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Théâtre

Mis en ligne le 01/06/2005

La saison 2005 -2006 du Théâtre de la Place: comme un gâteau culturel


Ça ne sert à rien, n’allez pas maintenant sur le site Internet du Théâtre de la place, vous n’y trouverez rien (c’est en construction comme on dit dans le jargon) sur la toute nouvelle saison 2005-2006.
Mais est-ce une raison pour ne pas savoir à quelles sauces (qui semblent succulentes et variées) a été préparé le gâteau culturel concocté par son nouveau directeur, Serge Rangoni ?

C’est dans la superbe salle toute entièrement rénovée de l’hôtel de Ville que Serge Rangoni, accueilli par le bourgmestre Willy Demeyer et l’échevin de la Culture, Hector Magotte, a dévoilé, de cour à jardin, quelle sera la saison nouvelle de son théâtre. Un théâtre qui a été installé provisoirement sur la place de l’Yser (d’où son nom) en 1975 (eh oui, il y a déjà 30 ans) et qui devrait y vivre ses dernières années avant de s’installer place du Vingt Août, dans les locaux restaurés et refondus de la Société Libre d’Emulation. Mais là, c’est pour 2008 si tout va bien.

Une grande ouverture d’esprit

S’il y a bien une qualité qui émerge chez Serge Rangoni, c’est assurément sa grande, très grande ouverture d’esprit. Non seulement en paroles, mais aussi en actes, puisque en parcourant le programme, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir tout au long de la saison, nous ne pouvons que constater que sa conception de « grand théâtre pour Liège », ce n’est pas du tout faire dans le « nombrilisme », c’est aussi donner des chances à de jeunes troupes et jeunes comédiens et faire découvrir d’autres chefs d’œuvres du répertoire ancien et moderne. L’an dernier il disait déjà : « Il est nécessaire qu’une programmation se doit d’être en adéquation avec l’environnement culturel, social et économique d’une région » Et cette année, alors qu’il est le seul à gouverner le « Théâtre de la place » : « Si l’on veut améliorer le sort des comédiens qui sont les parents pauvres du système, il faut augmenter la durée moyenne de leur emploi. Il faut donc les faire jouer plus longtemps. Comment ? Par une meilleure promotion vers les différents publics et vers les organisateurs étrangers… »

A ce sujet, Serge Rangoni se réjouira d’avoir pu obtenir une dizaine d’emplois nouveaux, tant dans le domaine des relations publiques et de la promotion que dans celui de l’entretien, et de la maintenance du théâtre de la place de l’Yser. Avant d’en venir au programme, Serge Rangoni remercia la Ville pour l’aide obtenue mais aussi pour leur soutien, Jean-Louis Grinda à l’O.R.W, Jean-Pierre Rousseau à l’O.P.L., les autres compagnies théâtrales liégeoises parce que : «Nous voulons travailler avec le monde associatif, avoir une ouverture sur la vie des Liégeois, pour qu’ils viennent à nos spectacles. »

C’est ainsi que pour cette saison, le Théâtre de la Place prévoit une plus grande collaboration avec le Conservatoire (un vivier extraordinaire de vrais talents en art dramatique),
Un festival « Danse à Liège » et un « Festival Emulation » (nom prédestiné). Parmi les nouveautés nous épinglerons « L’école des spectateurs » avec des cycles de conférence sur l’univers théâtral et aussi la création d'une association : « Les amis du Théâtre de la place » dont le président n’est autre que le gouverneur Michel Foret. Ceci fit d’ailleurs dire, avec un clin d’œil à l’échevin Hector Magotte : «C’est bien la première fois que je vois un gouverneur assister à la présentation du programme du Théâtre de la Place en 17 ans… »


