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Politique

Mis en ligne le 29/08/2005

Université d’été : le Parti socialiste au carrefour de son avenir

Les universités d’été constituent une forme ludique de rentrée politique. Barbecue, bières fraîchement tirées, vins régionaux, jeunes militantes aux bretelles de sous tif rouge dépassant d’un chemisier blanc, font partie du décor. Elio Di Rupo en constituait la vedette de clôture dimanche dernier. 1000 personnes lors des ateliers centrés sur le thème des jeunes talents, de la solidarité. Davantage encore au milieu de l’après midi, quand ceux de la base viennent pour la fête.
Aux poignets des jeunes socialistes s’accrochait un message : « lutter contre la pauvreté ». L’image que voulait sous le soleil donner dans le cadre du Val Saint Lambert les communicateurs du PS était une image de relance et de confiance. Le passé des cristalleries accueillait un futur où les jeunes wallons doivent devenir performants. Le message transpirait de diverses manières en ayant convié l’Union Wallonne des Entreprises à exprimer sur le terrain du socialisme, les bienfaits d’une complicité de développement durable
Dans le vieil atelier aux murs blancs suintait une atmosphère d’église. Sur le parvis de l’atelier, Louis Leloup le maître verrier auquel le Japon a consacré un musée, écoutait attentif. D’autres plus dissipés, plus bavards, tenaient conciliabules. Les hauts parleurs traquaient les oreilles du militant le plus rétif aux discours de grand messe. «Il n’y a plus de débats de fonds, on ne discute plus, on ne travaille plus, on écoute des gens de la société civile qui deviennent la mode politique ».Ces propos de solides quinquagénaires bien implantés sur leurs terres militantes osaient les tenir.
Des syndicalistes un peu éberlués trouvaient fort de café que les gens d’en face, ceux du patronat viennent leur expliquer comment convaincre les cadres de PME que le syndicat n’est pas le diable. Autour d’une bouteille de vin de Merlot, une syndicaliste évoquait sa jeunesse. « Je jetais des clous pour que les trams ne sortent pas »
Des plus jeunes, la jeune garde des cadres socialistes se racontait les derniers potins de cabinet. « Tu sais ce qu’elle vaut, mais elle a eu la place ».Une véritable ambiance d’université socialiste aurait écrit un journaliste du « Canard Enchaîné »

Elio Di Rupo: savoir faire pour savoir être

Le président du parti socialiste s’est fait quelque peu attendre. Mais c’est de bonne guerre. Sans pour autant arriver à une longueur de discours concurrençant Fidel Castro, il retarda consciencieusement l’heure de l’apéro. Napoléon tirait l’oreille à ses maréchaux. Elio lors de cette université d’été adoube ses généraux de campagne, très subtilement en les évoquant par leur prénom. Il n’y a pas de hasard dans les petites phrases.
L’homme politique ne manque pas de dialectique. Croire en la Wallonie, c’est croire en nous et agir. « le savoir faire est la carte maîtresse pour notre avenir. Dans notre société toujours plus complexe et technologique, nous les Wallons et les bruxellois, nous devons nous battre, pour élever en permanence le niveau des savoir faire et des connaissances de chacun d’entre nous. Nous devons inciter nos jeunes à poursuivre des études, à aller le plus loin dans l’acquisition des connaissances, à structurer leur personnalité pour trouver leur voie plus facilement, c’est l’essentiel. »
Elio Di Rupo abandonne la lutte des classes pour la lutte du savoir. Cela dit, il sait toujours pourfendre même si il y a une contradiction certaine à lancer « faites des études » tout en glosant sur les diplômés… « J’ai connu bien des gens flamboyants sur papier, qui se révèlent insipides en réalité. Le talent ne se calcule pas au nombre des diplômes que l’on aligne sur un CV. Ne confondons pas études et talents. Des gens brillants qui n’ont pas eu la chance de mener leurs études à bien possèdent de grands talents et une intelligence remarquable. » C’est vrai, mais dangereusement démago, dans une période où le refus de la scolarité, de l’effort est indéniable.
Elio Di Rupo mettra aussi l’accent sur l’initiative individuelle, la valorisation du risque et de la créativité. Le parti socialiste joue gros en se voulant être l’étoile novatrice d’une société en mouvement. Entre les lignes, il appelle à une solidarité nationale. « Les défis auxquels la Wallonie et Bruxelles doivent faire face sont énormes. Mais en démultipliant nos efforts, en étant chacun, politiques, syndicats, patrons, associations, citoyens des acteurs du changement, nous pouvons les relever »

Jean-Claude Marcourt et Marie Arena au charbon

L’heure est au combat économique. Jean Claude Marcourt, Maria Arena, Jean Claude Van Cauwenbergh n’étaient pas là pour faire bien dans le décor…
Concernant les priorités politiques de la rentrée, Elio Di Rupo parle d’un « nouveau contrat social » Mais innove-t-il vraiment ? Favoriser l’emploi, pérenniser la sécurité sociale, améliorer le pouvoir d’achat des allocataires sociaux… On n’en attend pas moins des enfants de Vandervelde… Certes l’effet d’annonce est réservé à Jean Claude Marcourt, à ce fameux plan « Marshal »l wallon, mot malheureux signe d’une certaine dépendance… « Jean Claude, annoncera la semaine prochaine avec son gouvernement les priorités sur lesquelles le Gouvernement Wallon va se concentrer pour promouvoir la création d’activités et donc d’emplois en Wallonie. Marie prendra des mesures spécifiques pour répondre aux besoins de formation des métiers dans lesquels il y a pénurie de main d’œuvre. Elle mettra également en œuvre son grand chantier pour l’école »
Elio Di Rupo a aussi mis de l’eau dans son vin par rapport aux partis d’opposition et aux analyses libérales. « Le parti socialiste au niveau fédéral est partisan de nouvelles mesures de réduction du coût du travail. Même si il ne s’agit pas du seul facteur de compétitivité de nos entreprises, nous ne pouvons nous permettre des écarts grandissants en matière de coût du travail avec nos pays voisins. Le coût du travail doit être diminué par des réductions ciblées de cotisations sociales en particulier sur les bas salaires. »
Elio Di Rupo a aussi évoqué les gardes fous. Pas question de toucher à l’indexation des salaires. Pas question d’augmenter la TVA. de manière généralisée. Elio met en avant la nécessité tous les deux ans, d’une liaison des allocations sociales au bien être. »Des budgets suffisants doivent être dégagés pour revaloriser les pensions les plus basses. Rudy a proposé que les moyens dégagés pour la liaison au bien être soit directement liés au produit intérieur brut. » 





Jean-Pierre Keimeul