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En Ville

Mis en ligne le 17/07/2006

Change-t-on une équipe qui…. ?


Sur la photo ci-dessus, qui ressemble à s’y méprendre à la « Dernière cène », nous trouvons de gauche à droite Maggy Yerna (échevine du Développement économique et du Logement), Jacques Marneffe (échevin des Affaires sociales), Jules Jasselette (échevin de l’Instruction publique), le bourgmestre Willy Demeyer, Michel Firket (échevin de l’Urbanisme, du Tourisme et de l’Environnement), Jean-Géry Godeaux (échevin des Travaux), André Schroyen (échevin des Finances et de la Propreté urbaine) et Miguel Mévis (échevin de la Jeunesse, des Sports et du Logement péri-urbain). Excepté Nicole Struvay (échevine de l’Etat Civil et de la Population) retenue par d’autres tâches, c’est ce jeudi 13 juillet (ouf, lors de la dernière Cène ils étaient 13 à table) que le Collège échevinal issu des élections communales d’octobre 2000 a tiré le bilan de sa mandature venant à échéance le 31 décembre prochain, les prochaines élections communales (et provinciales) étant fixées au dimanche 8 octobre.

La ville est en meilleur état qu’en 2000

Quelques chiffres pour entrer dans le vif du sujet. Il faut savoir qu’entre 2001 (date de prise de fonction du Collège actuel - PS - cdH) et juillet 2006, ce Collège s’est réuni 275 fois et a pris quelques 56.000 décisions de tous genres quant au Conseil communal il s’est réuni 66 fois pour entériner 9000 décisions. Pendant ces 6 ans, la Ville a dépensé quelques 1.500.000.000 euros pour ses frais de personnel, 225.000.000 en dépense de fonctionnement, 620.000.000 en dépense de transfert dont 123.000.000 pour le CPAS, 249.000.000 pour la police, 109.000.000 pour l’IILE (Intercommunale d’Incendie de Liège et Environs) et 26.000.
000 pour la culture, la jeunesse et l’éducation permanente. Les investissements consentis en 6 ans auront été de l’ordre de 2.618.000.000 d’euros (soit quelques 105 milliards 610 millions d’anciens francs.).
Comme le dira d’emblée Willy Demeyer : « Dans ce bilan, tout n’est évidemment pas parfait et nous n’avons pas la prétention de la dire. Néanmoins il est certain que ceux qui seront au pouvoir en 2007, auront une ville en meilleur état que ce que nous avons trouvé en 2000, même s’il ne s’agit pas d’une critique à l’égard de mes prédécesseurs. »

Ce qui a été fait en 6 ans…

Il nous sera bien évidemment difficile ici de vous détailler tout ce que la majorité communale qui termine a réalisé durant ces 6 ans. En effet, tout ce bilan se trouve dans un rapport d’un peu plus de 70 pages qui, nous a-t-on certifié, sera prochainement mis en ligne sur Internet, sur le site de la ville de Liège (www.liege.be).
Echevinat par échevinat, on pourrait mettre en exergue :
- au niveau de la propreté l’augmentation des moyens en terme de personnel et de matériel avec l’engagement de plus de 80 personnes ; l’extension du marché du ramassage, la lutte accrue contre les tags, les campagnes de prévention et d’éducation, la répression accrue au niveau de la police.

- Au niveau du logement, l’augmentation de la superficie habitable entre 2000 et 2005 a augmenté de 9.500 m2 et l’on a délivré quelques 2952 permis en rénovation et en construction. La Ville a également bien avancé dans le domaine de la salubrité, de la lutte contre les « marchands de sommeil » (ce qui ne fait évidemment pas le bonheur de certains propriétaires qui n’habitent nécessairement pas sur Liège)…
Ces mesures et aussi le fait que de plus en plus d’investisseurs étrangers sont attirés vers la Cité ardente, sont probablement à la base d’un retour d’habitants puisque en 6 ans, Liège a gagné quelques 2.827 habitants et qu’ils seront probablement encore plus nombreux lorsque le projet de réhabilitation du site de Bavière (en voie de finalisation administrative) sera concrétisé. Entre le 1 janvier 2001 et le 26 juin 2006, Liège est passée de 174.550 habitants à 187.377 habitants…