Les trois coups le 6 septembre

Le « brigadier » frappera les trois coups de la nouvelle saison le 6 septembre à 20h15 au Manège.
Ce jour là, l’entrée est libre (réservez SVP) les comédiens et les metteurs en scène de la saison et toute l’équipe du Théâtre de la Place vous convient à découvrir toute la programmation.
Ensuite, le chant vous invitera à un voyage en Italie, ce pays étant cette année à l’honneur au Théâtre de la place. Et c’est Giovanna Marini (chanteuse et compositrice) et le Chœur Arcanto de Bologne qui auront ce privilège. On vous régalera de chants populaires et musique savantes de pièces musicales composées spécialement pour des spectacles théâtraux : un spectacle d’une force majeure. Ce spectacle, soutenu par le Consul Général d’Italie, sera d’ailleurs représenté le 29 octobre au Centre culturel de Seraing, en clôture du Festival « Tarentella Qui ».
Septembre sera d’ailleurs le mois consacré à l’art du chant, au théâtre de rue et au cirque. C’est ainsi que les vendredis 9 et samedi 10 septembre, dans la Cour des Mineurs (derrière le Musée de la Vie Wallonne), la compagne « Les Grooms », en partenariat avec l’O.R.W. et le Festival International des arts de la rue Les Urbaines, vous propose « La tétralogie de quat’sous ». Il s’agit d’un opéra de rue pour fanfare et trois chanteurs, un pastiche de la tétralogie de Richard Wagner.
Par ailleurs, cette année, c’est à Liège et plus spécialement au Manège (du 23 au 27 septembre), qu’aura lieu l’ouverture des Fêtes de la Communauté française, avec une première : « Classix » un spectacle de la quatrième promotion de l’ESAC co-produit par la Banquine ASBL et le Groupe Kuru, mis en scène par Virginie Jortay. Ce spectacle vous emmènera dans le monde magique du cirque.

De l’opérette aussi

Grosse nouveauté, le Théâtre de la Place participera à la création, par la Cie « Aucun mérite » en coproduction avec le Théâtre de la Place, le Théâtre Royal de Namur, le Centre dramatique d’Arlon, l’atelier-théâtre Jean Vilar et le Théâtre Varia, de « Youpi »une opérette belge en trois actes. On devra cette création belge (il y a d’ailleurs longtemps que l’on n’a plus créé d’opérette en Belgique) à Charlie Degotte (pour le livret et la mise en scène) et à Philippe Tasquin pour la composition et la direction musicale. Lorsque vous apprendrez qu’ils sont tous deux originaire de Verviers (le pays de l’opérette) vous saurez pourquoi on risque de ne pas s’y embêter avec une rétrospective de 175 ans de Belgique d’autant que dans le pays de l’ absurdie, ce ne sont pas les moment drôles qui manquent. Cette « première création mondiale » aura lieu le 5 octobre et tiendra la scène de la grande salle du Théâtre de la place jusqu’au 22 octobre.

Festival Emulation

Durant trois semaines, du 8 au 26 novembre, ce sera l’heure de la création théâtrale en Communauté française grâce à la 1ère édition du « Festival Emulation ». En effet, ce festival va permettre à 11 compagnies de la Communauté française de Belgique, peu ou pas connues du tout, de démontrer leur vitalité en la matière. Ils vous proposent ainsi 11 spectacles joués dans 11 lieux différents.
Il s’agit notamment de « Partition » de Jean-Yves Picq, une création de la Cie de Monelle ; HTTP, une création de la Cie Canadair ; de « L’instruction » de Peter Weiss par la Cie Paf le chien ; de « Vos désir sont désordres » une création pluri(in)disciplinaire, (probablement une sorte de happening) par la Cour des Miracles 2047, de « Yaguine et Fode », une création de la Cie Projet Daena et de la Charge du Rhinocéros ; de « Jane » un spectacle de la Cie Serial Lilith et du Groupov ; de « Oxygène » d’Ivan Viripaev par la Cie Fraction ; de « Grand Hôtel » de Nicolas Ancion par la Cie Gurgum ; de « Darwin hôtel » co-production avec les Halles de Schaerbeek ; de «Petites histoires » d’Isabelle Darras dans le cadre du projet « Pagaille » produit par la Cie Pi 3,14 et enfin de « L’annonce faite à Monicke » d’après des textes de Jean-Michel Ribes par la Cie Mezza Luna.

Autres moments forts…


Le programme de la saison 2005-2006 est aussi celui de très grands moments forts constitués par les représentations de :
« Guerre et paix » de Tolstoï par le Théâtre atelier Piotr Fomenko de Moscou. Spectacle en rue et surtitré en français et en néerlandais. Du 6 au 10 décembre au Théâtre de la Place.

« Maria de Buenos Aires » d’Astor Piazzolla sur un livret de » Horacio Ferrer et une mise en scène de Lorent Wanson. Un opéra-tango produit par le Manège.mons-Centre dramatique/Musiques nouvelles. En co-production avec le Phénix-Scène Nationale de Valencienne et en partenariat avec l’O.R.W. Du 16 au 18 décembre au Théâtre de la Place.

