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Musique

Mis en ligne le 16/08/2006

Cette saison 2006-2007 : «L’Opéra émoi» ou la fin de la décennie Grinda à l’O.R.W.

A l’Opéra Royal de Wallonie, la dernière saison de Jean-Louis Grinda est-elle placée sous le signe de l’émotion ou de l’égocentrisme ? L’ironie ambiguë du calembour – « L’Opéra émoi » - ne doit en tout cas pas nous faire oublier l’essentiel : dix ans d’apport exceptionnel du directeur général à la principale institution culturelle de notre Cité.
Le plus Liégeois des Monégasques s’est, en effet, battu avec compétence et intelligence pour améliorer la qualité et les moyens (cela va de pair) d’une entreprise performante.
Celle-ci, soit dit en passant, représente quelque 275 emplois permanents (70 musiciens, le même nombre de techniciens, couturières, etc…, 55 choristes et solistes « maison », 40 membres du personnel de salle et presque autant d’administratifs et de responsables à des postes de direction).
La non communautarisation, ni régionalisation, de l’ensemble du secteur culturel conduit, une fois de plus, à privilégier Bruxelles puisque l’Opéra de la Monnaie dispose, à lui seul, de plus d’argent public qu’ensemble les Opéras de Wallonie et de Flandre. Et ce ne sont pas les Ministres bruxellois de la Communauté française qui conçoivent de renverser cette réalité.
Mais, grâce à l’heureuse obstination de Jean-Louis Grinda, la situation ne devrait pas se dégrader jusqu’en 2010 puisque, malgré la diminution de la subvention de la Loterie, la dotation publique globale de l’O.R.W. progressera très légèrement hors index (sans cependant qu’il soit possible de se rapprocher de la Monnaie). Par ailleurs, la rénovation par tranche des bâtiments est postposée mais maintenue et la succession de Jean-Louis Grinda est assurée par une personnalité venue de Bologne, Stefano Mazzonis di Pralafera, qui paraît en mesure, dès l’an prochain, d’apporter son impulsion spécifique à notre Opéra.
Quant à la saison 2006-2007, elle « me ressemble », déclare Grinda, « un peu compliquée, pas toujours facile, multiple, quelquefois attrayante, parfois rébarbative… ». Et c’est vrai que cette programmation est inhabituelle, déconcertante, non sans des risques que le metteur en scène du « Ring » peut certes, in fine, se permettre de prendre.

D’abord deux concerts gratuits

Ce samedi 19 août à 20 h., Anne-Catherine Gillet accompagnée des chœurs et de l’orchestre de l’O.R.W. placés sous la direction d’Edouard Rasquin interprétera des extraits de Nabucco, de la Traviata, de la Chauve-souris, de Cavaliera Rusticana, de Lucia di Lammermmoor ou de My Fair Lady. Les entrées à ce concert d’été sont gratuites mais vérifiez à la billeterie (04 221 47 22 de midi trente à six heures) s’il y aura encore des places.
Pour clôturer, avant le feu d’artifice, les Fêtes de Wallonie et l’année « Saint-Lambert au Pays de Liège », les Chœurs de l’O.R.W. et l’Orchestre Philharmonique de Liège seront réunis sous la baguette de Patrick Davin pour jouer et chanter Verdi, Ravel, Gounod, Bizet et Offenbach, en plein air, Place Saint-Lambert, le dimanche 17 septembre à 20 h. 30’.