- En ce qui concerne la proximité et les liens sociaux, dans les quartiers près de 450 rues ont été réfectionnées, des efforts particuliers ont aussi été réalisés dans certains quartiers de vie (rue du Val Benoît, de l’Espérance, Emile Verhaeren, Château Massart, Lavaniste Voie etc…). Il faut aussi signaler la rénovation ou la création d’infrastructures de proximité : mairies de quartier, commissariat de quartier, plaines de jeux, bibliothèques de quartier, trois nouvelles maisons de jeunes (Glain, Droixhe et Burenville) etc…sans oublier tout ce qui a été fait au niveau de la démocratie participative avec le PFGV (Plan Fédéral des Grandes Villes), la médiation scolaire, les médiateurs de dette, les APS, les stewards urbains, etc…

- Au niveau culturel, la Ville s’est concertée (et c’était probablement une grande première) avec les acteurs culturels, notamment en participant aux Etats Généraux de la Culture et du Tourisme en 2004. Même si les dossiers ne sont pas terminés, ils ont quand même été adoptés et sont en voie de finalisation, la Ville a bouclé le dossier du Grand Curtius, est en bonne voie pour la rénovation du Théâtre Royal (ORW), pour l’installation du « Nouveau Théâtre de la Place » dans les locaux rénovés et réadaptés de la Société Libre d’Emulation…idem pour la rénovation de la salle du Pavillon de Flore pour le Trianon…
Sans oublier tout ce qui s’est passé à Liège au niveau Culturel depuis 2001, avec évidemment le soutient bien souvent de la Province et d’autres pouvoirs subsidiant (mais la Ville était bien entendu toujours impliquée au plus haut niveau) : plus d’une centaine d’expositions mettant en valeur des artistes étrangers et de chez nous ; des collections enrichies etc… Sans oublier non plus les interventions ponctuelles de la Vile au profit de diverses manifestations comme par exemple : le festival international de Jazz à Liège, et les subventions récurrentes au profit de multiples acteurs culturels comme l’arlequin, le Moderne, les Brasseurs, le Centre de Variété de Wallonie, les Grignoux, les Ateliers d’Art Contemporains etc…

- Au niveau de la sécurité, un sujet qui intéresse énormément les Liégeoises et les Liégeois, contrairement à ce que certains disent et écrivent, si la Ville n’échappe pas à tous les phénomènes inhérents à une métropole les faits, en matière de criminalité (tous types confondus) ont diminué de 14 % en 6 ans. La réforme des polices a été bien menée, tant au niveau des effectifs que financièrement (ce qui n’est pas le cas dans les autres villes et communes), puisque l’effectif policier est passé de 879 à 113 unités avec une réorganisation de l’ensemble des services et des procédures. En ce qui concerne la sécurité en rue (criminalité et mobilité) , quelques 109 caméras ont été placées aux lieux stratégiques ; le nombre d’inspecteurs attachés aux commissariats est passé de 231 (2001) à 369 (2005) ; on voit nettement plus de policiers en uniforme sur le terrain, des patrouilles de policiers cyclistes, la présence du « Proxibus » de la police etc…Et l’on peut ajouter à tout cela la construction de nouveaux commissariats, ce qui a été fait pour la sécurisation de certaines professions à risque, la sécurité routière…


- Les finances liégeoises. Cet autre gros dossier ne laissera évidemment personne insensible. Les finances liégeoises, durant ces 6 années ont tour à tour, été placées sous la responsabilité des échevins William Ancion puis André Schroyen et ce que l’on peut dire, au vu des résultats, c’est que ces deux argentiers ont usé de la calculette avec une rigueur certaine. A un point tel que, si aujourd’hui la Ville de Liège n’avait toujours pas à tirer la dette du passé (qui pour beaucoup de villes et communes a été ramenée à 0 lors de la fusion des communes en 1976), nous aurions un budget bénéficiaire de quelques 40 millions d’euros. C’est dire si en 6 ans, les choses ont bougé dans le bon sens et c’est dire aussi que l’argent des Liégeoises et des Liégeois a été bien géré. Il faut quand même savoir que l’additionnel à l’impôt des personnes physiques est passé de 10 à 8 % en que dans le budget 2006, est inscrit une diminution des additionnels au précompte immobilier.