« L’Assassin » de Henning Mankell par la Cie Tôt ou T’Art, en coproduction avec la Cie longtemps je me suis couché de bonne heure, Comédie de Béthune et la Ville de Bruay La Buissière. Du 20 au 23 décembre –Théâtre de la Place.
« Dybuk/Le Dibouk » d’après le Dibbouk de Sholem An-Ski et le Dibbouk de Hanna Krall. Mise en scène de Krysztof Warlikowski. Une production : TR Warszawa/Wroclawski Teatr Wspόlczesny, en co-production avec le Festival d’Avignon et Culture 2000. Spectacle en polonais surtitré en français et néerlandais. Du 15 au 19 février au Théâtre de la Place.
« Dramuscule » de Thomas Bernard, une création de la Cie Zoo Théâtre en co-production avec le Théâtre de la Place. En s’attaquant à l’œuvre de Thomas Bernard, Françoise Bloch qui signe la mise en scène a décidé, à son tour, d’exorciser et de prendre au piège la mauvaise foi de ceux qui voudraient voir le retour au pouvoir de ceux-là même qui ont mené l’Europe dans l’horreur. La Haute-Autriche est bien proche du Plat Pays. C’est donc à voir d’urgence. Du 14 au 25 mars au Théâtre de la Place.
« Hamlet » doit-on encore présenter l’histoire tragique d’Hamlet, prince de Danemark et écrite par William Shakespeare ? Il s’agit ici d’une production  Diphtong Cie / le Théâtre National de Marseille la Criée/La Halle aux grains- scène nationale de Blois/Théâtre des Salins- scène nationale de Martigues. Du 30 mars au 1er avril au Théâtre de la Place

« Dommage qu’elle soit une putain » de John Ford (un classique) mise en scène de Yves Beaunesne, par la Cie de La Chose Incertaine. Du 18 au 29 avril.
Pays de danse
Les centres culturels de la Province de Liège (Chênée, Les Chiroux, Huy, Verviers et Seraing) et le Théâtre de la Place se sont associés pour proposer du 26 janvier au 18 février une programmation de danse à Liège intitulée « Pays de danses ». C’est dans ce cadre que vous pourrez découvrir, du 26 janvier au 4 février « The Library E.M.D.P. » un projet chorégraphique de Claudio Bernardo une création de la Compagnie As Palavras. Au Théâtre de la Place. La programmation détaillée sera présentée dans le courant de la saison.
Et alors…
On peut aussi ajouter à cela, la «Programmation jeune public » qui propose : le 8 février : « Si tu savais » une création collective mise en scène par Dominique Renard et Jean Lambert ; « Terre » à partir d’une idée de Charlotte Fallon le 8 mars ; « Mon premier instituteur » de et mis en scène par Marcel Cremer et le 12 juin : « Les mariés de la Tour Eiffel » de Jean Cocteau : une conception de Carine Ermans mis en scène par Margarete Jennes.
Voilà, quand on vous disait qu’il s’agissait d’un gâteau culturel aux sauces variées et succulentes, on ne se trompait pas.
Il est vrai que certains diront que ça manque cruellement de grands auteurs français classiques comme Molière, Corneille, Racine etc.…A cela Serge Rangoni nous a répondu : « J’ai voulu une programmation ouverte, une programmation européenne et les pièces françaises ne sont pas absentes. Il faut aussi montrer ce qui existe aujourd’hui. Mais c’est vrai que monter ces grands classiques que l’on a tant vu, ce n’est pas toujours chose facile, surtout si l’on veut faire mieux que ce qui existe. Mais pour l’an prochain, je pense à un grand « Musset »…. ».
Mais avec un tel programme, on ne peut pas dire qu’on fait dans le facile. Fameuse gageure dans tous les cas. Vivement que résonnent les trois coups du brigadier.

Pour renseignements complémentaires, pour obtenir le programme:tél:04.342.00.00 ou, dès que le site Internet sera réactualisé : www.theatredelaplace.be où vous pourrez aussi faire » vos réservations en ligne.

Légende des photos de haut en bas:
- nouveau logo du Théâtre de Claude Santerre;
- pendant la conférence de presse, de gauche à droite: Hector Magotte, Willy Demeyer, Serge Rangoni, Charlie Degotte et Philippe Tasquin
- Classix (photo Xavier Claes)
- La Tétralogie de Quat'sous (photo Jean-Louis Fernandez)
- "Guerre et Paix" (photo V.Sentsov)
- Maria de Buenos Aires (photo de Alessia Contu)
-"L'Assassin" (photo de Eric Legrand)





Gaston Lecocq