Quatorze spectacles

La saison proprement dite débutera au Théâtre Royal du 22 au 30/9 par une co-production avec le Capitole de Toulouse : « Arabella » dernière collaboration de Richard Strauss et Hugo von Hoffmannsthal, avec dans le rôle titre Mireille Delunsch. La partition de cette comédie lyrique moderne sera pour Patrick Davin d’un niveau de difficulté qui rejoint celui du « Ring » de Wagner.
En octobre (du 11 au 15, puis à Luxembourg les 30 et 31 janvier), pour les 50 ans du Théâtre Arlequin, nous aurons droit à la merveilleuse comédie-ballet en cinq actes des deux Jean-Baptiste : Poquelin (dit Molière) et Lully, dans une mise en scène de Claire Servais sur base d’une dramaturgie établie par un comédien «maître de philosophie » de Monsieur Jourdain : José Brouwers.
Du 3 au 12 novembre (puis le 18 à Charleroi) nous apprécierons à nouveau, dans une double distribution, et dans sa mise en scène à Erfurt par le Suisse Dieter Kaegi, dix représentations du célébrissime opéra « égyptien » de Verdi : Aïda.
Le 25 novembre à 20 heures, il y aura une unique représentation sous la direction de Jean-Pierre Haeck (à l’occasion du cinquantenaire de la catastrophe de Marcinelle) du seul opéra écrit par Eugène Ysaye, créé en wallon à Liège le 4 mars 1931 : « Pière li Houyeû ».
Le dimanche 10 décembre à 17 heures, un récital de Noël sera donné par l’excellent baryton-basse flamand Werner Van Mechelen, accompagné au piano par Jozef De Beenhouwer.
Offenbach sera à l’affiche des fêtes de fin d’année (du 22 au 31 décembre et le 13 janvier à Charleroi) avec son premier grand opéra-bouffe : « Orphée aux enfers ».
Le chanteur mexicain Rolando Villazón – qui, à 34 ans, devient une star mondiale dans la lignée de Placido Domingo – donnera un concert à Liège le dimanche 7 Janvier à 17 heures. Le chef Marco Zambelli dirigera à cette occasion l’Orchestre de l’O.R.W. qui avait déjà en mars 2005 accompagné à Paris un récital triomphal de Villazón.
En trois soirées (les 12, 13 et 14 janvier), 27 des 50 actes (sur 80) d’une synthèse d’un chef d’oeuvre de l’opéra classique chinois Kunqu, intitulé « Le Palais de la Jeunesse éternelle », seront présentés par une troupe venue de Formose.
L’ancien directeur musical viennois de l’Orchestre de l’O.R.W. Friedrich Pleyer a été invité par Jean-Louis Grinda à venir diriger les 19 et 21 janvier, les musiciens et choristes de notre Opéra dans la Neuvième Symphonie de Beethoven, précédée des quatre derniers « lieder » de Richard Strauss.
Du 9 au 17 février (et le 23 à Charleroi) l’O.R.W. reprendra l’opéra de Giordano : « Andrea Chénier » et, un mois plus tard, du 9 au 17 mars, nous aurons droit à une nouvelle production Davin-Sireuil de l’opéra de Debussy : « Pelléas et Mélisande ».
Puis du 13 au 21 avril, nous reviendrons au milieu du XXème siècle en un « tour de vis » de Benjamin Britten avec son opéra-thriller « The turn of the screw » créé à Venise en 1954.
L’O.R.W. reprendra du 11 au 19 mai, « Lucia di Lammermmoor » de Donizetti dans la mise en scène de Mireille Laroche.
Enfin, Jean-Louis Grinda clôturera la saison et sa décennie de direction générale en mettant en scène un opéra monumental et totalement atypique, entraînant les spectateurs du ciel à l’enfer : « Mefistofele » d’Arigo Boito créé en 1868 à la Scala de Milan d’après le « Faust » de Goethe. Dans le style qui est le sien, Jean-Louis Grinda nous prévient honnêtement qu’il signe cette production « histoire soit de laisser des regrets, soit de n’en laisser aucun ».

Au « Petit-Théâtre »

La saison du « Petit-Théâtre de la Jeunesse » rue de la Casquette sera marquée du 5 au 15 octobre par une création : celle d’un nouvel opéra de Daniel Schell d’après et avec la collaboration d’Amélie Nothomb : « Le sabotage amoureux ». Le Théâtre Arlequin y jouera « Poil de Carotte » d’après Jules Renard du 18 janvier au 4 février et « Le Petit Prince» d’Antoine de Saint-Exupéry du 2 au 13 mai. Le Théâtre du Marais y interprétera dans une adaptation et une mise en scène de Janine Descamps « La Belle et la Bête » du 25 novembre au 30 décembre. Enfin ce « Petit Théâtre » accueillera la cantatrice Nathalie Pâque du 10 au 12 novembre, des chanteurs du Conservatoire de Bruxelles le 12 avril et les « Midis du Jazz » les troisièmes mercredis du mois à 12 h. 15’.

-Vous pouvez aussi consulter les détails de la programmation, sur le site de l’opéra : www.orw.be





Jean-Marie ROBERTI