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Société

Mis en ligne le 16/09/2005

Au Grand Liège - le ministre de l’Economie, Jean-Claude Marcourt a fait … le plein

Rarement, le Grand-Liège a vu une telle affluence à l’un de ses diners-débat au point d’être contraint de déménager – sans nécessairement avoir l’occasion de prévenir chacun – du Palais Provincial au Palais des Congrès. Plus d’un demi-millier de personnalités liégeoises dont le nouveau consul général de France, ont tenu à entendre Jean-Claude Marcourt développer le thème « Après 25 ans de fédéralisme, l’avenir de Liège et de la Wallonie ».
Une citation tirée des « Nourritures terrestres » de Gide ouvre le discours. « Le présent serait plein de tous les avenirs si le passé n’y projetait déjà une histoire ». Une citation de Gérard de Nerval en quête d’amour le clôt. Il cite également André Renard qui prône le fédéralisme bien avant les lois du 8 août 1980. Renard analyse la situation de la Wallonie à l’aube du Marché commun et dénonce notamment la concentration bancaire qui se réalise sans aucun ancrage régional.
Homme de lettres et de chiffres, Marcourt en assène à satiété. « Le basculement de la richesse de la Wallonie vers la Flandre en 1963 était une première. Le PIB par habitant est plus important en Flandre qu’en Wallonie avec un écart qui ne cesse de croître au fil des ans. Au niveau financier, la Société Générale de Belgique voit son portefeuille diminuer de plus de cinq pour cent entre 54 et 73, en Wallonie pour augmenter de six virgule cinq pour cent en Flandre. Au lieu de moderniser la sidérurgie, ici, à Liège, la Société Générale amène Cockerill et l’Arbed à investir à Sidmar. On appelle régulièrement les Golden sixties. Pendant cette période, les investissements étrangers, et c’est un hasard, vont à 66 % en Flandre, 13% à Bruxelles et 20% en Wallonie ».
Abordant le Plan Marshall wallon, il annonce la création d’une Agence régionale de stimulation où l’investisseur trouvera le guichet unique plutôt que de se lancer, comme aujourd’hui, dans une recherche éperdue parmi la septantaine d’institutions censées lui apporter leur aide. Par la création de « zones franches, nous supprimons les taxes communales et provinciales anti-économiques ».
L’avenir de Liège est assuré dans les pôles de compétence. Quantité d’entreprises liégeoises sont actives dans ces secteurs, et Marcourt d’en citer nombre. La phrase d’Yves de Wasseige « On assure son développement par soi-même », Marcourt la fait sienne et invite tous les Liégeois à la faire leur. Il y a va de l’intérêt de Liège et de l’ensemble de la Wallonie.
A l’heure du débat, Marcourt se défend de s’en prendre aux « clusters » en développant les pôles de compétence.. Il assume l’absence de la commune de Grâce-Hollogne, en d’autres termes de Bierset, parmi les zones franches urbaines. Toutefois, si la fiscalité fédérale octroie des avantages aux zones franches, la position wallonne sera revue. A propos des mouvements actuels de grève concernant la hausse des produits pétroliers, Marcourt déclare « On peut comprendre les gens sans approuver ce qu’ils font ».
En gratitude envers l’orateur du jour, le président du Grand Liège lui a remis un ouvrage, paru cette semaine, consacré à André Renard.





Pierre André