Hugo von Hofmannsthal, à la fin du premier tiers du XXème siècle, émane, nous dit-on, une œuvre lyrique chaleureuse teintée de désespoir et portée par des personnages extrêmement séduisants. Et le rôle-titre de cet opéra – Arabella – sera créé par la soprano française Mireille Delunsch qui allie charmes vocal et physique avec un réel talent d’actrice. Cette cantatrice a déjà marqué de sa personnalité plus d’une vingtaine de personnages dans des villes comme Aix-en-Provence, Anvers, Bordeaux, Bruxelles, Edimbourg, Genève, Lausanne, Luxembourg, Lyon, Milan, Paris, Rouen, Salzbourg, Strasbourg, Tours et Vienne. Elle se produira pour la première fois à Liège dans un rôle nouveau pour elle et sera entourée à l’O.R.W. par notre brillante compatriote Anne-Catherine Gillet, par deux nouvelles venues à Liège : la chanteuse suisse Hanna Schaer et la soprano canadienne Mélanie Boisvert et par une artiste habituée du Théâtre Royal : Christine Solhosse ainsi que – côté masculin – par l’excellent Werner Van Mechelen, que l’on retrouvera dans un récital de Noël, par un chanteur allemand qui n’est encore connu chez nous Steffen Schantz, par Gilles Ragon et Tómas Tómasson et par des solistes de notre Opéra : Patrick Delcour et Léonard Graus. Dans cette nouvelle coproduction réalisée avec et dans les ateliers du Théâtre du Capitole de Toulouse, nous découvrirons aussi le metteur en scène français Pierre Médecin assisté par Stéphane Roche et, pour les costumes, les décors et les lumières, par le scénographe roumain Pet Halmen. Les cinq représentations de cet opéra choisi pour ouvrir la saison 2006-2007 auront lieu ces vendredi 22, mardi 26, jeudi 28 et samedi 30 septembre à 20 heures ainsi que le dimanche 24 septembre à 15 heures.

Le communiqué de presse de l’O.R.W. écrit que « c’est pour la première fois en tant que Directeur musical que Patrick Davin sera au pupitre pour diriger cette œuvre exigeante de la meilleure veine straussienne ». A notre connaissance, Patrick Davin est premier chef invité associé à un Directeur général qui a veillé à laisser à son successeur le soin de proposer un nouveau Directeur musical. Octroyer cette fonction à Patrick Davin, qui est, d’ailleur,s actuellement aussi premier chef invité à l’Opéra de Marseille, ne nous semble donc pas s’avérer exact. Le premier chef invité s’exprime dans le bimestriel de l’O.R.W. « Le Petit Figaro » de septembre-octobre 2006. Natif de notre Province, qu’il a choisi de quitter pour la capitale du Royaume et de l’Europe, il déclare notamment : « (…) mon travail à Liège m’apparaît comme une facilité. Je connais bien la ville, j’y ai vécu et j’habite à Bruxelles : je peux en une heure de temps être sur place, passer quand je le souhaite pour assister à une répétition ou un spectacle. Je crois que pour travailler de manière efficace dans une fonction permanente, il faut vivre sur place ». C’est sûrement vrai mais, quand on accepte de cumuler les fonctions et lorsqu’on préfère habiter Bruxelles et y fréquenter son « establishment », il ne nous paraît cependant pas que l’on vive « sur place » à Liège…

Contrats programmes … non régionalisés

Autre présence bruxelloise à Liège. Celle, ce 6 septembre, de la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel et de la Jeunesse de la Communauté française de Belgique Mme Fadila Laanan qui est venue signer les contrats-programmes de l’Opéra Royal de Wallonie et du Théâtre de la Place (après celui de l’Orchestre philharmonique).

Elle a également fait le point en matière d’infrastructures (tout en ne disant rien de la rénovation du Théâtre Royal) et a déclaré soutenir « le dynamisme et la diversité des institutions culturelles liégeoises ». Fort bien même si certaines progressions sont freinées par des régressions, comme celle des crédits de la Loterie nationale. Cela va certes permettre de maintenir ce dynamisme et cette diversité. Cela ne signifie cependant pas que la répartition des subventions publiques entre Bruxelles et la Région wallonne devienne équitable. A l’exception du Musée de l’Afrique centrale sis en Région flamande (Tervuren), toutes les institutions culturelles et scientifiques restées fédérales sont implantées à Bruxelles et bénéficient de moyens parfois considérables essentiellement au profit de la région capitale. Alors que celle-ci représente bien moins du quart de la population de la Communauté française, elle obtient en outre de la Communauté française (qui ne tient aucun compte de ce privilège fédéral ni de la recentralisation de l’audio-visuel public vers Reyers) la majorité de ses subventions dans divers secteurs comme, par exemple, le théâtre. Ainsi que le réclamait, sous la juste impulsion de son regretté président Urbain Destrée, l’Interrégionale wallonne de la F.G.T.B., la solution réside dans la régionalisation non pas de (certaines) mais bien deS (de toutes les) compétences communautaires. Malheureusement trop de responsables politiques ont opté pour des positions belgicaines qui conduisent, dans le cadre d’une solidarité à sens unique, à rouler la Wallonie dans la farine au profit de Bruxelles.

Les photos :

- Une scène de Arabella
- La signature du contrat programme de l’O.R.W. avec, de gauche àdroite: le député permanent en charge de la Culture Paul-Emile Mottard, le directeur de l'opéra, Jean-Louis Grinda, la ministre Fadila Laanan, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer, et très attentif et penché, le député permanent Olivier Hamal





Jean-Marie ROBERTI