Les points noirs du bilan

Pour l’équipe en place et qui va maintenant passer à la période d’exécution des « affaires courantes », ce bilan ne comporte finalement que peu de points noirs. Certains pourraient objecter qu’il y a toute une série de dossier en cours et qui ne sont pas aboutis comme par exemple, la Médiacité, la piscine de Jonfosse, le Grand Curtius, Bavière, l’aménagement des quartiers des Guillemins etc, etc…Effectivement, tout ça n’est pas terminé, mais comme la expliqué le bourgmestre : « Tout ces projets ont été budgétisés et leur financement a été approuvé par la tutelle régionale. Il nous ne manque que le temps pour les réaliser, mais cela se fera sans aucun problème lors de la mandature suivante, que nous y soyons ou pas…Rappelez-vous que nous avons dû subir, durant les trois première années, l’hostilité de la tutelle régionale (le MR Charles Michel) et que grâce au plan de gestion que nous avons pu mettre en place, avec notamment la nouvelle gestion des pensions, nous avons vraiment pu démarrer dans nos investissements qu’à partir de 2004. »
Il y a également le dossier « drogue ». Nous vous en avons largement parlé tout au long de cette année et des années précédentes. Un dossier que le bourgmestre ne lâche pas depuis qu’il est aux commandes de la Violette. Et si, en matière de toxicomanie la situation n’a pas trop empiré, on ne peut pas dire que la Cité ardente soit sortie de cette spirale infernale : toxicomanie = criminalité urbaine accrue. Pourtant, des plans pour lutter contre ce fléau, le bourgmestre en a : local d’injection, délivrance contrôlée (un système qui a fait ses preuves et qui a fait diminuer non seulement le nombre de toxicomanes mais également celui des dealers, voir article publié le 12 février 2006), plan de prévention mais aussi de répression. Mais pour y arriver, des lois doivent être changées au niveau fédéral. La Ville ne peut y arriver seule. Des promesses ont été faites (devant la presse il y a deux ans par le 1er ministre que Liège pourrait devenir une ville pilote en la matière) mais cela ne plait pas énormément à nos voisins du Nord mais aussi à certains du MR. On se demande d’ailleurs si la réussite d’un tel plan ne nuirait pas à leurs ambitions. A ce sujet, Willy Demeyer a réaffirmé que quoi qu’il arrive, même si cela ne bougeait plus au niveau fédéral, il a l’intention d’imposer son plan d’ici la fin de cette année.

En conclusion

Comme le dira Michel Firket lors de cette conférence de presse : « Un programme, ça s’écrit facilement mais il ne doit pas cacher un bilan. Nous prenons un risque d’autant que ce bilan sera publié sur le site Internet de la Ville. Chacun pourra juger, mais nous croyons que c’est un bon bilan et qu’il est le fruit d’un travail énorme. La politique doit être à un moment donné, évaluée. Par soucis de transparence. La campagne électorale, ça ne se résume pas qu’à des sondages et à des coups de gueule… »
Notre conclusion à nous, mais une fois encore on nous objectera que nous ne sommes pas objectifs (mais qui l’est réellement lorsqu’il s’agit d’évaluer le travail de quelqu’un ?), c’est qu’incontestablement Liège commence à reprendre des couleurs. Certes tout n’y est parfait (mais la perfection n’est pas de ce monde comme dirait l’autre…) mais ce n’est pas pour rien que les investisseurs, les promoteurs ont l’œil tournés de plus en plus vers la Cité ardente.
Dans ce bilan, nous avons omis de parler de pas mal de sujets, comme les quelques 500 animations (petites ou grandes, comme les Fêtes du 15 août, les braderies, Liège Cité de Noël, etc…) qui sont réalisées chaque année dans la ville, nous n’avons pas non plus relevé tout ce qui avait été entrepris au niveau de l’enseignement communal liégeois (et il y a eu pas mal de chose en 6 ans) etc…
Alors, Liège a-t-elle été si mal gérée que cela durant ces 6 années ? Doit-on changer une équipe qui…
C’est l’électeur qui décidera le 8 octobre prochain, mais qu’il se garde bien de faire confiance à celles et ceux qui annoncent que demain on rasera gratis …





Gaston LECOCQ